Unia décerne la Râpe d'or à la fédération des plâtriers-peintres

Nathalie Terrettaz
Journaliste RP

Négociations salariales : le syndicat Unia a décerné ce mardi à Sion une Râpe d’or à la fédération des plâtriers-peintres. Cette récompense dénonce une association patronale qui s'est montrée particulièrement pingre. Les salariés du second oeuvre romand seraient les plus mal lotis.

Maintenant que les négociations salariales pour l’ensemble des métiers du bâtiment en Valais sont terminées, le syndicat Unia a dressé le bilan des négociations.

Râpe d'or aux plâtriers-peintres

Un bilan en demi-teinte : avec des augmentations entre 2 et 2.42% en moyenne, selon Unia Valais aucune branche n’aurait compensé l’intégralité du renchérissement pour ses salariés. Le syndicat a même décerné ce mardi à Sion la Râpe d’or à une association patronale qui se serait montrée particulièrement pingre.

«Cette année, la fédération des plâtriers-peintres a été la moins généreuse.» Serge Aymon, responsable du secteur construction pour Unia Valais

«La Fédération suisse romande des entreprises de plâtrerie-peinture (FREPP) a été particulièrement grippe-sou. Elle a octroyé une misérable augmentation de 1,5% seulement, malgré une inflation à 3%. Et cela après n’avoir plus bénéficié d’augmentations réelles de salaires depuis plus de 11 ans !», s'indigne Serge Aymon, responsable du secteur construction pour Unia Valais.

«Ils considèrent que nous n'avons pas été assez généreux, mais ils n'ont pas voulu de notre générosité.» Marcel Delasoie, directeur de la FREPP

Pour Marcel Delasoie, directeur de la FREPP, ce qu'avance Unia Valais est totalement faux. «Nous avons toujours signé une convention collective de travail avec une compensation totale du renchérissement durant ces 10 dernières années. Et nous l'avons octroyé à chaque fois qu'il était nécessaire de le faire, à chaque mouvement de l'indice.»
De plus, Marcel Delasoie indique que la fédération avait proposé une augmentation de 3%, dont 1% de salaire fixe et 2% de salaire au mérite. «Mais les syndicats n'ont pas accepté. Nous avons donc négocié une hausse généralisée de 1,5%.»

Manque de mobilisation

Unia Valais rappelle le contexte actuel de boom économique, de plein emploi, de pénurie de personnel et d'inflation importante. Pour le syndicat, les salariés des métiers du bâtiment auraient mérité des revalorisation salariales beaucoup plus importantes. Selon Blaise Carron, secrétaire régional d'Unia Valais, ils ne se mobilisent pas suffisamment. «Il n'y a pas encore une tradition de mobilisation dans ce canton. Et on doit faire le constat que pour avoir des augmentations, il faut passer par la mobilisation.»

«Pour avoir des augmentations de salaire, il faut passer par la mobilisation.» Blaise Carron, secrétaire régional Unia Valais

«C'est donc notre travail de sensibiliser les salariés à la nécessité de se mobiliser pour obtenir ce à quoi ils ont droit : au minimum le renchérissement et des augmentations réelles de salaire», conclut Blaise Carron.

Afin que l’histoire ne se répète pas, Unia appelle déjà l’ensemble de salariés du canton à se mobiliser cet automne, pour que les négociations salariales pour 2024 leur soient plus profitables et leur travail mieux reconnu.

Blaise Carron, secrétaire régional, et Serge Aymon, responsable du secteur construction d'Unia Valais.

Râpe d'or

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