Demande pour la reconnaissance de la langue des signes au niveau cantonal
Inscrire la langue des signes dans la constitution valaisanne: la demande de la société des sourds du Valais, qui rappelle qu'il s'agit d'un idiome comme les autres.

Un appel pour la reconnaissance de la langue des signes dans la constitution valaisanne. La société des sourds du Valais a profité de la journée internationale des langues des signes, ce jeudi, pour demander que cet idiome soit pris en compte dans la révision actuellement en discussion.
En Suisse, un million de personnes ont un handicap auditif et une sur mille souffre de surdité depuis la naissance. Berne a en outre ratifié en 2014 la convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées. Le texte prévoit notamment que les autorités facilitent le recours à la langue des signes. Mais jusqu’ici, seul le canton de Genève a reconnu ce langage du côté romand, selon Stéphane Faustinelli, le président de la Société des sourds du Valais.
Conférences de presse pas accessibles aux sourds
A l’heure actuelle, dans le canton, c’est toujours aux sourds et aux malentendants de faire l’effort de rappeler leur existence, a-t-il encore précisé. Ainsi, les premières conférences de presse du Conseil d’Etat au début de la pandémie n’étaient pas accessibles, faute d’interprète en langue des signes ou de sous-titrages. «Ca a été à nous de rendre attentives les autorités que ce sont des informations importantes qui doivent parvenir aux sourds et aux malentendants », précise encore le président. Une reconnaissance officielle de la langue des signes permettrait, selon lui, que ça se fasse automatiquement.
La société des sourds du Valais a donc envoyé un courrier à tous les constituants, pour les inciter à déposer un amendement en ce sens. A l’heure actuelle, aucun retour n’est parvenu à la faîtière. Mais elle espère bien que ce message aura été entendu. Cela permettrait de discuter de la question lors de la prochaine plénière, début octobre.
Une langue comme une autre
Actuellement, une commission de la constituante propose d’inscrire la langue des signes dans un article sur les droits des personnes en situation de handicap. Mais la société des sourds du Valais verrait bien une reconnaissance dans l’article traitant des langues, qui évoque notamment la place des patois en Valais. Car il est important que cet idiome soit reconnu « comme une langue à part entière, vectrice de culture, de pensée et d'identité ».
