Près de 125 millions d'alertes de MeteoSuisse cet été en 1 semaine

Le conseiller fédéral Alain Berset appelle à une collaboration sur les dispositifs météorologiques et hydrologiques entre acteurs de la communauté internationale. ©KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
Intempéries
Keystone-ATS
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MeteoSuisse a lancé près de 125 millions d'alertes sur les pluies et inondations lors des grandes intempéries de cet été, selon Alain Berset. Lundi à Genève, le conseiller fédéral a appelé la communauté internationale à "décloisonner" la météorologie et l'hydrologie.

"Le climat, la météo, l'eau, tous ces systèmes doivent être abordés de manière globale", a-t-il affirmé en ouvrant une session extraordinaire de dix jours du Congrès de l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Selon le chef du Département fédéral de l'intérieur (DFI), cette approche commune doit surtout porter sur les dispositifs météorologiques et hydrologiques.

En Suisse, cette collaboration est appliquée. Lors des intempéries de l'été dernier, 28 millions d'alertes ont été lancées pour de fortes précipitations et 95 millions pour des inondations, a affirmé M. Berset. Des indications envoyées sur 2,5 millions de téléphones portables et qui pourraient poser des questions de capacités d'infrastructures à l'avenir avec l'augmentation des situations extrêmes.

"Il faut pouvoir anticiper. Je n'ai pas eu de signal" sur un éventuel problème, a dit à la presse le conseiller fédéral. "Nous sommes toujours en train de renforcer les infrastructures pour sécuriser" l'acheminement de ces alertes, a renchéri de son côté le directeur de MeteoSuisse Peter Binder.

"Mais l'échange de données est aussi central au niveau international", a encore insisté le conseiller fédéral. Il a salué la résolution de l'OMM pour unifier la politique sur cette question.

Accompagné d'une jeune fille

Face à la multiplication des situations météorologiques extrêmes, qui ont fait 400'000 victimes ces dernières années, il relève l'importance de prévisions "fiables". Celles-ci sont désormais utilisées par les organisations humanitaires, notamment par la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et ses membres, pour anticiper les effets possibles des désastres.

Pour relayer ces données, la Suisse oeuvre avec l'OMM sur le dispositif Weather4UN, lancé en 2019 et opérationnel depuis cette année. Ce projet, que M. Berset a visité, "avance bien", ajoute-t-il.

Le conseiller fédéral appelle les autres Etats à soutenir les mécanismes. Face au changement climatique, aux problèmes d'accès à l'eau et à la réponse aux catastrophes, l'organisation est "très importante", a-t-il affirmé, accompagné par à l'occasion de la Journée internationale des filles par Loukina Tille.

Etats rassemblés en ligne

Cette jeune femme de 20 ans a relevé que "les impacts des événements climatiques sont d'autant plus élevés pour les jeunes filles". Cette partie de la population a un rôle dans les discussions, a-t-elle plaidé.

La pandémie a aussi montré que la réduction du transport aérien, bonne pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, peut altérer l'approvisionnement de certaines données météorologiques. "Ce n'est qu'une composante" des prévisions, nuance le directeur de MeteoSuisse qui ajoute que des compensations ont pu être trouvées rapidement.

Le conseiller fédéral a lui salué la capacité d'adaptation des météorologues face à ce type de situations. M. Berset a aussi dit que la science avait renforcé sa crédibilité pendant la pandémie, malgré l'opposition d'une "toute petite minorité".

"Les évidences scientifiques sont parfois soumises à des pressions politiques, mais elles finissent toujours par s'imposer", selon le chef du DFI. Les Etats membres de l'OMM sont réunis en ligne pour dix jours à Genève. Ils doivent notamment faire le suivi de la réforme de l'organisation.

ATS