Portrait du mois: Yael Margelisch, l'évasion par les airs

Elle est l'une des meilleures mondiales dans sa discipline. Accrochée à son parapente, Yael Margelisch enchaine les exploits. Rencontre avec cette Bagnarde de 31 ans.

On prend de la hauteur dans notre rubrique du «Portrait du mois». Et on le fait en compagnie de Yael Margelisch. La Bagnarde de 31 ans passe une bonne partie de sa vie en l’air, accrochée à son parapente. «C’est toute ma vie», résume-t-elle d’entrée, sur la terrasse de son appartement à Verbier. Championne de Suisse en 2018, vice-championne du monde l’année suivante, elle cumule onze podiums en Coupe du monde et est détentrice de trois records du monde.

Fascinée par Piccard

Yael Margelisch, reine des airs. Pourtant, lorsqu’elle a débuté dans la discipline, ce n’était pas sa priorité. Au contraire, même. Ce n’est «que» en 2015 qu’elle se lance dans la compétition. Sa fascination pour le vol, elle, est bien plus ancienne. La pente d’entrainement qui borde la maison dans laquelle elle a grandi a certainement jouer un rôle. «J’ai en tout cas été intéressée par les engins volants depuis toute petite. J’étais enfant lorsque Bertrand Piccard a réalisé son tour du monde en ballon (ndlr: c’était en 1999). J’avais été fascinée par cette aventure.»

Son premier vol en biplace date de ses 13 ans. «Je m’en souviens parfaitement, ça prouve que les émotions étaient fortes ! J’ai ensuite voulu devenir pilote d’hélicoptère. Mais un souci rédhibitoire aux yeux m’en a empêché. J’ai me suis donc mis au parapente. Et c’est peut-être pas plus mal (rires)

«Quand on est haut, toute seule, pendue à nos ficelles et sans moteur, c’est une sensation incroyable.» Yael Margelisch

«Pas plus mal», car Yael Marglisch n’est jamais aussi bien que lorsqu’elle déploie sa voile et observe le monde depuis le ciel. «Quand on est haut, toute seule, pendue à nos ficelles et sans moteur, c’est une sensation incroyable. C’est cette sensation de liberté que j’aime le plus. C’est une évasion. Après, c’est à chaque vol différent. Evidemment, en compétition, je me concentre sur comment faire ce que je dois le plus efficacement possible. Mais en distance libre, je profite davantage.» Et encore plus lorsqu’elle survole «son» monde. «C’est clair que je viens d’ici, de Verbier. Je suis toujours entourée par les montagnes. Et quand je suis dans mon jardin mais à 4'000 mètres d’altitude, au-dessus des sommets que j’ai vu toute notre vie, c’est un sentiment de fou.»

A l’entrainement six jours sur sept

Mais Yael Margelisch aime aussi voler dans d’autres contrées que son Valais natal. En juin dernier, elle est partie de Salzbourg, en Autriche, dans le cadre de la Red Bull X-Alps. Cette course de plus de dix jours est la plus exigeante du monde. Il y a trois mois, la Bagnarde a été la première femme à la terminer. Un résultat historique qui a nécessité beaucoup de sacrifices. «La X-Alps, ça a été une année de préparation durant laquelle j’allais m’entrainer six jours par semaine. Cette course, c’est du vol, de la marche et on dort très peu. C’est vraiment la compétition ultime. Grâce à la superbe équipe qui me suivait, j’ai pu tirer mon épingle du jeu. Je n’ai certes pas été compétitive avec les meilleurs hommes – bien que je n’ai pas fini dernière – mais c’était un succès complet pour moi.»

«Me passer du parapente ? Non, je ne pourrais pas.» Yael Margelisch

Et Yael Margelisch n’est pas à un exploit près. En fin de semaine, elle partira pour le Brésil, où elle essayera de battre son propre record de 552 km en distance libre. Celle qui gagne sa vie en travaillant comme pilote biplace en été et comme prof de ski en hiver organise son emploi du temps par rapport à ses envies de hauteur. Mais imagine-t-elle sa vie sans le parapente ? «Peut-être plus tard, lorsque je trouverais une passion qui me prend autant de temps. Mais j’ai quand même des doutes car ça reste le moyen de voler le plus simple et… (elle marque une pause) Ouais, je ne pourrais pas m’en passer en fait!»

«Une saison de parapente coûte 30'000 francs»
En parapente, Yael Margelisch prendra en fin de semaine la direction du Brésil. Son objectif : battre son propre record du monde de vole en distance libre.
 
JG
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