Premières Neiges (8/10): Elsa Sjöstedt, la viking qui ne craint pas le froid

Elsa Sjöstedt ©Rhône FM
Série
Christophe Moreillon
Journaliste sportif stagiaire

Elle a 18 ans, elle est binationale helvético-suédoise, est née dans le Canton de Vaud et réside aujourd’hui à Verbier. Spécialiste de ski freestyle, Elsa Sjöstedt est à l’honneur du 8ème épisode de notre série «Premières Neiges».

Du haut de ses 18 ans, Elsa Sjöstedt dégage déjà une belle maturité. Pourtant, lorsqu’on la rencontre, la jeune fille tient à préciser que «c’est ma première fois à la radio.» Tandis que sa grand-mère l’attend patiemment dans la voiture – «elle a un livre avec elle» - la spécialiste de ski freestyle se confie sur son rapport à la neige et son parcours atypique.

«Il y avait une pente hyper raide derrière l’école. On prenait nos bobs, on créait des sauts et…on se pétait la gueule!»Elsa Sjöstedt

«Je n’ai pas forcément un souvenir plus marquant que les autres en lien avec la neige. Je me rappelle par exemple des bonshommes créés dans mon jardin, des igloos, des batailles de boules de neige... On s’amusait aussi à sauter depuis le balcon. Là, il fallait s’assurer qu’il y avait suffisamment de poudre pour amortir la réception», rigole-t-elle. Outre à la maison, c’est à l’école qu’Elsa Sjöstedt s’adonnait aux joies de l’or blanc. «Il y avait une pente hyper raide derrière le bâtiment. On prenait nos bobs, on créait des sauts et…on se pétait la gueule! Mais c’était drôle. On avait aussi la chance d’avoir des profs assez conciliants, qui acceptaient qu’on arrive un peu en retard car on avait fait une dernière descente.»

Plus de gêne aujourd’hui qu’à l’époque

Une fois en classe, la Verbiéranne d’adoption reconnaît d’ailleurs qu’elle avait de la peine à se concentrer. Comme ses camarades, elle n’attendait que l’heure de la sonnerie pour relancer une bataille ou repartir sur la fameuse pente. «Ce qui était aussi cool à l’époque, c’est qu’on avait aucune gêne par rapport à la façon de nous habiller. Mettre les bottes de neige et les pantalons de ski pour aller à l’école ne nous dérangeait pas. Aujourd’hui, avec les années, on ose moins sortir tout l’équipement.»

«À chaque fois que je suis à Verbier, je m’y sens mieux qu’ailleurs. Ici, je suis vraiment chez moi, à la maison…»Elsa Sjöstedt

Née dans le Canton de Vaud, elle y a grandi jusqu’à ses 7 ans. Avant donc de s’établir dans le Val de Bagnes où ses parents avaient acheté un chalet en 1999 déjà, d’abord pour faire office de résidence secondaire. «Lorsqu’ils nous ont proposé, à mes deux sœurs et à moi, de nous y installer pour de bon, nous n’avons pas hésité. On y allait déjà tous les week-ends et on adorait l’endroit.» De Leysin à Crans-Montana, Elsa Sjöstedt a bien fréquenté d’autres stations mais, «à chaque fois que je suis à Verbier, je m’y sens mieux qu’ailleurs. Ici, je suis vraiment chez moi, à la maison…»

Le souvenir de la mer gelée

La neige, la freestyleuse a aussi eu l’occasion de la côtoyer en Suède, le pays natal de ses parents. «Je n’ai jamais eu l’occasion de skier là-bas. C’est d’ailleurs mon rêve car les conditions sont totalement différentes de ce que l’on connait chez nous. Mon souvenir le plus marquant en Suède est plutôt en lien avec le froid. J’étais dans la ville où est né mon père, au Nord du pays. La mer y rentre dans les terres et forme une sorte de lac. Cette fois-ci, elle était totalement gelée, il devait y avoir une couche de glace d’au moins 60 centimètres et les gens étaient dessus. Ils marchaient, faisaient du ski de fond, c’était assez fou de voir ça! Je n’imagine pas une telle chose en Suisse.»

«Il n’y jamais de mauvais temps, il y a toujours de mauvais habits.»Elsa Sjöstedt

En Suisse ou en Suède, en compétition ou pour le plaisir, Elsa Sjöstedt a donc l’habitude de devoir faire avec le froid. Ce qui semble loin de lui poser problèmes. «Je le dis souvent: moi je suis une viking. Je n’ai pas peur du froid. Bien sûr qu’il m’arrive de me geler, de trembler et ce n’est pas terrible. Mais pour éviter ça, il suffit d’être bien équipé. Une citation du Nord dit d’ailleurs que «il n’y a jamais de mauvais temps, il y a toujours de mauvais habits». J’essaie de me fier à ça.» Et si le froid et la neige n’avaient pas existé, à quoi ressemblerait la vie d’Elsa Sjöstedt? «Dans ce cas, il y aurait eu l’eau. J’adore nager, j’adore les sports aquatiques. Je me serais certainement tournée vers cette voie.»

Une évolution vitesse grand V
Elsa Sjöstedt ne perd pas de temps. Deux ans après s'être tournée vers le freestyle car le ski alpin l'ennuyait, elle a découvert la Coupe du Monde il y a quelques mois.
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