Reprise du procès pour crimes de guerre
Le procès d'un Libérien accusé de crimes de guerre a repris
Le procès d'un Libérien accusé de crimes de guerre a repris vendredi devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone. Cet ancien commandant d'un groupe armé répond pour des actes commis entre 1993 et 1995, durant la première guerre civile au Libéria.
En ouverture d'audience, la Cour des affaires pénales s'est penchée sur les questions préjudicielles, qui ont été pour la plupart écartées. En particulier la demande de report du procès déposée par les avocats des parties plaignantes afin de permettre à celles-ci d'être présentes. Mais l'interrogatoire de l'accusé sera enregistré. Cette vidéo pourra être vue uniquement au Tribunal et dans les études des avocats.
Le tribunal a aussi rejeté la demande de récusation déposée par Me Dimitri Gianoli, avocat du prévenu, à l'encontre de l'un des avocats des parties plaignantes. La fonction de président de l'association Dignitas Maxima assumée par Me Alain Werner est conforme à la loi sur la profession d'avocat et ne met pas en cause son indépendance, a expliqué le président Jean-Luc Bacher.
La demande des plaignants de requalification de l'accusation pour crimes contre l'humanité a aussi été refusée. Pour la cour, l'accusation n'établit pas que les actes commis s'inscriraient dans le cadre d'une "attaque systématique et généralisée" contre la population du Libéria.
Alieu Kosiah, 45 ans aujourd'hui, a été arrêté en novembre 2014 en Suisse. Sa détention provisoire a été prolongée jusqu'à aujourd'hui. Il est présumé innocent.
Le prévenu commandait un groupe de combattants de l'ULIMO (United Liberation Movement of Liberia for Democracy). Il répond du meurtre de 18 civils et de 2 soldats désarmés, commis par lui-même ou ses hommes. Il est accusé aussi d'avoir violé une femme et d'avoir profané le corps d'un civil en mangeant son coeur.
L'accusé aurait aussi forcé des civils à transporter des marchandises dans des conditions inhumaines. Durant ces trajets, des porteurs auraient été exécutés ou battus. Il est encore reproché à Alieu Kosiah d'avoir utilisé un enfant-soldat âgé de douze ans.
