Live Actualités Services
Rhône Fm
Publicité
Monde
Suisse Valais Sport Société Culture
Publicité
Votre publicité ici ? Contactez-nous !

Amants accusés d'assassinat

Seize et 18 ans requis contre des amants accusés d'assassinat

Fond Neutre photo
Keystone ATS, Keystone-ATS
07 déc. 2020, 17:47

Le Ministère public jurassien a requis lundi des peines de 16 et 18 ans contre une femme et son amant soupçonnés d'assassinat. L'homme est accusé d'avoir tué en 2018 à Delémont le mari puis d'avoir mis le feu à l'appartement pour maquiller le crime en accident.

"Je pense que je regretterai jusqu'à la fin de ma vie", a déclaré l'accusé, un ressortissant afghan dont les propos sont traduits. "J'aimerais m'excuser auprès de la famille de la victime", a-t-il ajouté lors de l'audience qui se déroule devant le Tribunal de première instance en huis clos partiel en raison du Covid-19.

Selon l'acte d'accusation, l'amant se rend le 18 février 2018 dans le salon où dorment le père de famille, également un ressortissant afghan, et ses deux plus jeunes enfants. Après l'avoir frappé à la tête à plusieurs reprises avec une massette, il se rend compte que la victime est toujours vivante.

L'accusé aurait alors traîné le mari à la cuisine, ouvert le gaz de la cuisinière et répandu de l'essence autour du corps. Il aurait mis alors le feu, provoquant deux explosions et un incendie. L'époux meurt suite à une intoxication au monoxyde de carbone.

L'incendiaire présumé aurait retrouvé sur le palier de l'appartement la mère de famille, afghane elle aussi, qui rentrait avec son fils aîné. Il aurait remis à l'enfant son sac à dos contenant la massette ensanglantée et la bouteille de PET partiellement remplie d'essence pour qu'il le dépose à la cave.

Rôle de l'épouse

Alors que l'incendie s'est déclaré, la mère de famille va chercher ses deux enfants restés dans l'appartement sans se soucier de l'état de la victime. Le Tribunal de première instance devra définir son rôle , notamment de savoir si elle a agi comme instigatrice, complice, co-auteur ou alors étrangère à cette affaire.

Ce réfugié afghan a déclaré être le seul responsable de la mort du mari. La femme avec qui il entretenait une relation amoureuse ne lui aurait jamais demandé de le tuer. La prévenue a expliqué qu'elle ne comprenait pas pourquoi elle devait comparaître devant le tribunal, ajoutant n'avoir rien fait.

Elle a rejeté avec véhémence la traduction des messages whats'app qui la mettent en cause dans cette sordide affaire. "Je suis mise en cause par des traductions et je ne les accepte pas". "Avec cette traduction, j'ai perdu trois ans de ma vie et mes enfants", a ajouté cette femme.

Des co-auteurs selon le procureur

Pour le procureur Séraphin Logos, les deux prévenus ont commis l'irréparable ensemble. "Le plan était précis, les rôles répartis et les prétextes préparés", a-t-il souligné lors de son réquisitoire. Le représentant du Ministère public a décrit la prévenue comme une femme avec des traits de manipulatrice.

"Sa mort devait passer pour un accident dû au gaz", a souligné le procureur en ajoutant que les accusés avaient cherché à brouiller les pistes. Au terme de son réquisitoire, il a requis 18 ans de réclusion contre l'homme et 16 contre la femme. Pour Séraphin Logos, le mari devait mourir pour leur permettre de vivre leur relation.

Tentative d'empoisonnement

Le procureur a affirmé que les amants avaient d'abord planifié de tuer par empoisonnement ce père de famille en dissolvant des médicaments dans son café. Mais ce mélange aurait eu pour seul effet que de l'endormir. Pour cette raison, les deux prévenus doivent également répondre de délit manqué de meurtre.

L'avocat du prévenu a plaidé le meurtre passionnel et a demandé une peine de réclusion n'excédant pas onze ans. La mandataire de la jeune femme a plaidé l'acquittement. Verdict mercredi.

L'homme est aussi poursuivi pour incendie intentionnel qualifié ayant mis en danger la vie des deux enfants restés dans le salon et des locataires de l'immeuble. "Le feu n'était pas prévu au départ", a affirmé le prévenu qui n'a pas véritablement expliqué les mobiles de son geste, évoquant une émotion de colère.

Dix parties plaignantes sont représentées dans ce dossier. Parmi elles, les trois enfants placés dans une famille d'accueil et scolarisés.

ATS
Tags de l’article
Monde
Publicité
Votre publicité ici ? Contactez-nous !
©  Rhône FM 2023  •  DéveloppementPowered by iomedia