Rallye du Valais: qui pour succéder à Olivier Burri?

Olivier Burri ©Keystone-ATS
Rallye
Justin Grept
Responsable des sports

De jeudi à samedi, les voitures de rallye seront à l'honneur sur les routes du canton à l'occasion de la 61e édition du Rallye international du Valais. Les pilotes locaux devraient jouer les premiers rôles.

Après deux ans d’attente, le Rallye International du Valais reprend ses droits ce jeudi. Annulée l’an dernier, la 61e édition débute à 17h30, avec la spéciale de Martigny. Pour cette cuvée 2021, cette question : qui va succéder au Jurassien Olivier Burri, vainqueur en 2019? Deux équipages valaisans font figure de favoris:  celui de Sébastien Carron – accompagné de son copilote Lucien Revaz – et celui de Mike Coppens – qui partagera l’habitacle avec le Français Jérôme Degout. Mais d’autres pilotes pourraient aussi avoir une carte à jouer.

Mike Coppens

Actuel leader du classement général du championnat suisse des rallyes, Mike Coppens s’imagine volontiers gagner le premier rallye du Valais de sa carrière. Après avoir pris la 2e place du rallye du Chablais, il a cueilli sa première victoire en remportant le classement suisse du Rallye des Bornes et a fini 3e du Tessin. Avant cela, en début de saison, Mike Coppens a multiplié les courses en Italie, se frottant à la concurrence internationale. Ce qui l’a énormément aguerri. «En Italie, j’ai appris à ravaler ma fierté, à mettre mon égo de côté. J’avais l’impression de bien rouler et je finissais 7e ou 8e, je n’existais pas. Mais j’ai appris à voir la route, à connaître d'autres rythmes et à gérer des situations que je n’ai pas quand je cours ici. Au final, j’ai gagné en expérience, je suis un pilote meilleur.»

«Petit, je loupais l’école pour aller voir les tests du rallye du Valais. Le remporter serait un rêve de gosse.» Mike Coppens

Lors de ces cinq participations au Rallye du Valais, Mike Coppens a systématiquement amélioré son résultat final. Jusqu’à prendre la 2e place de la dernière édition. Suffisant pour s’imposer en fin de semaine? Rien n’est moins sûr, car dans le sport automobile peut-être encore plus qu’ailleurs, seule la performance du jour compte. «Je ne suis pas certain qu’il y ait une logique dans le sport auto. Ce qui est sûr, c’est que je vais aborder ce Valais comme j’ai abordé les autres courses, en essayant d’être le plus juste possible. Je vais évidemment faire des erreurs, il me faudra les gérer le mieux possible et tirer le bilan à la fin.» Et Mike Coppens d’ajouter: «Le rallye du Valais, c’est un rêve de gamin. A l’époque, je loupais l’école pour aller voir les tests et passer deux minutes dans les voitures. Donc oui, remporter un tel rallye, ce serait un rêve de gosse.»

Sébastien Carron

Ce «rêve de gosse» pourrait se heurter à la farouche concurrence de Sébastien Carron. Il est 2e du classement général du championnat suisse et le dernier pilote à pouvoir priver Mike Coppens de titre. Le Vétrozain, vainqueur en Valais en 2016, a participé à trois courses cette saison. Pour… trois victoires. Alors est-il intouchable ? «Ce n’est pas aussi simple que cela!», rétorque le principal intéressé. «Il y a beaucoup de travail derrière ces trois victoires, que ce soit avec mon team ou avec Lucien. La prise en main de la Skoda, avec laquelle on roule depuis le début de la saison, s’est bien déroulée. Donc tout va très bien. On prend toujours le départ pour, dans un premier temps, arriver au bout. Après, si on peut à nouveau gagner, on ne va pas se gêner.»

«Le Valais est un rallye compliqué dans lequel il y a toujours des rebondissements, donc il ne faut oublier personne.» Sébastien Carron

Sébastien Carron se réjouit de retrouver les routes du canton en spéciales. «Je n’ai plus participé au Valais depuis 2017, donc oui, je suis impatient. L’émotion risque d’être grande au moment de prendre le départ.» Le triple champion suisse (2014, 2016 et 2017) sait que la lutte sera acharnée. «Le Valais est un rallye compliqué dans lequel il y a toujours des rebondissements, donc il ne faut oublier personne. Mike ? Oui, il a beaucoup roulé depuis le début de la saison, il est dans le rythme. Mais les manches que j’ai disputées jusqu’à maintenant, je les ai toutes remportées, donc je pense qu’on est à égalité au départ de ce rallye.»

Les outsiders

Trois autres équipages seront à observer. A commencer par celui de Michael Burri. 3e en 2019, le Jurassien peut compter sur les précieux conseils de son papa Olivier, neuf fois (!) vainqueur en Valais. Le pilote de Sembrancher Jonathan Michellod, champion suisse juniors il y a deux ans, peut aussi viser le podium. «Il commence à connaître sa voiture et réussi de mieux en mieux à la prendre en main», observe Sébastien Carron. Enfin, citons le Belge Pieter Tsjoen. De quoi promettre une belle édition, qui débute ce jeudi à 17h30, avec le départ de la première spéciale, à Martigny.

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