Xi à Biden: Nos pays sont responsables d'aider à la paix mondiale

Les présidents américains Joe Biden et et chinois Xi Jinping ont évoqué l'Ukraine et la paix par visioconférence. ©KEYSTONE/AP/Susan Walsh
Ukraine
Keystone-ATS
Keystone-ATS

Le président chinois Xi Jinping a estimé vendredi que des conflits militaires n'étaient "dans l'intérêt de personne", lors d'un échange avec son homologue américain Joe Biden, qui presse la Chine de prendre ses distances avec la Russie depuis l'invasion de l'Ukraine.

Les deux dirigeants ont signalé leur volonté de "garder des canaux de communication ouverts" lors de cet entretien qui a duré près de deux heures et qui a surtout été consacré à la guerre en Ukraine, selon un communiqué de l'exécutif américain, publié près de quatre heures après la fin de la conversation.

Le président américain a "décrit les implications et conséquences si la Chine fournissait un soutien matériel à la Russie", sans toutefois préciser à quelles représailles la Chine s'exposerait. Joe Biden a par ailleurs "détaillé" les dures sanctions économiques et financières imposées par les Occidentaux à la Russie.

L'entretien très attendu entre les deux chefs d'Etat n'a pas signalé d'inflexion significative dans la position des Etats-Unis ou de la Chine, qui n'a jusqu'ici jamais condamné ou critiqué l'attaque de la Russie.

Xi Jinping a maintenu l'ambiguïté, en estimant vendredi que des conflits militaires n'étaient "dans l'intérêt de personne", et en soulignant que "la crise ukrainienne (n'était) pas quelque chose que nous souhaitions voir", selon des propos rapportés par la télévision chinoise alors que la conversation était encore en cours.

La Chine a aussi appelé les Etats-Unis et l'Otan à avoir un "dialogue" avec la Russie sur les "préoccupations de sécurité" de Moscou, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères publié à l'issue de l'échange, reprenant une thématique chère au président russe Vladimir Poutine.

Les Etats-Uis eux s'inquiètent d'une possible aide militaire de la Chine à la Russie, ou de voir Pékin aider Moscou à contourner les sanctions occidentales.

Amitié mise à l'épreuve

Depuis le début de l'invasion russe le 24 février, le régime communiste chinois, soignant sa relation avec Moscou et partageant avec la Russie une profonde hostilité envers les Etats-Unis, s'est abstenu d'appeler le président russe Vladimir Poutine à retirer ses troupes d'Ukraine.

Mais l'"amitié sans limite" professée par Pékin et Moscou est mise à l'épreuve par la guerre, le régime du président Xi Jinping semblant avoir été surpris par la résistance ukrainienne et par la vigueur des sanctions étroitement coordonnées entre les Etats-Unis et leurs alliés, destinées à couper la Russie des échanges économiques et financiers mondiaux.

"En tant que membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et en tant que deux premières économies mondiales, il nous incombe non seulement de conduire les relations sino-américaines sur la bonne voie, mais aussi d'assumer nos responsabilités internationales et de travailler à la paix et la tranquillité dans le monde" a-t-il assuré à son homologue, selon la même source.

Selon un bref compte-rendu diffusé par la chaîne publique CCTV, le président chinois a aussi estimé que "les relations entre Etats ne peuvent aller jusqu'à la confrontation armée".

Taïwan

Il a aussi été question lors de l'échange de Taïwan, sujet extrêmement contentieux.

Joe Biden a "répété que la politique des Etats-Unis concernant Taïwan n'avait pas changé", et "insisté sur le fait que les Etats-Unis continuent à s'opposer à tout changement unilatéral du statu quo".

La Chine revendique l'île. Les Etats-Unis eux s'engagent à ne reconnaître qu'une seule Chine, tout en fournissant des armes à Taïwan pour son autodéfense.

Wendy Sherman, numéro deux de la diplomatie américaine, avait exposé clairement l'enjeu de la conversation, vendredi sur CNN: "Nous voulons que le Parti communiste chinois, qui est une puissance très importante sur la scène internationale (...) comprenne que son avenir est avec les Etats-Unis, avec l'Europe, avec d'autres pays développés et en développement. Leur avenir ce n'est pas de soutenir Vladimir Poutine."

L'échange en visioconférence entre les deux dirigeants a duré près de deux heures, débutant à 14h03 (suisse) et se concluant à 15h53 (suisse) selon la Maison Blanche, qui n'a pas dans l'immédiat communiqué sur son contenu.

Joe Biden s'est rendu pour cette conversation depuis la "Situation Room", cette pièce ultra-sécurisée de la Maison Blanche d'où les Etats-Unis conduisent leurs opérations les plus risquées et leurs négociations les plus ardues.

ATS
Catégories
Les articles les plus lus