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Prof décapité: juge antiterroriste saisi

Hommage national au professeur décapité, 7 suspects devant un juge

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Keystone ATS, Keystone-ATS
21 oct. 2020, 17:20

La France rend un hommage national mercredi soir au professeur d'histoire décapité vendredi dans un attentat qui a bouleversé la population. Sept personnes dont deux mineurs sont présentées dans la journée à un juge pour "complicité d'assassinat terroriste".

Parmi ces sept suspects, deux mineurs de 14 et 15 ans sont accusés d'avoir désigné l'enseignant à son meurtrier, un jeune réfugié d'origine russe tchétchène, en échange de "300 à 350 euros", a dit le procureur antiterroriste, Jean-François Ricard.

Selon lui , l'assaillant avait raconté aux deux premiers collégiens qu'il voulait "humilier et frapper" le professeur et "l'obliger à demander pardon" pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet. "Poursuivre de jeunes mineurs dans un dossier terroriste n'est pas une chose inédite mais interroge", a commenté le procureur.

Appel à la vindicte populaire

Parmi les autres suspects déférés devant la justice figure un parent d'élève qui avait posté des vidéos appelant à la vindicte populaire contre l'enseignant. Le père de famille lui reprochait notamment d'avoir montré des caricatures de Mahomet en classe.

Quelques jours après la diffusion des vidéos, l'enseignant était assassiné en pleine rue. Son meurtrier a ensuite été abattu par la police.

Le père de famille et le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui sont accusés d'avoir "nommément désigné le professeur comme cible sur les réseaux sociaux". Les enquêteurs des services de lutte antiterroriste s'intéressent aussi à des messages échangés sur WhatsApp entre ce père de famille et l'assaillant.

Dans un message audio en russe, dont l'AFP a eu connaissance et authentifié par une source proche du dossier, l'assassin dit avoir "vengé le prophète" Mahomet, reprochant au professeur de l'avoir "montré de manière insultante". "Frères, priez pour qu'Allah m'accepte en martyr", lâche-t-il dans ce message ponctué de références au Coran.

Hommage à la Sorbonne

Neuf autres personnes gardées à vue ont été relâchées dans la nuit de mardi à mercredi, dont trois collégiens, les parents, le grand-père, le petit frère du meurtrier et la compagne de M. Sefrioui.

L'émotion est toujours vive en France : à 19h30, un hommage national présidé par Emmanuel Macron doit être rendu à l'enseignant dans la cour de la Sorbonne. Le professeur devrait recevoir la Légion d'honneur à titre posthume.

Offensive contre l'islamisme

Parallèlement, l'exécutif continue son offensive tous azimuts contre les personnes et structures soupçonnées d'accointances avec les islamistes, Emmanuel Macron ayant promis mardi d'"intensifier les actions".

Dans le viseur des autorités notamment, le collectif propalestinien Cheikh Yassine, créé par Abdelhakim Sefrioui et dissous mercredi en conseil des ministres. Le mouvement islamiste palestinien Hamas a fait savoir dans un communiqué qu'il n'avait "aucun lien avec" cette organisation et encore moins avec son chef.

Une cinquantaine d'autres associations françaises jugées proches de "l'islamisme radical" pourraient être fermées. La mosquée de Pantin, au nord de Paris, qui rassemble plus de 1300 fidèles, va fermer ses portes mercredi soir pour six mois. Ses responsables sont accusés d'avoir relayé sur Facebook la vidéo du parent d'élève.

Les autorités françaises ont promis "une guerre contre les ennemis de la République". "La question n'est pas de savoir s'il y aura un attentat, mais quand", a martelé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

"Appels aux meurtres"

Cet assassinat s'inscrit dans un "contexte d'appels aux meurtres" lancés depuis la republication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo début septembre avant l'ouverture du procès sur les attentats de janvier 2015, selon M. Ricard.

"Une quinzaine d'enquêtes" pour des faits d'"apologie du terrorisme", de "menaces de mort" ou de "provocation" au crime ont été ouvertes depuis l'assassinat du professeur, a par ailleurs annoncé le parquet de Paris.

ATS
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