Vols massifs de chocolats dans un dépôt: suspect libéré

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Le Tribunal fédéral ordonne la libération immédiate d'un homme soupçonné d'avoir participé à des vols massifs de chocolat dans un dépôt. Les risques de fuite et de collusion justifiant sa détention provisoire n'ont pas été assez établis par la justice argovienne.

Le Ministère public du canton d'Argovie enquête depuis le début de l'année sur des vols de marchandises survenus entre 2016 et 2021 dans l'entrepôt d'une entreprise de logistique. Le pot-aux-roses a été découvert lorsque le producteur de ces denrées a constaté que des stocks - de chocolat en particulier - étaient retirés de l'inventaire et déclarés comme invendus. Le dommage est évalué à plus de 1,6 million de francs.

Les soupçons se sont portés sur un employé de l'entrepôt qui aurait procédé aux écritures et évacué la marchandise. Cette dernière aurait été remise à un tiers afin de la mettre en vente. Au cours de son audition début février 2022, ce tiers a lourdement mis en cause le recourant. Celui-ci a été arrêté le lendemain et placé en détention préventive. Les trois hommes sont soupçonnés de vol par métier, éventuellement abus de confiance et recel.

Endetté et condamné

Dans un arrêt publié mardi, le Tribunal fédéral annule cette décision et ordonne la libération immédiate de ce Macédonien du Nord qui n'a cessé de clamer son innocence. La cour n'est pas convaincue par les risques de fuite et de collusion invoqués par la justice argovienne.

Certes, l'homme a conservé des liens avec son pays d'origine et il est endetté pour un montant de 70'000 francs. En outre, il a été condamné en 2016 pour des faits analogues à une peine de 30 mois avec sursis partiel. En cas de nouvelle condamnation, il risquerait de passer plusieurs années à l'ombre.

Bien intégré

Les juges de Mon Repos retiennent en revanche que le suspect est propriétaire de son logement en Suisse et d'une entreprise de transport. Sa femme et ses enfants ainsi que ses proches vivent également dans notre pays. La fuite de cet homme somme toute bien intégré apparaît improbable, d'autant plus qu'elle démentirait ses déclarations d'innocence. Enfin, celui-ci n'a pas cherché à se soustraire à la justice en 2016.

Concernant le risque de collusion, la Cour de droit pénal note que l'employé de l'entrepôt n'a jamais accusé le recourant. Il l'a au contraire mis hors de cause devant les enquêteurs. Seul le troisième homme l'a accusé. Dans ces conditions, le danger d'interférence dans la procédure paraît très limité. (arrêt 1B_156/2022 du 13 avril 2022)

ATS
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