Répondre aux enjeux de la vitiviniculture: Agroscope Leytron lance une dizaine de projets pour 2022

Une vue sur le raisin ramasse lors du premier jour des vendanges sur le "Domaine du Grand Brule", la cave de l'Etat du Valais ce jeudi 10 septembre 2015 a Leytron en Valais.  ©Keystone-ATS
Agroscope
Diana-Alice Ramsauer
Journaliste RP

Réduire les pesticides, optimiser l’alimentation en eau, améliorer l’efficacité énergétique des caves. La nouvelle station Agroscope à Leytron, démarre toute une série d'essais en ce début d’année. Des projets inédits qui s’étaleront sur une dizaine d’années.

La station Agroscope à Leytron, démarre toute une liste de projets prioritaires en ce début d’année. Le programme de recherche inédit en viticulture et œnologie s’étalera sur une dizaine d’années en tous cas.

A terme, le centre de compétence, ouvert l’année dernière, a l’ambition de donner quelques réponses à la branche vitivinicole, fortement touchée par des enjeux climatiques.

«Evidemment, quand on travaille sur la vigne, c'est forcément des essais sur le moyen à long terme, explique Jean-Sébastien Reynard, responsable de projet pour la viticulture. Lorsque l'on plante un cep, il faut un minimum de trois ans pour avoir la première récolte, donc avant ça on n'a rien… Les premiers résultats ne seront donc pas pour les prochains jours ou les prochains mois. On est quand même parti pour au moins huit ans de travail.»

«On est quand même parti pour au moins huit ans de travail.»Jean-Sébastien Reynard, responsable de projet pour la viticulture à l'Agroscop

Parmi la longue liste des projets prioritaires en 2022, on peut citer la recherche et la sélection de cépages résistants. Un thème «à la mode», selon Jean-Sébastien Reynard, mais sur lequel il reste beaucoup à faire, en particulier en matière de sélection des variétés. «Il n'y aura pas de cépage parfait contre tous les pathogènes, réagit le Saviésan. Mais à ce jour, il y a pléthore de nouvelles variétés qui ont été créées. Il s'agit maintenant de dégrossir tout ça et de voir quelles sont les espèces les plus favorables au terrain valaisan.»

Laisser pousser l'herbe pour éviter les pesticides, aussi simple que cela?

Les cépages ne sont qu’une toute partie de la solution. En parallèle, la station située sur le domaine du Grand-Brûlé, propriété du Canton, s’attaque à la problématique de l’enherbement et des pesticides. Jean Sébastien Reynard le dit: dans un vignoble, il ne suffit pas de supprimer tout herbicide et de laisser tout pousser.

«C'est un tout petit peu plus compliqué que cela… Parce qu'une fois qu'on a de l'herbe en place – et on va vers un système de culture où elle sera de plus en plus présente – il faut la gérer. Il s'agit également de regarder que la qualité des vins suive.» Le but final dans ce projet sera en particulier de mettre en réseau les différents acteurs de la vitiviniculture pour permettre un échange des bonnes pratiques. «Un vigneron a peut-être déjà eu une idée brillantissime. Si c'est le cas, le but est donc de disséminer ce savoir.»

Optimiser les ressources jusqu'à l'énergie consommée en cave

Parmi les autres projets de la station Agroscope de Leytron, en collaboration avec le canton du Valais, l’association de producteurs valaisans Vitival et la centrale de vulgarisation Agridea, on peut citer les recherches liées à l’amélioration de l’efficacité énergétique des caves. «Dans un premier temps, nous allons nous pencher sur les caves du Grand-Brûlé à Leytron et observer les grands postes en termes de consommation.» Il s'agira ensuite de faire une analyse, pour essayer d'optimiser les ressources. «Je ne vous fais pas un dessin, mais actuellement, la consommation d'énergie c'est évidemment un point important. Il faut être économe.» Une fois faite, l'analyse sera mise à disposition du grand public pour donner des pistes aux différents vignerons.

«Je ne vous fais pas un dessin, mais actuellement, la consommation d'énergie c'est évidemment un point important.»Jean-Sébastien Reynard, responsable de projet pour la viticulture à l'Agroscope

Dans un troisième ou un quatrième temps, le résultat de ces recherches pourrait découler sur des exigences politiques: un système de subvention pourrait être imaginé, au même titre que lorsqu’un bâtiment doit être rénové énergétiquement. Mais le chercheur laisse le soin aux politiciens de s’emparer de la question. Il l’affirme, ce n’est pas son rôle à lui.

dar
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