Tenu en échec par Servette, le FC Sion peut nourrir des regrets

Christophe Moreillon
Journaliste sportif RP

Pour son deuxième match à domicile en l’espace de six jours, le FC Sion a dû se contenter d’un point ce samedi. Bien que dominateurs, les Valaisans ne sont pas parvenus à prendre la mesure de Servette dans le premier derby du Rhône de l'exercice. Score final nul et vierge (0-0).

Six jours après y avoir concédé sa première défaite de la saison devant Young Boys, le FC Sion retrouvait Tourbillon ce samedi. Au menu: la réception du Servette FC à l’occasion du premier derby du Rhône de la saison. Devant 8'200 spectateurs, les Valaisans se sont montrés entreprenants, dominateurs même en seconde période. Malheureusement pour eux, ils ne sont jamais parvenus à faire sauter le verrou adverse et doivent donc se contenter d’un point (0-0).

«Au vu du contenu des nonante minutes, la victoire n’aurait pas été volée.»Dimitri Cavaré

«C’est frustrant», pestait à l’issue de la rencontre le défenseur sédunois Dimitri Cavaré. «Au vu du contenu des nonante minutes, on méritait plus. La victoire n’aurait pas été volée.» Déçu, le Guadelopéen tenait tout même à relever la réaction de son équipe après le revers subi face aux Bernois. «La semaine dernière, on prend trois buts bêtes. Aujourd’hui, on préserve notre cage inviolée. Ça nous rassure.»

Le choix: Baltazar en latéral gauche

À l’occasion de ce duel avec les Grenat – qui coïncidait aussi avec son 52ème anniversaire – l’entraîneur Paolo Tramezzani avait choisi de procéder à une double nouveauté au niveau de sa composition: un nouveau joueur et un nouveau système. Dans le 4-3-3 qui remplaçait le 4-4-2 en losange des deux premières sorties, Bua prenait numériquement la place de Iapichino. Conséquence: c’est le polyvalent Baltazar qui se retrouvait dans une position peu ordinaire de latéral gauche. «Il faut saluer sa performance, ce d’autant qu’il avait face à lui Stevanovic, le meilleur passeur du dernier championnat», relève Numa Lavanchy, son homologue du couloir droit. «Je lui ai dit de bien rester dans cette ligne de quatre car face à Servette, tu peux vite être puni en contre si tu leur laisses des espaces.»

«On a fait des corrections à la pause. Il fallait plus passer par les côtés pour les mettre en danger.»Numa Lavanchy

Appliqués et sérieux, les Valaisans ont d’abord fait jeu égal avec leur adversaire dans une première mi-temps qui a vu la latte de Pflücke (19ème) répondre à un duel manqué par Bua face à Frick (7ème). Ils ont ensuite pris l’ascendant au retour des vestiaires, se procurant plusieurs occasions franches et gardant davantage le ballon entre les pieds que les Servettiens. «On était déjà bien en place en première période mais on a fait quelques corrections à la pause», explique encore Numa Lavanchy. «Ce qui nous a fait défaut lors des 45 premières minutes, c’est que l’on ne parvenait jamais à créer le surnombre. En deuxième mi-temps, on est donc plus passés par les côtés et on a pu créer des situations de 3 contre 2. C’est comme ça qu’on les a mis en danger.»

Un penalty accordé...puis refusé

Les événements se sont accélérés aux environs du dernier quart d’heure du temps réglementaire. Araz commençait par tenter une volée instantanée qui obligeait le portier Frick à la parade (72ème). Sur le corner qui suivait, Saintini s’essayait au retourné acrobatique: nouvel arrêt du dernier rempart genevois. Puis est arrivé ce que l’on peut qualifier de tournant du match. Entré en jeu quelques minutes plus tôt, Chouaref est taclé dans la surface par Steve Rouiller (77ème). L’arbitre indique logiquement le point de penalty…avant de se rétracter pour une faute de Poha au départ de l’action et signalée par la VAR. «Je n’ai pas envie de dire n’importe quoi», commente Numa Lavanchy. «Il donne cette faute sur un duel, il sanctionne Araz sur l’action suivante alors qu’on voit qu’il prend le ballon…Bref, j’espère juste que l’arbitrage tourne un peu plus en notre faveur dans la suite de la saison.»

«Il nous a manqué de la justesse technique, de la chance et un peu plus de lucidité.»Dimitri Cavaré

Les Sédunois ont bien tenté d’utiliser la frustration née de ces différentes situations arbitrales pour aller chercher le but de la victoire, ils ont poussé jusque dans les dernières minutes. En vain. Mal chronique, le dernier geste a souvent pêché dans les rangs valaisans. «Il nous a manqué de la justesse technique, de la chance et un peu plus de lucidité», reconnaît Dimitri Cavaré. «Ma devise, c’est que tout passe par le travail. Corriger ces points également. À nous de le faire d’ici au week-end prochain.»

Une progression qui se poursuit

Pour sa part, Numa Lavanchy l’affirme: le FC Sion a fait un «step» en plus dans sa progression de ce début de saison. «Aujourd’hui, je pense qu’on peut dire que tout le groupe a fait un gros match. Personne n’a triché et c’est la voie à suivre à l’avenir.» Le Vaudois qui découvrait ce samedi le derby du Rhône entre Valaisans et Genevois. «Franchement, c’est cool. L’ambiance est magnifique dans ce stade. Dès mon premier jour ici, je l’ai dit: il suffit de peu pour créer une étincelle. On est peut-être qu’au début de la saison, on n’a joué que trois matches mais je sens que si l’on est dans la bonne dynamique, on peut faire quelque chose d’intéressant dans ce championnat.»

Prochain rendez-vous pour le FC Sion dimanche prochain au Letzigrund. Les Sédunois défieront Zurich à 14h15. Un champion de Suisse en crise qui ne compte qu’un point et aucun but marqué après trois journées et sa défaite 2-0 à Saint-Gall samedi.

CM
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