Vie des époux plus en danger après le drame de La Chaux-de-Fonds

Le procureur général neuchâtelois Pierre Aubert a parlé de "faits inouïs et imprévisibles" en évoquant le drame familial survenu mardi dans la région de la Chaux-de-Fonds. ©KEYSTONE/JEAN-GUY PYTHON
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L'auteur du drame familial qui s'est joué mardi dans la région de La Chaux-de-Fonds a fait preuve d'une très forte détermination. Son pronostic vital ainsi que celui de sa victime, son épouse, tous deux hospitalisés à Berne, ne sont plus engagés.

Le procureur général Pierre Aubert a parlé mercredi à Neuchâtel de "faits inouïs et imprévisibles" pour qualifier ce qui s'est déroulé 48 heures plus tôt. Il s'est exprimé sur le possible recours à un bracelet électronique dans une telle situation, sachant qu'une mesure d'éloignement avait été prononcée samedi à l'encontre du mari.

"La protection a été jugée suffisante", a indiqué Pierre Aubert, dans la mesure où le mari n'avait pas d'antécédents avec la police. A ses yeux, la pose d'un bracelet à titre préventif, en discussion sur le plan fédéral, n'aurait pas nécessairement empêché la survenue du drame. Surtout quand un auteur est déterminé à passer à l'acte.

Etat d'ébriété

Quant à la détention préventive, elle est à "double tranchant" de l'avis du procureur général. "Elle peut aussi bien calmer que raviver les tensions". La question a été posée dans la mesure où pas plus tard que jeudi soir dernier la police est intervenue pour une altercation conjugale au domicile du couple à La Chaux-de-Fonds.

Ivre, le mari, 54 ans, a subi une détention policière jusqu'à samedi matin, le temps de l'interroger. "Le couple vit une situation tendue depuis 20 ans", a dit Pierre Aubert, avec des menaces régulières, jamais réalisées, et des violences sexuelles. L'épouse, 52 ans, a décidé d'habiter chez son fils aîné, avec son plus jeune fils.

Avant le drame de mardi, le mari s'est rendu au domicile du fils âgé de 24 ans, violant ainsi la mesure d'éloignement. Mardi à 5h50, ce dernier a été blessé gravement à la main d'un coup de couteau de cuisine lorsque le mari est venu enlever son épouse. Sa tentative de s'interposer s'est déroulée devant un immeuble de la rue de la Serre.

Un miracle

Le père a emmené ensuite son épouse en voiture aux Roches-de-Moron, un point de vue dominant le Doubs et le barrage du Châtelot, à une quinzaine de kilomètres de La Chaux-de-Fonds, sur la commune des Planchettes (NE). Là, il a jeté son véhicule dans la falaise, ce dernier s'immobilisant 100 mètres en contrebas grâce à des arbres.

"Le fait que les deux époux aient survécu tient du miracle", a noté Simon Baechler, officier de service en charge de l'affaire. Les opérations d'évacuation ont duré de 8h50 jusqu'en début d'après-midi. Le mari était incarcéré, alors que la femme a été éjectée. Il a fallu sécuriser le travail des intervenants.

"Terrain et météo étaient hostiles", a précisé Simon Baechler, aussi pour l'hélicoptère. Les époux ont été transportés à l'hôpital de l'Ile à Berne. Ils souffrent de fractures et le mari est aux soins intensifs. Soigné à Lausanne, le fils aîné gardera des séquelles. Compliquée, l'évacuation de la carcasse surviendra prochainement.

Assez fréquent

La police n'a procédé à aucun interrogatoire, a noté Simon Baechler. Les enquêteurs sont en possession d'une lettre du père laissant entendre qu'il voulait mettre fin à ses jours. Au-delà, Sami Hafsi, chef de la police judiciaire, a évoqué cinq à sept interventions par semaine dans le canton pour des violences familiales.

"Le défi consiste à détecter les actes graves potentiels, les situations qui dégénèrent", a relevé Sami Hafsi. Le problème demeure complexe, selon la police neuchâteloise. "Nous sommes un peu démunis", a ajouté Pierre Aubert, en parlant de la détention préventive qui implique une mise en accusation pour perdurer.

ATS
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