Une frappe russe tue 60 civils dans l'est de l'Ukraine

Volodymyr Zelensky a participé en ligne à une réunion du G7 (archives). ©KEYSTONE/EPA/UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE HANDOUT
Ukraine
Keystone-ATS
Keystone-ATS

Au moins 60 personnes ont péri dans le bombardement russe d'une école dans l'est de l'Ukraine, a déclaré dimanche soir le président ukrainien. Il a accusé la Russie d'avoir oublié tout ce qui était important pour les vainqueurs de la seconde guerre mondiale.

A la veille des commémorations en Russie du 9 mai célébrant la victoire sur l'Allemagne nazie, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fustigé dans un message vidéo "de violents bombardements" dans plusieurs régions ukrainiennes, dont un ayant entraîné la mort de 60 personnes dans une école de l'est, "comme si ce n'était pas le 8 mai aujourd'hui, comme si demain n'était pas le 9, alors que le maître mot devrait être la paix pour tous les gens normaux".

"L'Ukraine et le monde libre s'en souviendront", a-t-il lancé. Lundi, le traditionnel défilé militaire du 9 mai se tiendra à Moscou sur la place Rouge, l'occasion pour la Russie d'une démonstration de force en pleine invasion en Ukraine.

ONU horrifiée

"L'armée russe ne serait pas elle-même si elle ne tuait pas", a encore accusé M. Zelensky dans son message vidéo au moment d'évoquer les "60 personnes tuées" dans une frappe samedi sur une école de Bilogorivka, dans la région de Lougansk. Ces civils "essayaient de trouver refuge dans le bâtiment d'une école ordinaire, qui a été visée par une frappe aérienne russe".

Le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï, a fourni le même bilan à la télévision en langue russe Current Time TV. Dimanche matin, il avait expliqué qu'"il y avait au total 90 personnes" sur place au moment de la frappe. "27 ont été sauvées", avait-il ajouté, précisant que la température avait été très élevée après l'explosion qui a "complètement soufflé" l'école.

Le secrétaire général de l'ONU António Guterres s'est dit "horrifié" par le bombardement, selon son porte-parole.

Le même jour, la première dame des Etats-Unis Jill Biden a rencontré son homologue ukrainienne Olena Zelenska dans une école en Ukraine près de la frontière avec la Slovaquie, où elle se trouvait cette semaine.

"Crimes de guerre odieux"

Autres visites surprises, celle du premier ministre canadien Justin Trudeau à Irpin, une localité de la banlieue de Kiev dévastée par les combats, et de la présidente du Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand, Bärbel Bas, également près de la capitale ukrainienne, à Boutcha, théâtre d'atrocités sur des civils.

Le président russe "Vladimir Poutine est responsable de ces crimes de guerre odieux" et "il devra rendre des comptes", a affirmé M. Trudeau.

Le G7, dont son pays fait partie, a décidé dimanche de se sevrer "progressivement" du pétrole russe. Cette décision "va porter un coup dur à la principale artère irriguant l'économie de Poutine et le priver des revenus dont il a besoin pour financer sa guerre", a annoncé la Maison-Blanche.

Au niveau de l'Union européenne, des négociations se poursuivront en début de semaine entre Etats membres pour lever les obstacles au projet d'embargo européen sur le pétrole russe, freiné par la Hongrie.

Exclu de se rendre

A Marioupol, port du Sud-Est ukrainien quasi entièrement sous contrôle russe, les militaires ukrainiens qui résistent toujours dans l'immense aciérie Azovstal ont exclu de se rendre. "Capituler n'est pas une option, car notre vie n'intéresse pas la Russie. Nous laisser en vie ne lui importe pas", a déclaré Ilya Samoïlenko, un officier du renseignement.

"L'ennemi ne cesse pas ses opérations offensives [...] afin d'établir un contrôle total sur les régions de Donetsk, de Lougansk et de Kherson et de maintenir le couloir terrestre entre ces territoires et la Crimée occupée" par la Russie depuis 2014, a averti l'état-major de l'armée ukrainienne.

Il a précisé que dans la région de Donetsk, les troupes russes avaient poursuivi leurs attaques autour de Lyman, Popasniansky, Severodonetsk et Avdiivka. "Rien qu'à Severodonetsk, il y a eu des dizaines de frappes et un hôpital a aussi été touché", a souligné le gouverneur de la région de Lougansk.

La ville de Popasna est désormais en ruine et les militaires ukrainiens s'en sont retirés pour occuper de "meilleures positions", selon la même source.

Côté russe, le ministère de la défense a revendiqué dimanche la destruction du "poste de commandement d'une brigade mécanisée" ukrainienne, dans la région de Kharkiv (nord-est), de même que du "centre de communications de l'aérodrome militaire de Chervonoglinskoye", dans le sud-ouest.

ATS
Les articles les plus lus