Une formation inédite sur le harcèlement sexuel au travail

Harcèlement sexuel au travail
Entreprises
Nathalie Terrettaz
Journaliste RP

Prévenir le harcèlement sexuel au travail : c’était le but visé par une formation, donnée ce lundi à Sion. Dans notre canton, les experts constatent encore trop de non-dits sur le terrain. Le harcèlement sexuel est souvent passé sous silence au sein des entreprises.

Le harcèlement sexuel en entreprise était au cœur des discussions ce lundi à Sion.

Importance de la prévention

Des spécialistes du droit du travail et du traitement des discriminations ont présenté cet après-midi les aspects juridiques du problème, et rappelé qu’il est punissable par la loi. Les enjeux en lien avec le harcèlement sexuel, ainsi que ses répercussions sur le personnel ont également été abordés dans le cadre de cette formation destinée aux entreprises. Pour Caroline Dayer, experte en prévention des violences et discriminations, la crainte des représailles est le facteur premier qui fait que les victimes ont peur de parler. «Ce qui va faire foi, c'est vraiment dans quelle mesure l'entreprise aura fait de la prévention et mis en place un dispositif qui est adéquat. Cela va donc énormément dépendre de l'infrastructure dans laquelle on se retrouve, et pour l'instant c'est très disparate», constate Caroline Dayer.

«La crainte des représailles est le facteur premier qui fait que les victimes ont peur de parler.» Caroline Dayer, experte en prévention des violences et discriminations

«On ne peut pas demander au personnel d'avoir un comportement adéquat, si la direction elle-même ne le fait pas. Donc on voit que les disparités sont vraiment sur l'articulation entre prévention et intervention.» Caroline Dayer souligne l'importance d'une prévention de qualité. «Et l'autre point fondamental, c'est le traitement des situations. Est-ce que c'est les personnes victimes qui doivent partir en arrêt maladie, ou être déplacées. Ou est-ce que c'est au contraires les personnes qui sont problématiques qui auront des conséquences de leurs actes.» Caroline Dayer rappelle également l'importance pour les témoins de harcèlement sexuel de clairement signifier leur désaccord, afin de venir en aide aux victimes.

«Ce que je constate sur le terrain, c'est qu'on en parle beaucoup plus», Caroline Dayer

Encore trop de non-dits

Ludovic Bruchez est président de HR Valais, l’association faîtière des ressources humaines pour le Valais. Il est intervenu dans de nombreuses entreprises du canton pour aborder la question du harcèlement sexuel au travail. Son constat : sur le terrain, encore beaucoup de non-dits. «Aujourd'hui, les gens ont encore beaucoup de peine à s'ouvrir aux autres, à expliquer ce qu'ils subissent au quotidien. Dans la tête des personnes, ce qui est considéré comme du harcèlement sexuel est encore normal, et c'est trop normal. Je pense qu'il y a des habitudes, de très mauvaises habitudes, qui ont été prises depuis des années et les gens ont pris cela comme des acquis.»

«Des mots déplacés, des personnes qui touchent les épaules: ces choses ne devraient pas exister dans le monde de l'entreprise.» Ludovic Bruchez, président de HR-Valais

«Des mots déplacés, même des personnes qui touchent les épaules: des choses qui ne devraient pas exister dans le monde de l'entreprise. Et cela fait tellement longtemps que c'est fait, que même les gens disent "bon ce n'est pas forcément voulu à mal". C'est pourtant mal perçu et les victimes n'osent pas parler.»

«En Valais, le risque c'est d'être "grillé" dans d'autres entreprises, car tout le monde se connaît», Ludovic Bruchez

Un kit de prévention du harcèlement sexuel au travail, édité par la Conférence suisse des délégués à l’égalité (CSDE), a été présenté lors de cette formation. Ce kit, disponible gratuitement, est conçu pour offrir des outils clef en main adaptés aux réalités des entreprises.

NT

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