Un convoi permet à 50 civils de quitter l'aciérie d'Azovstal

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé vendredi que la ville de Marioupol était "complètement détruite" et qu'il ne restait rien à prendre pour la Russie à part son aciérie. ©KEYSTONE/AP/Alexei Alexandrov
Ukraine
Keystone-ATS
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Le Conseil de sécurité de l'ONU a apporté à l'unanimité vendredi son "ferme soutien" à "la recherche d'une solution pacifique" en Ukraine. Sur le terrain, 50 civils supplémentaires ont été évacués de Marioupol, une cité portuaire assiégée.

Dans la déclaration rédigée par la Norvège et le Mexique qu'il a adoptée, le Conseil de sécurité, dont la Russie est membre permanent, rappelle que "tous les Etats membres se sont engagés, en vertu de la Charte des Nations unies, à l'obligation de régler leurs différends internationaux par des moyens pacifiques".

Vendredi également, cinquante civils de plus ont pu quitter grâce à un nouveau convoi l'immense aciérie Azovstal, la dernière poche de résistance des forces ukrainiennes à Marioupol, ont annoncé la vice-Première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk, et le ministère russe de la Défense. Il s'agit de femmes, d'enfants et de personnes âgées, a-t-elle précisé, ajoutant que les évacuations se poursuivraient samedi, ce qu'a par la suite confirmé Moscou.

Ces opérations, qui se déroulent sous l'égide de l'ONU et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ont commencé le week-end dernier et ont permis, selon Kiev, à près de 500 civils de fuir.

Informations contradictoires

Les informations sur la situation dans cette aciérie, où vivent retranchés dans d'immenses galeries souterraines civils et combattants, sont restées néanmoins contradictoires toute la journée.

Vendredi matin, le ministère ukrainien de la Défense a assuré que les forces russes avaient, "dans certaines zones, avec le soutien de l'aviation, repris les opérations visant à prendre le contrôle de l'usine".

Le régiment Azov, qui défend ces installations, a accusé le même jour les forces russes d'avoir visé "avec un missile guidé antichar" une de ses voitures impliquées dans l'opération d'évacuation de civils, tuant un soldat et faisant six blessés.

Le président russe Vladimir Poutine a de son côté affirmé jeudi soir que "l'armée russe était toujours prête à assurer l'évacuation des civils" d'Azovstal, qui pourraient être encore au nombre de 200, piégés avec les combattants ukrainiens dans ce complexe.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a quant à lui assuré que l'armée russe respectait le cessez-le-feu autour de l'usine et que des couloirs humanitaires y "fonctionnaient". Ce que les militaires ukrainiens sur place ont démenti.

Victoire importante

La prise totale de Marioupol, une cité portuaire de près de 500'000 habitants avant-guerre dévastée par deux mois de siège et de bombardements russes, serait une victoire importante pour la Russie. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé que la ville était "complètement détruite" et qu'il ne restait rien à prendre pour la Russie à part son aciérie.

Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, Moscou n'a pu revendiquer le contrôle total que d'une ville d'importance, celle de Kherson. Celle-ci est située dans le sud, où, a lancé un haut responsable parlementaire russe, Andreï Tourtchak, la Russie restera "pour toujours".

Dans l'est, Severodonetsk, l'une des principales cités du Donbass encore contrôlées par les Ukrainiens, est pour sa part "quasiment encerclée" par les forces russes et les séparatistes, a déclaré vendredi son maire.

La Russie freinée

Moscou a reconnu jeudi que le soutien occidental avait freiné l'"opération militaire spéciale" russe déclenchée le 24 février. Le New York Times a écrit que les renseignements fournis par Washington à Kiev avaient permis de cibler plusieurs généraux russes. Des informations démenties jeudi par le Pentagone.

Ce soutien apporté par les Occidentaux n'est cependant "pas en mesure d'empêcher" la Russie d'atteindre ses "objectifs" en Ukraine, a indiqué M. Peskov. Depuis 10 semaines, l'opération militaire a fait des milliers de morts et poussé à l'exil plus de cinq millions d'Ukrainiens.

Parallèlement, 41 personnes, dont onze femmes, ont été libérées dans le cadre d'un nouvel échange de prisonniers avec la Russie, a révélé Kiev vendredi, sans donner le nombre des Russes remis à leur pays.

Importations parallèles

Sur le front des sanctions occidentales, la Hongrie bloquait toujours vendredi le projet d'embargo européen sur l'importation de pétrole russe. De difficiles négociations étaient en cours entre les 27 Etats membres de l'UE pour trouver un accord ce week-end, ont dit à l'AFP plusieurs sources diplomatiques.

La Russie a de son côté rendu publique vendredi une liste d'une centaine de catégories de marchandises dont l'importation sans l'accord des détenteurs de la propriété intellectuelle est autorisée afin de contourner les restrictions décidées depuis le début de son intervention militaire.

ATS