Premières Neiges (9/10): Romain Beney avait redoublé le jardin des neiges

Romain Beney ©Rhône FM
Série
Christophe Moreillon
Journaliste sportif

Plus jeune, Romain Beney était loin d’être assidu sur les skis. Il ne pensait pas non plus faire de compétition. Puis il a découvert – un peu par hasard – le télémark. Aujourd’hui, il fait partie des nombreux Valaisans engagés en Coupe du Monde. 9ème épisode de notre série «Premières Neiges».

Romain Beney fête en ce lundi même son 25ème anniversaire. Pas d’excès en prévision pour autant. Le Sédunois est à quelques jours de se faire opérer. Il y a de cela deux semaines, le samedi 18 décembre, sa saison a pris fin alors qu’elle venait tout juste de débuter. En cause: une chute lors de la 2ème manche de la première épreuve de l’exercice à Meiringen. Le constat est sans appel: déchirure du ligament croisé antérieur et hiver terminé pour celui qui avait terminé au 13ème rang du classement général de la Coupe du Monde l’an dernier.

«J’ai dû refaire le premier cours pour obtenir la petite médaille.»Romain Beney

La Coupe du Monde, Romain Beney la fréquente depuis mars 2015. Pourtant, à le croire, celui qui a découvert le télémark «un peu par hasard» était loin d’être prédestiné à faire de la compétition. «Je vais être honnête, j’ai carrément redoublé mon jardin des neiges», se marre le Sédunois. «C’était sur la piste à côté du Stade de Tourbillon et je n’étais pas très assidu pendant le premier cours. J’ai donc dû le refaire pour obtenir la petite médaille. Vraiment, à l’époque, ce n’était pas très bien parti pour moi…»

Le feeling n’était pas tout de suite là

D’ailleurs, Romain Beney l’avoue: ce n’est pas lui qui avait «poussé» pour faire ses premiers pas sur les lattes. «Je n’ai en tout cas pas demandé à être inscrit au jardin des neiges. C’était plus un heureux hasard, mes parents m’ont mis là sans être dans l’optique que je fasse de la compétition. D’ailleurs, à l’époque, j’éprouvais moins de plaisir. Je n’avais pas ce feeling que j’ai aujourd’hui avec la neige et la glisse.»

«On faisait de la luge chez mes grands-parents. On s’est pris quelques arbres mais au final on en est tous sortis vivants donc c’était cool.»Romain Beney

Les joies de la glisse, c’est plus assis sur une luge que le télémarkeur les a ressenties au début. «Derrière l’immeuble où j’habitais, on avait une sorte de colline», raconte-t-il. «C’est devenu notre piste. C’était un petit truc de 5 mètres de long mais ça nous suffisait. Sinon, on allait chez mes grands-parents, dans les vergers. On s’est bien pris quelques arbres, c’était un peu dangereux, mais au final on en est tous sortis vivants donc c’était cool.»

Difficile de se concentrer en classe

Si la neige était synonyme d’amusement pour le Sédunois, elle a aussi été un élément perturbateur de sa scolarité. «Ah, vous savez, déjà de base j’avais un peu de peine avec la concentration», souffle-t-il. «Quand je voyais les flocons tomber à travers les fenêtres de la classe, ça devenait encore plus compliqué. Je pensais juste à sortir dans la cour pour faire une bataille de boules de neige avec les potes!»

«Quand il y a 20, 30 centimètres de neige, c’est comme si la vie ralentissait. On profite plus du moment présent.»Romain Beney

Au fil des années, de son évolution, en passant de l’enfance à l’adolescence puis au monde des adultes, l’euphorie de Romain Beney s’est un peu calmée. Mais son amour de l’or blanc, lui, est intact. «Chaque fois que je regarde dehors et que c’est enneigé, je trouve ce paysage incroyable. Une atmosphère particulière s’en dégage. C’est quelque chose de feutré, de doux. Quand il y a 20, 30 centimètres, c’est comme si la vie ralentissait un petit peu. On profite alors plus du moment présent.»

La neige compacte plutôt que la poudre

Comme tout bon amateur de sports d’hiver, le Valaisan dit apprécier la poudreuse. Jusqu’à un certain point. «Lorsqu’on est en entraînement, la neige fraîche n’est jamais optimale. Personnellement en tout cas, j’aime quand le revêtement est un peu plus compact. Je ne suis pas monstre bon sur le dosage donc si je peux appuyer comme un «gogol» sur la piste, ça me va bien.»

«Lorsqu’il fait froid, il suffit de rajouter des couches. Au contraire, quand il fait vraiment chaud, plus que de dormir à poil on ne peut pas…»Romain Beney

Sur les skis une bonne partie de l’année, Romain Beney reconnaît qu’il apprécie la coupure estivale, qui lui permet de pratiquer d’autres activités. Même s’il avoue – aussi – qu’il attend chaque fois avec impatience le retour de l’hiver. «De manière générale, je préfère le froid au chaud. Je n’ai pas une grande tolérance aux températures élevées. Je trouve d’ailleurs plus facile à gérer la chose lorsqu’il fait frais. Il suffit de rajouter des couches. Au contraire, quand il fait vraiment chaud, plus que de dormir à poil on ne peut pas…Surtout que je ne trouve pas top-top la clim’ et ce genre de trucs.»

Tout juste débutée, sa saison est déjà finie
13ème du classement général de la Coupe du Monde l’an dernier, Romain Beney s’imaginait évidemment vivre une toute autre saison 2021/2022. Celle-ci a pris fin pour lui à peine après avoir commencé. Un coup dur que le Sédunois prend avec beaucoup de philosophie.
«Beaucoup sont revenus après une telle blessure. À moi de faire les choses comme il faut.»
CM
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