Ukraine: la Suisse et l'Autriche appellent à la désescalade

Le chancelier autrichien Karl Nehammer a été reçu avec les honneurs militaires par le président de la Confédération Ignazio Cassis. ©KEYSTONE/ALESSANDRO DELLA VALLE
Suisse - Autr..
Keystone-ATS
Keystone-ATS

En tant qu'Etats neutres, la Suisse et l'Autriche appellent à la désescalade dans le conflit ukrainien. Le chancelier autrichien Karl Nehammer a été reçu lundi à Zofingue (AG) avec les honneurs militaires par le président de la Confédération Ignazio Cassis.

Après la cérémonie officielle, les entretiens et un déjeuner ont eu lieu à l'hôtel de ville. Concernant la situation en Europe de l'Est, le dialogue entre la Russie et l'Ukraine est important, les conflits ne doivent pas être résolus via la violence, a indiqué M. Nehammer lors d'une conférence de presse commune avec M. Cassis. Il s'agit d'un conflit européen et il faut empêcher de la violence aux frontières.

Il faut parler avec l'Ukraine et non de l'Ukraine, a dit pour sa part le président de la Confédération. Une médiation n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour. Mais "nous proposons bien sûr nos bons offices", a-t-il ajouté. Et d'insister sur la voie diplomatique, notamment via l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Lors des entretiens, les relations entre la Suisse et l'Union européenne ont aussi été évoquées. "Nous sommes aux côtés de la Suisse pour bâtir un pont avec l'Union européenne", a déclaré Karl Nehammer. "Il est important de sérieusement reprendre langue afin de trouver une nouvelle solution." Il est question de sortir de l'impasse après l'abandon de l'accord-cadre.

Berne est un "partenaire géostratégique" important, a-t-il encore exposé. Il faut éviter que la Suisse ne doive se tourner au-delà de l'Europe. Le chancelier autrichien a également fait référence au programme de recherche Horizon. "La Suisse ne doit pas être perdue en tant que pôle de recherche."

Accord de réadmission

La ministre de justice et police Karin Keller-Sutter était également présente lors de la cérémonie officielle et des entretiens. La réforme des systèmes de Schengen et de Dublin ainsi que la coopération bilatérale dans les domaines de la migration et de la sécurité ont été abordées.

Il a surtout été question de la modernisation de l'accord de réadmission, en vigueur depuis 2001. Les travaux sont en cours depuis 2019.

Les autorités ont dans le viseur l'arrivée illégale de milliers de réfugiés à Buchs (SG), en train en provenance d'Autriche, pour la plupart de jeunes Afghans souhaitant aller en France. La majorité d'entre eux ont déposé une demande d'asile en Autriche. En raison de la longueur des procédures et du manque de possibilités de détention, presque tous disparaissent toutefois avant d'avoir pu y être renvoyés.

Une conférence à ce sujet aura lieu dans quelques jours, a précisé M. Cassis. Les retours doivent être faits plus rapidement et efficacement, a complété M. Nehammer.

Soutien mutuel

D'autres sujets ont également été sur la table, comme la lutte contre la pandémie. Il a aussi été question d'approfondissement des relations bilatérales, notamment par la mise en oeuvre d'un partenariat stratégique entre les deux pays, selon un communiqué du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Ce partenariat vise à accroître les échanges politiques sur les Balkans occidentaux et sur la mise en oeuvre de l'Agenda 2030. Il vise aussi un soutien mutuel en matière consulaire dans des pays tiers.

Appel à manifester

Lors de la réception officielle au coeur de la vieille ville de Zofingue, la musique militaire a joué les hymnes nationaux des deux pays. La population n'a toutefois pas pu assister à la cérémonie. Des "indices sérieux" laissaient penser que la visite officielle du chancelier autrichien pourrait être perturbée, avaient annoncé les autorités de la ville de Zofingue.

Sur les réseaux sociaux, les opposants aux mesures contre le coronavirus avaient appelé à protester lors de la visite du chancelier. En Autriche, la vaccination contre le Covid-19 est obligatoire depuis le début du mois de février.

La place où s'est déroulée la réception de Karl Nehammer a été bouclée par la police et les forces de sécurité. Dans la vieille ville, des contrôles d'identité ont été effectués, mais aucun opposant aux mesures contre le coronavirus n'a été repéré.

Diversité de la Suisse

Pour le chancelier autrichien, cette visite en Suisse était son premier voyage à l'étranger depuis qu'il est entré en fonction le 6 décembre. Karl Nehammer et Ignazio Cassis avaient prévu de se rencontrer à Vienne en janvier, mais cela n'a pas été possible, car le chancelier a été infecté par le coronavirus.

L'accueil à Zofingue marque le début des visites officielles d'hôtes étrangers prévues cette année. Elles auront lieu dans différents lieux de la Suisse, a précisé le DFAE.

Ignazio Cassis souhaite faire connaître la diversité de la Suisse à ses hôtes tout en faisant vivre la politique étrangère dans tout le pays. La ville de Zofingue et le canton d'Argovie sont liés à l'Autriche par une histoire qui remonte loin.

ATS
Catégories
album_image
En ce moment
LibreANGELE