Une Super League à douze équipes? L'avis de nos consultants

FC Sion ©Keystone-ATS
Football
Justin Grept
Responsable des sports

Une réforme totale du championnat de Super League est proposée aux vingt clubs de la Swiss Football League. Il pourrait y avoir douze équipes dans l'élite dès la saison 2023/2024.

Douze équipes en Super League et une saison conclue par des play-off ? C’est ce que propose la Swiss Football League (SFL) pour la saison 2023-2024. Deux votes distincts auront lieu en ce sens vendredi. 

Le passage à 12 formations dans l’élite est un vieux serpent de mer. Les 20 clubs concernés avaient refusé une telle proposition en avril 2020. Aujourd’hui, le contexte semble plus favorable. L’élargissement fait en tout cas l’unanimité auprès de nos consultants. A commencer par l’ancien joueur du FC Sion et du Servette FC Johann Lonfat. «Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y a de la lassitude, mais jouer quatre fois contre la même équipe en une saison, c’est certainement trop. Après, il faut aussi avoir une réserve suffisante d’équipes. En Suisse, on ne peut pas jouer avec seize ou dix-huit formations dans l’élite. Pour moi, douze est le juste milieu.»

«Aujourd’hui, le salaire moyen d’un joueur de Super League peut être assumé par beaucoup de clubs, notamment de Challenge League.» Alain Geiger, entraineur du Servette FC 

Un championnat de Super League à douze, chiffre idéal pour Johann Lonfat. Pas pour l’entraineur du Servette FC Alain Geiger. «J’en mettrai encore davantage ! Aujourd’hui, le salaire moyen d’un joueur de Super League peut être assumé par beaucoup de clubs, notamment de Challenge League. Thoune, Neuchâtel, Schaffouse ou Lausanne peuvent prétendre à la première division.»

L’influence de Bâle, YB et Zurich

Et le technicien valaisan de s’interroger sur les chances de succès de cette votation. «Les équipes du triangle d’or que sont Bâle, Zurich et YB ont beaucoup d’influence. Eux ne veulent même pas une ligue à douze. Il y aura des débats autour de cela. Augmenter le nombre d’équipes dans l’élite pourrait par exemple faciliter le lancement des jeunes joueurs. Une compétition à dix comme celle qu’on joue aujourd’hui ne nous donne pas assez de possibilité de le faire.» 

«Le mode de définition du champion, avec une confrontation sur trois matches entre les deux premiers du classement, n’est pas correct.» Christophe Moulin, ancien coach du FC Sion

Christophe Moulin imagine également que l’augmentation du nombre de clubs dans l’élite pourrait être bénéfique à la formation. Par contre, l’ancien coach du FC Sion n’imagine pas la formule des play-off passer le cut. «Le mode de définition du champion, avec une confrontation sur trois matches entre les deux premiers du classement, n’est pas correct. Prenez la situation de cette saison: Zurich avait pratiquement vingt points d’avance sur le deuxième, mais tout est remis à zéro et se joue sur trois rencontres. Je ne pense pas que les équipes de haut de classement soient d’accord avec cette formule.» L’entraineur martignerain met le doigt sur ce qui lui apparait comme le gros défaut de cette proposition. 

Une «usine à gaz» 

«Les autres modus operandi peuvent passer. C’est un peu l’usine à gaz, mais le but est de garder de l’intérêt jusqu’au bout. Et ça fonctionne.» Une formule qui, dans les grandes lignes, propose qu’après une première phase aller-retour de 22 matches, le classement soit séparé en deux groupes de six équipes. Comme expliqué par Christophe Moulin, le titre se jouerait donc entre les deux premiers dans une série au meilleur des trois matches. Huit formations s’affronteraient pour une place européenne dans un format de coupe avec quart, demi et finale. Enfin, le 12e serait relégué alors que le 11e disputerait un barrage contre le 2ème de Challenge League. Les votes relatifs à ses réformes auront lieu vendredi, lors de l’assemblée générale extraordinaire de la Swiss Football League. Elle réunira les dix clubs de Super League et les dix de Challenge League.

A 12, un niveau identique et une chance pour la formation suisse
Deux votes distincts seront organisés. Le premier aura trait à l’augmentation du nombre d’équipe de 10 à 12. Le second sur la formule, avec des play-off en fin de saison. Si le passage à 12 devait être validé, deux clubs de Challenge League, la deuxième division, seraient promus. Mais cela pourrait-il faire baisser le niveau global de la Super League ? Non rétorque, l’ancien joueur du FC Sion et du Servette FC Johann Lonfat.
«Plusieurs clubs de Challenge League ont des infrastructures et un niveau pour jouer dans l’élite»
JG
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