Vétroz privé d'organe de révision: la tension monte entre l'exécutif et le conseil général

Vétroz
Oriane Binggeli
Journaliste RP

La tension se fait sentir à Vétroz entre le conseil communal et le législatif. Sans mâcher ses mots, le président fustige sur la place publique l'attitude des élus, qu'il juge partisane. Lundi soir, l'exécutif s'est vu refuser le changement de l'organe de révision des comptes.

A Vétroz, la tension se fait sentir entre le conseil général et l’exécutif communal, du moins avec son président. Sur les réseaux sociaux, Olivier Cottagnoud fustige sans langue de bois les élus pour leurs décisions lors de la dernière séance.

D’une part le changement d’organe de révision des comptes proposé par le conseil communal a été rejeté par la majorité. La commune se retrouve donc sans autorité de contrôle. D’autre part, le conseil général a refusé de mettre à l’ordre du jour un crédit d’engagement de d’école des Plantys. 

"C'est un vote partisan"

"Fonctionnement de la commune bloqué", "vote partisan", "politiciens enrôlés". Sur la toile, Olivier Cottagnoud ne mâche pas ses mots. "Il faut distinguer ce que j'écris à titre personnel et ce que que je peux exprimer en tant que président, modère-t-il. Evidemment, je suis déçu de voir ces projets bloqués, et convaincu qu'il y a eu mot d'ordre, qu'il s'agit de vote partisan".

Du côté du législatif, on tient à remettre les pendules à l'heure. "Le PDC et le PLR ont été clairs depuis le départ concernant notre souhait de conserver le même organe de révision, insiste Daniel Roh, membre du PLR et président de la Cogest. En ce qui concerne le projet de l'école, il n'est pas enterré, mais simplement retardé. C'est aussi notre rôle de poser des questions et d'avoir toutes les réponses avant de pouvoir fournir un rapport correct." 

Le Canton appelé à la rescousse

Concernant le choix d'un organe de révision, le président précise que la balle est désormais dans le camp du canton. "J'ai alerté le lendemain matin la section des finances communales et le service des affaires intérieures et communales, indique Olivier Cottagnoud. A eux désormais de statuer sur la suite à donner à cette affaire, ce qui devrait prendre un peu de temps puisque la loi sur les communes n'a pas d'article précis concernant ce genre de cas." 

Suppression du conseil général?

Reste qu'avec un tel étalage, d'un côté comme de l'autre, on peut s'interroger sur les rapports entre les deux pouvoirs de la commune. Dans son intervention sur la toile, Olivier Cottagnoud évoque à demi-mot la suppression du conseil général, pour revenir au système de l'assemblée primaire.  "Je pense que nous atteignons les limites de la démocratie représentative. En effet, je suis persuadé qu'une assemblée primaire ouverte à tous les citoyens n'aurait pas bloqué la commune dans ces deux cas. Les Vétrozaines et les Vétrozains qui ont opté pour le Conseil général en 1992 doivent se poser des questions", écrit-il. Interrogé sur ce point, il répond. "Je ne pense pas vraiment que ça soit souhaitable, mais la question mérite d'être posée. Le dénouement de cette séance aurait sans doute été différent avec une assemblée primaire."

Oriane Binggeli
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