Sion : une pétition pour dénoncer l'abattage d'arbres en centre-ville

Avant-Après à la rue des Creusets à Sion ©Christophe Imsand
Environnement
Thomas Schurch
Journaliste RP

La ville de Sion est-elle la "capitale des arbres en péril" ? Une pétition lancée par des citoyens dénonce l'abattage le mois dernier d'un groupe d'arbres en centre-ville. Ces habitants interpellent les autorités. Elles répondent sur Rhône FM.

C'était un groupe d'arbres en plein coeur de la capitale valaisanne. On y trouvait des bouleaux, des buissons, une haie vive, des micocouliers et un plaqueminier. Sans oublier le cèdre bleu de l'atlas centenaire et deux grands pins sylvestres. Il était situé à la rue des Creusets.

Les arbres de la rue des Creusets, avant

Tout a disparu, rasé en décembre 2021 par les autorités de la ville de Sion. Un choc pour Christophe Imsand, résident du quartier. Début janvier, il lance une pétition intitulée "Sion, capitale des arbres en péril!". En quelques jours, des centaines de personnes signent le document, près de 700 paraphes ce dimanche soir.

Derrière cet abattage, un projet immobilier ?

Cette pétition demande aux autorités de la ville de "réparer les dommages commis" et de préserver les espaces de verdure encore présents en ville."Ces arbres ne menaçaient personne", déclare Christophe Imsand. "Ils étaient en pleine santé, robustes. Il n'y avait pas de nécessité de les abattre". Comment dès lors expliquer cette décision ? "Je pense qu'il y a un projet immobilier derrière tout ça." Ecoutez-le

"Ces arbres gênaient le projet immobilier"

"Se battre pour que cela ne se reproduise pas" Christophe Imsand

Aujourd'hui si Christophe Imsand lance cette pétition, c'est avant tout dit-il, pour sauver les zones encore préservées. "Il y a des quartiers incroyables dans cette ville. Je demande aux autorités de prendre conscience du magnifique patrimoine qui existe encore à Sion. Il faut le préserver"

Christophe Imsand veut mobiliser les citoyens

 

Cet abattage de la rue des Creusets suscite du remous dans la capitale valaisanne. Le politique s'en est mêle. Marlyne Andrey-Berclaz, conseillère générale socialiste (et députée au Grand Conseil NDLR), interpelle le 21 décembre 2021 la municipalité lors d'une séance du Conseil général. Dans une question orale, elle demande des explications. Aujourd'hui, elle se réjouit de cette mobilisation. Pour elle, les citoyens ne devraient pas hésiter à organiser des "veilles" autour des arbres en péril. Elle s'explique :

Interview de Marlyne Andrey-Berclaz

Les autorités répondent

Interpelées par des citoyens et par des élus de l'opposition, les autorités de la ville réagissent sur Rhône FM. Selon Christian Bitschnau, vice-président de la Ville en charge de la mobilité et de l'urbanisme, cette décision était justifiée. "L'autorisation a été délivrée par le Conseil municipal principalement pour des raisons sécuritaires. Il y avait eu un départ de feu, la zone était fréquentée par des squatteurs. Le conseil a pris cette décision à la suite d'une pesée d'intérêts, en toute connaissance de cause."

Christian Bitschnau explique les raisons d'un tel choix

Christian Bitschnau l'affirme, la capitale valaisanne lutte au quotidien pour préserver et défendre son environnement. Le vice-président insiste : "Oui, la ville de Sion est pionnière en la matière. Elle a mis sur pied un programme appelé ACCLIMATASION, démarré en 2015-2016. Ce programme, repris largement en Suisse, vise à favoriser la végétalisation pour faire baisser la température en été et lutter contre les îlots de chaleur."

"Nous avons édicté un règlement pour préserver le patrimoine arboré"
Une dame de 95 ans écrit à la commune et parle de massacre
Christophe Imsand a tenu à nous lire cette lettre, écrite par une voisine de quartier à la suite des événements de décembre dernier. Une missive envoyée aux autorités sédunoises, que nous retranscrivons ci-dessous.
"Je me plaisait beaucoup dans votre ville, mais l'abattage dans ma rue en face de chez moi de beaux, grands et vieux arbres m'a complètement anéantie. Tout ce qui pouvait nous fournir de l'oxygène et de la fraicheur a été massacré à la tronçonneuse. Mais pourquoi, pourquoi ? Je suis obligée de fermer mes volets pour ne pas voir ce désastre. Je suis désolée, j'aimerais quitter cette ville mais à 95 ans je n'ai plus la force de déménager."
TS
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