Val d'Hérens: un parc solaire de grande envergure pourrait sortir de terre à la Grande Dixence

Oriane Binggeli
Journaliste RP

Dans la ruée vers le solaire, le Val d'Hérens place aussi ses pions. Un projet d'étude est lancé pour faire pousser un parc photovoltaïque d'envergure, en amont de la Grande Dixence.

Comme Gondo et Grengiols, le Val d'Hérens veut tirer son épingle du jeu dans la ruée vers l'énergie solaire. Grande Dixence SA et la commune d'Hérémence ont signé une lettre d'intention pour développer un parc photovoltaïque d'envergure en amont du barrage. Le tout en collaboration avec Alpiq. L'objectif est de mettre en service l'installation d'ici fin 2025.

Un site "plus qu'idéal"

Le site choisi s'étend dans la combe de Prafleuri à l'ouest du barrage de la Grande Dixence, à 2800 mètres d'altitude. Là-haut, les contours de l'ancienne carrière exploitée lors de la construction du mur sont encore bien visibles dans la roche. "Le lieu est non seulement accessible par la route mais déjà modelé par les activités humaines", observe Jean-Daniel Dayer, conseiller communal d'Hérémence, à l'initiative du projet. "De quoi limiter au maximum les atteintes à l'environnement et au paysage."

La zone relativement plane délimitée s'étend sur 350'000 m2. Avec son orientation vers le sud, le potentiel de production identifié se situe entre 40 et 50 GWh par année, soit la consommation annuelle moyenne de plus de 11'000 ménages. Une grande partie de l'énergie sera produite en hiver: un avantage considérable au vu de l'approvisionnement en électricité de plus en plus critique à cette période de l'année. "Hérémence veut contribuer proactivement à l'approvisionnement énergétique du pays", insiste le président de commune Grégory Logean.

Phase de pré-étude

Ni une, ni deux, après une première reconnaissance du site réalisée fin novembre, les premières mesures ont été faites début décembre. La construction d'une installation de mesures et de tests est prévue dans les prochaines semaines. Le but étant de connaître plus précisément les paramètres météorologiques du lieu et de recueillir des informations détaillées sur le potentiel de production solaire.

Cette base servira à l'élaboration de la demande d'autorisation de construire. Les porteurs du projet espèrent la déposer d'ici un an. Parallèlement, une étude d'impact environnemental sera effectuée dans le courant de l'été 2023.

Projet "réaliste"

En cas de feu vert, l'installation de Prafleuri sera équipée de 70'000 panneaux photovoltaïques bifaciaux, répartis sur 350'0000 mètres carrés. A titre de comparaison, le projet imaginé à Gondo, dans le Haut Valais, prévoit d'exploiter 100'000 mètres carrés, tandis que celui de Grengiols s'étendrait sur une surface équivalente à 700 terrains de football. "Ce projet se veut plus réaliste que celui de Grengiols", indique Amédée Murisier, membre du conseil d'administration de Grande Dixence SA et responsable de la production hydraulique d'Alpiq. "D'autant que nous nous contenterons d'exploiter les terrasses planes, sans déborder sur le reste de la combe."

Hérémence veut poser sa pierre à l'édifice

Grande Dixence SA et la commune d'Hérémence collaborent depuis plus de 70 ans dans le cadre de l'exploitation du complexe de la Grande Dixence. Les deux partenaires se partagent actuellement le financement de l'étude, d'un montant de 150'000 francs.

Reste à savoir si ce modèle de répartition des factures se poursuivra tout au long de la réalisation du projet. Le coût total, estimé entre 80 et 100 millions, sera vraisemblablement assumé par plus de deux entités. "Ces décisions viendront ultérieurement, une fois le feu vert donné", indique Grégory Logean, président d'Hérémence, "mais nous devrions accueillir d'autres parties prenantes, distributeurs ou producteurs d'électricité".

Quant au soutien d'Alpiq, partenaire industriel historique de Grande Dixence, il assure l'expertise nécessaire en terme de gestion de projet, ainsi que de production et de commercialisation de l'électricité. 

OB
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