Serebrennikov, le Moyen-Orient et les femmes au Festival d'Avignon

Kirill Serebrennikov a été condamné en 2020 pour détournement de fonds à trois ans de prison avec sursis et à une interdiction de sortir de Russie pendant cette période (archives). ©KEYSTONE/AP/PAVEL GOLOVKIN
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Keystone-ATS
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Le nom de l'enfant terrible du théâtre russe, Kirill Serebrennikov, va dominer la 76e édition du Festival d'Avignon (7-26 juillet). Cette édition 2022 met en avant de nombreux artistes du Moyen-Orient ainsi que plusieurs metteuses en scène.

L'événement Serebrennikov

Toujours frappé d'une interdiction de quitter Moscou, Kirill Serebrennikov ouvrira le festival. "On ne sait pas pour l'heure s'il va être présent à Avignon. On le souhaite bien sûr ardemment", a expliqué à l'AFP le directeur sortant du festival Olivier Py.

"La programmation de cette pièce a été décidée il y a deux ans, bien avant l'invasion russe de l'Ukraine", a-t-il ajouté. L'artiste de 52 ans, connu pour ses créations osées, son soutien aux LGBT+ et sa critique indirecte du régime de Vladimir Poutine va présenter "Le Moine noir", basée sur une nouvelle peu connue d'Anton Tchekhov dont le héros, un intellectuel, sombre progressivement dans la folie.

Une première version a été présentée en janvier à Hambourg, où l'artiste avait été autorisé à se déplacer. "C'est un Tchekhov très peu connu et c'est une adaptation très libre d'une histoire énigmatique, violente parfois", a précisé M. Py qui va présenter lui-même deux pièces, dont une de dix heures (avec entractes).

Le Moyen-Orient en force

L'Iranien Amir Reza Koohestani revient avec la pièce "En transit", inspiré du roman d'Anna Seghers, "une histoire de perte de passeport, de réfugiés, et d'identité", selon M. Py.

Les artistes palestiniens sont à l'honneur avec Bashar Murkus, qui monte le spectacle "Milk", sur le rôle des femmes dans la guerre. L'essayiste Elias Sanbar récitera, accompagné de musique, des poèmes du grand poète Mahmoud Darwich, tandis que quatre poétesses arabes, dont deux palestiniennes, présenteront une performance poétique.

Le Liban, frappé par une crise économique sans précédent, est évoqué à travers deux artistes: la dramaturge Hanane Hajj Ali qui met en scène "Jogging", un seul en scène où elle "fait son jogging à travers le chaos à Beyrouth et évoque les questions de "filiation, de la souffrance et du deuil", des thèmes qu'on retrouve également dans la chorégraphie d'Ali Chahrour dans "Du temps où ma mère racontait".

Les femmes à l'avant-scène

De plus en plus de metteuses en scène sont programmées en Avignon depuis ces deux dernières années. Cette édition en compte plusieurs (près de la moitié), à commencer par Kubra Khademi, jeune plasticienne, peintre et performeuse afghane basée en France depuis quelques années, qui signe l'affiche du festival et fera une exposition.

Parmi ces artistes: Anne Theron monte "Iphigénie" selon Tiago Rodrigues, le futur directeur d'Avignon; l'artiste visuelle Miet Warlop raconte sa vision du théâtre en s'inspirant du deuil de son frère; Elise Vigier met en scène un groupe de femmes à la recherche d'une autrice disparue ou encore Sofia Adrian Jupither adapte "Solitaire", l'une des dernières oeuvres du dramaturge Lars Norén, décédé il y a un an, une sorte d'"En attendant Godot" suédois.

La chorégraphe irlandaise Oona Doherty explore dans "Lady Magma" l'identité double d'artiste et mère, tandis que le collectif "Das Plateau" revisite "Le petit chaperon rouge" avec un regard féministe.

ATS
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