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Applications et offres digitales dans le monde du vin. Une réelle utilité pour le marché valaisan?

L'innovation digitale dans le monde du vin a récemment vécu un boom. Plusieurs start-up ont éclos ces derniers temps. Alors réelle plus-value ou gadget? Dossier.

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Diana-Alice Ramsauer, Rédaction Rhône FM
15 déc. 2020, 14:25
Le boom des applications de vin
Le boom des applications de vin ©DR

Quiz du goût, base de données des vignerons, abonnements mensuels de bouteilles ou plateforme digitale: le monde de l'innovation commerciale s'empare du vin. "A proprement parler, la technologie digitale dans le monde du vin n'est pas nouvelle, explique Yvan Aymon, président de l'Interprofession de la vigne et du vin. Mais jusque là, c'était de l'innovation liée à la vigne ou aux caves. Aujourd'hui, c'est plutôt au niveau commercial, et c'est tant mieux, parce que nous avions un tout petit peu de retard."

L'objectif, faire vivre toute la filière jusqu'au vigneron

Reste à savoir si le salut des vignerons passera par ce genre d'applications ou de nouvelles offres digitales. Pour Yvan Aymon, disons-le, dans tous les cas, il s'agit clairement d'une plus-value. "En terme de volume, ce sont des canaux de distribution intéressants. Surtout, grâce à leur valeur-ajoutée. Il n'y a pas beaucoup d'intermédiaires, ce qui permet de faire des marges intéressantes. La question n'est pas forcément "de vendre beaucoup", mais il faut simplement permettre de faire vivre toute la filière, jusqu'au vigneron."

Alors quelles sont ses nouvelles offres qui émergent un peu partout?

Prenons un premier exemple. L'application ViniLink a été créée en septembre dernier pour combler un manque, selon son fondateur. En matière de vins suisses, il y a pléthore d'offres. Une partie se trouve dans les supermarchés, mais la majorité est disséminée sur le territoire helvétique. Alors soit on connait les vignerons du coin – ce qui se révèle de plus en plus rare pour la nouvelle génération–, soit on navigue sur internet et parfois malheureusement, on se perd, c'est chronophage et parfois décourageant, selon Cyril Mestchersky, créateur du concept.

Proposer des accords mets-vins

ViniLink se veut donc une sorte de base de données des encaveurs et vignerons de la région. Un inventaire auquel on peut ajouter des filtres en matière de cépages, de prix ou d'accord mets-vins, etc. Et pour Cyril Mestchersky, le but est vraiment de jouer un rôle sur le marché vinicole suisse afin d'écouler une partie de ces bouteilles qui restent parfois désespérément dans les caves des différents vignerons.

"On devrait avoir les vignerons les plus heureux au monde. Malheureusement, ce n'est pas le cas."

Cyril Mestchersky, fondateur de ViniLink

"Les Suisse aiment les vins de leur région. Mais la consommation de vin local a beaucoup diminué, donc il faut écouler le stock." Pour lui, cela doit passer par une meilleure mise en valeur de ces millésimes et un rapprochement entre les producteurs et les consommateurs. "On devrait avoir les vignerons les plus heureux au monde: on a une proximité géographique entre les vignes et les différents centres urbains qui est unique au monde. Mais aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Il faut donc encore faire un effort à ce titre."

Dis-moi comment tu bois ton café et je te proposerai les vins qui te conviennent

Autre exemple, l'offre Wineroo –sortie en début de l'année – qui propose des vins du monde entier, mais aussi passablement de bouteilles Suisse, dont bon nombres sont valaisannes. Leur plus-value? Ils offrent des abonnements de deux, trois, quatre millésimes, directement livrés à la maison chaque mois, en fonction de vos goûts. Pour cela, il faut donc passer par un quiz du palais. Au travers des réponses données, la manière dont vous buvez votre café, si vous aimez les vins minéraux, aux saveurs animales, épicées etc., une sélection sera faite.

"Ma génération de trentenaires a tendances à acheter du vin en grande surface et à prendre toujours les mêmes bouteilles et c'est dommage."

Pierre Lavanchy, co-fondateur Winroo

"A l'époque, les gens allaient acheter des caisses de 24 chez le vigneron qu'ils connaissaient, constate Pierre Lavanchy, co-fondateur de Wineroo. Aujourd'hui, en tous cas ma génération de trentenaires, on a plutôt tendance à acheter notre vin en grande surface, on n'y connaît pas grand chose à la base, donc on a toujours tendance à prendre les mêmes bouteilles, celles qu'on a déjà dégustées ou simplement les grands noms." Selon lui, cela empêche donc de connaître d'autres producteurs, "c'est dommage", conclut-il.

Une pérennisation compliquée

Reste qu'il est difficile de percer dans ce marché digital. Lors que l'on fait l'inventaire des applications ou des offres du genre, on se rend rapidement compte que certaines ont été laissées à l'abandon, d'autre ont simplement dû déposer le bilan. "L'innovation nous fait  évoluer, réagit Yvan Aymon. Mais c'est vrai qu'en terme de pérennisation, c'est difficile. Ces start-ups sont souvent rachetées par des grandes structures ou intégrées dans de grandes plateformes."

DAR
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