Ouverture d'un procès pour crimes de guerre
Le procès d'un criminel de guerre présumé débute
Le procès d'un ancien commandant libérien s'est ouvert jeudi devant le Tribunal pénal fédéral. L'homme est accusé de crimes de guerre commis pendant le premier conflit civil qui a ravagé son pays entre 1989 et 1996.
Alieu Kosiah, 45 ans aujourd'hui, s'est présenté devant la cour en compagnie de son avocat d'office, Me Dimitri Gianoli. L'accusé est détenu depuis novembre 2014 après son arrestation. Il est actuellement retenu à la prison régionale de Berne.
Interrogé par le président Jean-Luc Bacher, l'accusé a souligné qu'il était en prison "depuis six ans et un mois". Il est ressorti des premiers échanges qu'il conteste tous les faits qui lui sont reprochés.
Avocat de quatre plaignants, Me Alain Werner a plaidé pour le report des débats - afin que ses clients puissent être présents - ou au moins la diffusion par vidéo de l'audition d'Alieu Kosiah au Liberia. Selon lui, la scission en deux parties de l'audition des plaignants porte à ces derniers un tort considérable.
Les autres représentants des parties civiles se sont ralliés largement à ces conclusions. Le Procureur fédéral Andreas Müller a reconnu que la présence des plaignants aurait été préférable et qu'ils pourraient subir un préjudice. Il a également souhaité qu'un enregistrement audio-vidéo de l'accusé soit effectué à leur intention.
Le Libérien répond du meurtre de civils et de soldats désarmés, commis par lui-même ou les hommes qu'il avait sous ses ordres. Il est accusé aussi d'avoir violé une femme et d'avoir profané le corps d'un civil en mangeant son coeur.
Alors qu'il commandait un groupe de la faction armée ULIMO (United Liberation Movement of Liberia), l'homme aurait forcé des civils à transporter des marchandises dans des conditions inhumaines. Durant ces trajets, des porteurs auraient été exécutés ou battus.
