Procès FIFA: le réquisitoire commence
Procès FIFA: le Parquet commence son réquisitoire
Le Ministère public de la Confédération a débuté mardi matin son réquisitoire devant le Tribunal pénal fédéral dans le deuxième procès FIFA. Les demandes de peine contre les trois prévenus n'ont pas encore été présentées.
"Si les faits ne sont pas contestés, contestez le droit. Si le droit n'est pas contesté, contestez le Ministère public", a lancé Joël Pahud à l'ouverture de son réquisitoire. Le Procureur de la Confédération résumait ainsi les tentatives de la défense pour obtenir l'annulation de la procédure contre Jérôme Valcke, ancien secrétaire général de la FIFA, Nasser Al-Khelaifi, président du Paris-St-Germain, et le troisième prévenu, un homme d'affaires grec qui ne s'est pas présenté devant la Cour des affaires pénales.
Répondant à la défense qui conteste la qualité de gérant de Jérôme Valcke, le procureur l'a décrit comme le numéro 2 de la FIFA, juste derrière le président Sepp Blatter. Comme le "chief executive" qui avait 400 personnes sous ses ordres.
Joël Pahud a souligné le "rôle déterminant" de l'ancien secrétaire général dans l'attribution des droits TV et son autonomie de gestion. Si cette dernière était limitée en théorie, "elle l'était très peu en pratique". Ainsi, le Français n'a pas sollicité l'approbation du comité exécutif de la FIFA pour ces contrats. L'instruction n'a pas mis en évidence non plus qu'il aurait reçu des directives de Sepp Blatter, a indiqué le procureur.
De son côté, la Procureure fédérale assistante Cristina Castellote a évoqué les statuts de la FIFA, le code éthique ainsi que d'autres règles internes. Ces dispositions imposaient aux employés d'agir avec loyauté et dans l'intérêt de la fédération. Elle a rappelé qu'en 2010 la presse avait révélé des cas de corruption. Ces affaires ont débouché sur l'édiction de nouvelles règles, signées par Sepp Blatter et Jérôme Valcke.
Alors qu'il paraphait ces nouveaux principes, Jérôme Valcke violait précisément ces mêmes principes, a martelé la procureure: il a reçu un demi-million d'euros du troisième prévenu et "les clés de la Villa Bianca" de Nasser Al-Khelaifi en échange de l'attribution des droits TV. L'ancien secrétaire général a sollicité et accepté des avantages. Il a négligé d'informer son employeur, lui faisant ainsi subir un préjudice, a souligné Cristina Castellote.
Le fait que les contrats d'attribution aient été avantageux pour la FIFA, comme l'a affirmé la défense, ne joue aucun rôle selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, a rappelé la Procureure fédérale. En l'absence de tout appel d'offres permettant une comparaison, le dommage subi par la fédération s'élève aux avantages cachés par l'accusé.
Jérôme Valcke répond de gestion déloyale aggravée, faux dans les titres et corruption passive. Quant à Nasser Al-Khelaifi, il est accusé d'instigation à gestion déloyale aggravée. Le troisième prévenu, inculpé d'instigation à gestion déloyale aggravée et corruption active, est jugé par défaut.
Ce deuxième procès s'inscrit dans la nébuleuse de scandales autour de la FIFA. Il porte sur l'attribution des droits TV de plusieurs coupes du monde et autres compétitions aux groupes médias représentés par Nasser Al-Khelaifi et l'homme d'affaires absent.
