UAPE: des formations pour bannir les stéréotypes de genre dès l'enfance

crèche - image d'illustration ©Keystone-ATS
Education
Oriane Binggeli
Journaliste RP

Camions, poupées, agencement des espaces de jeux ou discours de l'éducateur. Les stéréotypes de genre s’installent dès la plus tendre enfance. Pour en sortir, l’office valaisan de l’égalité et de la famille veut former le personnel des UAPE.

Camions de pompiers. Poupée. Espace dinette ou espace garage. Jusque dans les crèches, les stéréotypes de genre ont la dent dure. Et l’office valaisan de l’égalité et de la famille entend faire sa part pour changer la donne. Il poursuit son programme de sensibilisation à destination du personnel de l’enfance et propose une formation. Deux journées sont prévues les 9 et 24 novembre à Sion, avec l’appui du 2e observatoire, institut romand de recherche et formation sur les rapports entre hommes et femmes. Un projet qui fait suite à la publication de la brochure "La poupée de Thimothée et le camion de Lison". 

Entre jeu et attitude

De leur rapport à l’enfant à l’organisation et l’agencement de la structure, les aspects à aborder et corriger au sein des UAPE peuvent être multiples. "A cet âge-là, ça tourne beaucoup autour du jeu, reconnait Isabelle Darbellay-Métrailler, cheffe du service cantonal de l’égalité et de la famille. On trouve d'ailleurs de moins en moins d'espaces scindés en deux entre le garage et la dinette. Mais il y a aussi l'attitude ou le discours de l'éducateur qui peut être important. Suite à un cours que nous avions déjà donné, une éducatrice m'a avoué qu'elle ne s'était jamais rendue compte qu'elle demandait toujours aux filles de ranger les jeux dans leur boites et non aux garçons." 

"Bannir ces stéréotypes dès l'enfance est la meilleure des préventions contre les phénomènes du harcèlement ou l'inégalité au travail."

Une éducation sur le long terme

Par la suite les éducateurs et éducatrices sont aussi à même de créer un relais avec les parents et ainsi poursuivre se travail de sensibilisation jusque dans la sphère familiale. Pour Isabelle Darbellay-Métrailler, ce genre de projet peut avoir un impact très positif sur le reste de la vie d’un enfant et son évolution dans la société. "En arrivant à s'élever en-dessus de ces clichés, on ouvre d'une part les horizons professionnels. Mais assoir l'égalité est aussi le meilleur moyen pour prévenir les phénomènes comme le harcèlement sexuel au travail ou le harcèlement de rue." 

A noter que dans le cadre de ce programme développé par le canton, trente personnes entre du Valais romand ont déjà suivi une formation pour une approche non stéréotypée de l'éducation, et seize personnes dans le Haut-Valais. Isabelle Darbellay-Métrailler précise que les inscriptions pour ces deux journées de formations en novembre sont encore ouvertes.

Oriane Binggeli
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