Premières Neiges (3/10): Elise Hitter, sur les skis à moins de deux ans

Christophe Moreillon
Journaliste sportif

La première fois qu’elle a mis les skis, Elise Hitter savait à peine marcher. Aujourd’hui âgée de 20 ans, elle est presque miraculée et rêve de Coupe du Monde. Troisième épisode de notre série «Premières Neiges».

Elise Hitter nous accueille dans le salon d’un hôtel de Veysonnaz. Plus tôt dans la journée, elle a pris le 5ème rang d’un géant disputé dans la station valaisanne. Rayonnante, la skieuse de 20 ans ne lâche pas son sourire de tout l’entretien. Il faut dire qu’elle revient de loin, deux ans après une chute qui lui a laissé le genou en miettes. L’athlète de Vercorin est à l’honneur du troisième épisode de notre série «Premières Neiges».

Le ski avant la marche

«Mon premier souvenir en lien avec la neige, c’est les premières pistes dévalées à fond chez moi à Vercorin avec toute ma famille», débute-t-elle. «Je n’avais même pas deux ans à l’époque.» Des premiers pas lattes au pied très précoces qu’Elise Hitter explique très simplement: «Mes parents dirigent un magasin de sport. J’ai donc eu la chance de baigner là-dedans depuis ma naissance. Skier était la première chose à faire, presqu’avant de marcher!»

«J’ai toujours adoré la vitesse! Prendre des petits chemins, faire des petits sauts, aller dans la poudreuse… Toutes ces choses sont formidables!»Elise Hitter

La Valaisanne se rappelle n’avoir pas eu besoin de beaucoup de temps pour être conquise. «Au début, c’était surtout une source d’amusement. J’allais skier après l’école et je m’éclatais sur la neige. Je profitais vraiment de cette sensation de glisse qui est quand même quelque chose d’assez particulier.» Qui dit glisse dit aussi vitesse. Un élément que n’a jamais redouté Elise Hitter. «J’ai toujours adoré ça! Prendre des petits chemins, faire des petits sauts, aller dans la poudreuse… Toutes ces choses sont formidables!»

Le souvenir des batailles de boules de neige

Aussi formidables que ne l’étaient pour elles les flocons qu’elle regardait tomber à travers les fenêtres du chalet familial. «Je me disais «waow, c’est incroyable». On appelle parfois la neige «or blanc», c’est exactement ça pour moi.» Comme chaque enfant, Elise Hitter en a passé des heures à jouer dehors. «Généralement, le programme c’était bataille de boules de neige avec les garçons», sourit-elle. «Mais évidemment, j’ai aussi fait pas mal de bonshommes. Quoiqu’il en soit, c’était à chaque fois des moments très conviviaux.»

«Un mois sans neige, c’est suffisant pour créer le manque et avoir besoin de la retrouver.»Elise Hitter

Très attachée à ses racines, Elise Hitter fait toujours de Vercorin sa station de prédilection. Un choix qu’elle explique par l’esprit familial qui y règne. Membre du cadre NLZ Ouest, celle qui suit en parallèle des études universitaires en économie et management passe une bonne partie de son année sur la neige. «Il n’y a finalement qu’un petit mois ou deux lors desquels c’est un peu plus calme. On profite de couper mais c’est assez long pour créer le manque et avoir besoin de la retrouver.»

Partagée entre neige dure et poudreuse

Lorsqu’on l’interroge sur son type de revêtement préféré, la Valaisanne hésite. Tout dépend en fait de son activité. «En tant qu’athlète, j’aime quand la neige est dure. Mais en tant que skieuse passionnée, ce qui me plaît le plus, c’est la poudreuse. Sortir, jouer avec elle même quand il ne fait pas forcément beau…» Et aussi, lorsqu’il ne fait pas chaud. Elise Hitter assure d’ailleurs que le froid est loin d’être un problème pour elle. «Il suffit de bien s’équiper et de s’échauffer correctement. Et puis bon, si vraiment c’est difficile à supporter, on a qu’à aller se réchauffer un petit moment au restaurant.» D’ailleurs, l’athlète de Vercorin nous confie son pêché mignon pour résister aux basses températures. «Quand je suis en course c’est plus compliqué mais si je skie pour moi, pour le plaisir, un petit chocolat chaud, ça passe toujours!»

«Je me demande si je pourrais encore être sur les skis à l’âge qu’ont mes grands-parents aujourd’hui…»Elise Hitter

Si elle ne cache pas que concevoir sa vie sans neige serait très difficile – voire impossible – Elise Hitter sait aussi que les ressources de l’or blanc ne sont pas inépuisables. Et que la menace du réchauffement climatique est bien réelle. «On se doit de respecter ce que nous offre la nature. Si on veut pouvoir continuer à skier, il faut que chacun fasse des efforts.» À seulement 20 ans, avec une carrière qu’elle espère la plus longue possible devant elle, l’athlète de Vercorin avoue ses peurs quant à l’avenir. «On le remarque chaque année. On voit bien que la neige diminue sur les glaciers. Je me demande si je pourrais encore être sur les skis à l’âge qu’ont mes grands-parents aujourd’hui…»

En attendant de savoir ce que le futur nous réserve, Elise Hitter est en tout cas bien décidée à profiter de ce que la neige a encore à proposer. Chez elle, sur les hauteurs de Vercorin, en famille et pour le plaisir. Mais aussi, et surtout, à travers l’Europe et, pourquoi pas, le Monde entier en compétition. Revenue de loin, elle ne fixe aucune limite à ses rêves.

«Les médecins m’ont dit que je pouvais oublier le ski»
Aujourd’hui membre du cadre NLZ Ouest, Elise Hitter est engagée lors de courses FIS ou lors d’épreuves de Coupe d’Europe. Surtout, l’athlète de Vercorin est quasi miraculée. Il y a deux ans, elle était victime d’une chute qui aurait pu – voire dû – mettre fin à ses rêves.
CM
Thèmes liés à l'article
Catégories