Un fonds valaisan pour indemniser les victimes de la vaccination contre le Covid-19 ?

Un postulat valaisan demande la mise sur pied d'un fonds d'indemnisation pour les victimes des vaccins contre le Covid-19. ©Keystone/DPA/WOLFGANG KUMM
Grand Conseil
Didier Morard
Journaliste

Le Valais se dotera-t-il d'un fonds d'indemnisation pour les victimes des vaccins contre le Covid-19 ? Quatre députés ont déposé une motion au Grand Conseil en ce sens.

Des députés valaisans veulent s'inspirer de Bruxelles. Quatre élus au Grand Conseil – deux verts (Frédéric Carron et Christine Pustel) et deux UDC (Pierre Contat et Cynthia Trombert) – proposent comme dans l'Union européenne de créer un fonds d'indemnisation pour les victimes des vaccins contre le Covid-19. Concrètement, le texte - que s'est procuré Rhône fm - demande à l'Exécutif cantonal de mettre par prévision de l'argent de côté pour indemniser ceux qui ont subi des AVC, des thromboses ou des effets neurologiques graves à la suite de la vaccination.

"En Suisse, le fédéralisme fait que les cantons auront une responsabilité."Pierre Contat, député UDC

"Au niveau mondial, les effets secondaires commencent à être répertoriés et forcément les victimes, qui auront leur vie brisée, vont demander un dédommagement à l'Etat", s'inquiète Frédéric Carron, député écologiste. Les motionnaires – à l'image de l'UDC Pierre Contat – accusent les fabricants des vaccins de "s'être déchargés de toute responsabilité" quant aux effets négatifs de leur produit. Et le Montheysan de souligner qu'au final les pays devront payer la facture : "En Suisse, le fédéralisme fait que les cantons auront une responsabilité."

Pour le financement de ce fonds d'indemnisation, les motionnaires proposent de l'alimenter avec les bénéfices redistribués par la Banque nationale suisse ou les autres revenus exceptionnels attribués au canton. "On pourrait imaginer que dans la péréquation financière, une partie soit dédiée à l'indemnisation des victimes des vaccins contre le Covid. Le problème est national mais il se répercute sur les cantons", indique Pierre Contat.

Le consentement suffisamment éclairé

Pour comptabiliser le nombre de personnes concernées par les conséquences du vaccin, une seconde intervention parlementaire a été déposée par les mêmes députés. Le postulat demande la mise en place d'une pharmacovigilance. " C'est un observatoire cantonal, qui doit tenir un registre des effets secondaires. Cette statistique permettra d'anticiper les éventuelles indemnisations", précise Pierre Contat. Autre volet du postulat : une meilleure information juste avant l'injection sur les effets graves de la vaccination.

"Il ne suffit pas de dire aux gens qu'il y a quelques effets secondaires légers."Pierre Contat, député UDC

"Une jurisprudence dit qu'il faut un consentement suffisamment éclairé. Il ne suffit pas de dire aux gens qu'il y a quelques effets secondaires légers. Les vaccinations se font à toute vitesse, toutes les deux minutes et sans explications d'un médecin", s'insurge Pierre Contat.

Le caractère urgent de ce postulat n'a pas été retenu par le Bureau du Grand Conseil. En conséquence, le texte sera traité par voie normale au plus tôt au printemps 2022, voire au-delà.

Thèses d'antivax ?

Co-auteur de la motion, le député Vert Frédéric Carron s'est fait connaître notamment pendant cette crise pour avoir participé à une manifestation anti-Covid à Sion. Alors doit-on voir dans cette intervention parlementaire, une ultime proposition d'antivax (anti-vaccins) ? " Je ne suis pas antivax mais pour la liberté. Le Conseil fédéral nous a trompés en disant que le choix de la vaccination serait libre. Finalement des pressions sont mises les unes derrière les autres pour nous pousser à la vaccination", regrette Frédéric Carron. L'UDC Pierre Contat abonde : "J'ai toujours fait tous mes vaccins mais ceux contre le Covid sont toujours en phase de test et je ne peux pas accepter que l'on fasse un test mondial."

"Le Conseil fédéral nous a trompés en disant que le choix de la vaccination serait libre."Frédéric Carron, député – les Verts

La motion sur le fonds d'indemnisation sera aussi vraisemblablement traitée le printemps prochain. " Avoir le choix est un droit constitutionnel. J'espère qu'il va y avoir un réveil au Grand Conseil", conclut Pierre Contat.

DM