Protocoles Covid-19: large grève des enseignants français

Manifestants à Bayonne. Des syndicats de l'Education nationale ont appelé à cette mobilisation, dénonçant "une pagaille indescriptible" en raison des protocoles sanitaires. ©KEYSTONE/AP/Bob Edme
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Keystone-ATS
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"Ras-le-bol": les enseignants et personnels de l'éducation nationale française, exaspérés par la valse des protocoles sanitaires, ont participé à une grève largement suivie jeudi. Ils ont aussi manifesté pour demander des réponses au gouvernement.

Près de 78'000 personnes (77'500) ont manifesté en France, dont 8200 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur, qui a recensé 136 actions dans tout le pays.

"On voit la colère qui s'exprime. Il y a un ras-le-bol, il faut que le gouvernement en prenne conscience. On est à un point de rupture", a déclaré Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, lors de la manifestation parisienne jeudi après-midi, en présence notamment des candidats de gauche à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo et Christiane Taubira.

Près de 40% des enseignants en grève

Près de 38,5% des enseignants étaient en grève jeudi dans les écoles maternelles et élémentaires, selon le ministère de l'Education, et 75% selon le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, qui a annoncé une école sur deux fermée et évoqué "une mobilisation historique". Dans les collèges et lycées, 23,7% des enseignants étaient mobilisés, selon le ministère. Le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, a lui avancé le chiffre de 62% de grévistes.

L'ensemble des syndicats de l'éducation nationale, rassemblant enseignants mais aussi infirmières, AESH (accompagnants d'élèves en situation de handicap) ou personnels de vie scolaire, rejoints - fait plus rare - par les inspecteurs et chefs d'établissements, ont appelé à cette mobilisation, dénonçant "une pagaille indescriptible" en raison des protocoles sanitaires.

Ils ont été reçus à 18h30, à leur demande, par le premier ministre français Jean Castex au ministère de l'éducation, en présence du ministre Jean-Michel Blanquer. Son collègue de la santé Olivier Véran, tout juste testé positif au Covid-19, était connecté en visio-conférence.

A l'issue de cette rencontre, M. Blanquer a annoncé la mise à disposition de "5 millions de masques FFP2" pour les enseignants de maternelle sur demande et "plusieurs milliers" de remplaçants "pour faire face à la crise". Il a également annoncé que les évaluations pour les classes de cours préparatoires prévues en janvier seront "reportées à un délai qui reste à définir".

"Nous demandons le début d'une véritable négociation pour des réponses rapides et concrètes sur le volet sanitaire, avec des remplaçants en plus notamment, mais aussi la revalorisation des salaires", avait prévenu avant la réunion le secrétaire général de la fédération du syndicat Force ouvrière pour l'enseignement (FNEC FP-FO), Clément Poullet.

"Garderie"

"Trois protocoles en dix jours, c'est n'importe quoi. On ment aux parents, car c'est une garderie qui est ouverte actuellement", a témoigné de son côté Anne Gau-Segonzac, 59 ans, directrice d'une école élémentaire de Montrouge, près de Paris.

Pour Maxime, 20 ans, assistant d'éducation (AED) depuis deux ans au lycée Joliot-Curie de Nanterre (Hauts-de-Seine), "avec tout ce qu'on nous demande de faire pour la gestion de la crise sanitaire [...] on ne peut plus assurer nos missions".

Une infirmière scolaire, en poste depuis 18 ans, raconte, elle, que "les conditions de travail sont devenues tellement difficiles depuis Noël qu'[elle] a pris la décision, [elle] jette l'éponge". "Je quitte l'éducation nationale. Je repars vers l'hôpital où, même en pleine crise Covid-19, c'était moins pénible".

Au-delà des professionnels de l'éducation, les mouvements lycéens FIDL, MNL et La Voix lycéenne, ainsi que la FCPE, première organisation de parents d'élèves, avaient rejoint la mobilisation et des parents ont affiché leur soutien à la grève.

ATS
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