Valérie Gillioz: «Le FC Sion féminin est prêt pour la Super League!»

Christophe Moreillon
Journaliste sportif RP

Le FC Sion féminin boucle ce samedi son année 2022 par la réception de Schlieren à Fully (18h00). À mi-parcours, la formation sédunoise pointe en tête du championnat de LNB. Sa directrice Valérie Gillioz explique ce qui a conduit là une équipe qui luttait pour son maintien au printemps.

C’est l’histoire d’une métamorphose express. Celle du FC Sion féminin. Promue en Ligue Nationale B au printemps 2021, la formation sédunoise a dû batailler jusqu’au coup de sifflet final de l’exercice écoulé pour sauver sa place dans cette catégorie de jeu. Six mois plus tard, tout a changé ou presque. Après neuf journées de championnat – soit la moitié de l’exercice – les Valaisannes sont co-leaders du classement, à égalité avec les M21 du FC Zurich.

«Au lendemain de notre dernier match de la saison passée, je n’avais plus que quatorze joueuses dans l’effectif.» Valérie Gillioz, directrice du football féminin du FC Sion

«Si vous m’aviez dit qu’on en serait là aujourd’hui au début de la saison, je n’y aurais probablement pas cru», sourit Valérie Gillioz. Et pour cause: les défis étaient nombreux à se poser à la directrice du football féminin du FC Sion cet été. «Au lendemain de notre dernier match de la saison passée, je n’avais plus que quatorze joueuses dans l’effectif», se rappelle-t-elle. «Depuis, plusieurs choses ont changé. Un nouvel entraîneur est arrivé avec de nouvelles idées de jeu. On dispose de vraies infrastructures d’entraînements et les séances sont plus nombreuses durant la semaine. Plusieurs facteurs expliquent que celles qui étaient déjà là l’an dernier se soient pareillement développées. Notamment le fait qu’elles côtoient désormais des joueuses plus ou moins professionnelles, avec un vrai vécu.»

Les renforts étrangères: une nécessité, pas un choix

Car oui, pour comprendre ce qui a conduit une formation en péril à se retrouver au sommet de la hiérarchie, les raisons sont à chercher là. Pour étoffer son contingent, Valérie Gillioz a fait le choix de se renforcer hors des frontières helvétiques. «Ce n’était pas un choix mais une nécessité», corrige-t-elle. «Il faut bien comprendre cette nuance. Notre projet est d’avoir une équipe féminine en 1ère division qui soit composée majoritairement de Valaisannes. Mais à l’heure actuelle, les joueuses aptes à évoluer à ce niveau ne sont pas suffisamment nombreuses dans la région. On n’avait donc pas le choix de nous tourner vers l’étranger.» Et pourquoi ne pas avoir prospecté ailleurs en Suisse? «Servette est en tête de Super League et ne parvient pas à attirer des Suisses allemandes. Vous imaginez bien que c’est encore plus difficile pour le FC Sion…»

«En Europe, une footballeuse ne gagne même pas le dixième d’un footballeur. Ça rend l’engagement d’étrangères bien plus accessible.» Valérie Gillioz, directrice du football féminin du FC Sion

C’est donc sur les quatre coins de l’Europe que l’ancienne joueuse reconvertie dirigeante a posé les yeux. Six renforts ont finalement débarqué en provenance de France, d’Irlande, de Croatie ou de Lituanie. Parmi ces nouveaux visages: Ugné Lazdauskaite. L’attaquante a signé sept des vingt réussites de son équipe jusqu’à présent. «En Europe, une footballeuse ne gagne même pas le dixième d’un footballeur. Ça rend l’engagement d’étrangères bien plus accessible pour nous. L’argent n’a pas été au cœur des discussions avec celles qui nous ont rejoints. Elles ont toutes été séduites par le projet qu’on leur a présenté.»

Des questions pour les joueuses valaisannes

Une fois ces nouvelles joueuses choisies et engagées, restait la question de leur acclimatation au sein du vestiaire. «On a la chance de pouvoir compter sur une équipe très saine», relève Valérie Gillioz. «Je sais que pour les Valaisannes, ça a été compliqué cet été de voir plusieurs étrangères venir en test. Elles se posaient des questions sur le rôle qui serait le leur désormais. Ça n’a pas été facile pour elles mais ça ne l’a pas été pour moi non plus. Il a fallu gérer tout ça. Présenter les nouvelles au groupe, les intégrer et rassurer les autres. C’était une première pour tout le monde mais encore une fois, il y a un esprit formidable dans cette équipe. Je tiens à remercier les joueuses qui sont restées depuis l’an dernier car c’est grâce à elles qu’on se trouve dans cette bonne dynamique aujourd’hui.»

«Si on en est là aujourd’hui, on le doit essentiellement à notre président.» Valérie Gillioz, directrice du football féminin du FC Sion

Ce contingent hétérogène formé par Valérie Gillioz a tout de suite trouvé ses marques sous la férule d’un nouvel entraîneur en la personne de Julien Marendaz qui a succédé à David Vernaz. «Faire une comparaison entre les deux est impossible», affirme la directrice du football féminin. «David ne disposait pas du même effectif. Julien est professionnel, il a beaucoup plus de temps à consacrer à l’équipe. Il dispose aussi d’infrastructures d’entraînement que n’avait pas David. Désormais, on est beaucoup plus soutenus par l’Olympique des Alpes. Si on en est là aujourd’hui, on le doit essentiellement à notre président.»

Et si CC se retire?

Un président, Christian Constantin, qui ne cache plus ses intentions de se retirer à moyen, voire court terme. Dernièrement, il a annoncé 2024 comme échéance avant de tirer la prise. De quoi susciter des inquiétudes pour le football féminin qui est enfin sur la voie du développement? «Christian sera encore là demain, c’est le plus important», tempère Valérie Gillioz. «On aura suffisamment de temps pour réfléchir à ce qui viendra après. Pour l’instant, il est à 100%, 120% même, derrière nous. C’est tout ce qui compte.»

«Le Valais mérite d’avoir une place dans l’élite.» Valérie Gillioz, directrice du football féminin du FC Sion

Et qui dit qu’avant de se retirer, Christian Constantin n’aura pas une nouvelle promotion à fêter? Si elle joue la carte de la prudence, bien consciente que la saison est encore longue, Valérie Gillioz l’affirme: «Le FC Sion féminin est prêt pour la Super League! Toutes les joueuses qui sont là méritent de connaître la première division. Elles travaillent très dur toute l’année, elles font énormément de sacrifices…Le Valais mérite d’avoir une place dans l’élite. Sion a toujours fait partie des équipes phares de la Suisse romande. C’est important que l’on soit tout en haut.»

Les championnes suisses en titre en quarts de Coupe

Avant de peut-être faire le saut à l’échelon supérieur, les joueuses de Julien Marendaz auront une première occasion de se frotter au niveau de l’élite. À la fin février, elles défieront le FC Zurich, champion de Suisse en titre, en quarts de finale de la Coupe de Suisse. «C’est le plus beau test que l’on aurait pu avoir», s’exclame Valérie Gillioz. «C’est magnifique d’imaginer que nos joueuses vont essayer de bousculer l’un des cadors de première division. Nous n’aurons aucune pression, rien à perdre et tout à gagner, il n’y a pas mieux!»

Ce samedi, c’est face à une autre formation zurichoise que le FC Sion féminin boucle son année 2022. Le co-leader de LNB accueille dès 18h00 Schlieren du côté de Fully.

CM
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