Portrait du mois: Raphaël Crettol, le "Monsieur durabilité" de Swiss Cycling

Raphaël Crettol travaille chez Swiss Cycling depuis six ans. Le Valaisan sera très prochainement nommé responsable durabilité de la fédération. Il est l’invité de notre rubrique portrait du mois.

Raphaël Crettol travaille depuis six ans chez Swiss Cycling, la fédération suisse de cyclisme. Détenteur d’un master en management du sport, il occupe le poste de collaborateur communication. Plutôt amateur de foot, rien ne destinait le résident de Loc sur la commune de Crans-Montana a évolué dans le milieu de la petite reine. Il a pourtant découvert un environnement qui lui convient totalement. «C’est un sport que j’ai beaucoup suivi à la télévision; sans en faire en compétition, je l’ai toujours pratiqué pour le plaisir.»

«La générosité du cyclisme se transmet au-delà du sport de compétition pure.» Raphaël Crettol

Entouré de réels passionnés de vélo chez Swiss Cycling, Raphaël Crettol a appris à mieux connaître ce sport. «Il fait la part belle à la générosité. Par rapport au football par exemple – un sport dans lequel j’ai évolué durant plusieurs années –, le cyclisme est très ouvert. D'un point de vue communicationnel, on peut profiter d'une plus grande proximité entre les coureurs, le public, et même les médias. Cette générosité se transmet au-delà du sport de compétition pure.»

Avec l’équipe nationale

La fonction de Raphaël Crettol lui permet également de vivre de l’intérieur certaines courses du World Tour. Comme le Tour de Romandie, sur lequel il accompagne l’équipe nationale, invitée sur la boucle romande et sur le Tour de Suisse. Une volonté de Swiss Cycling pour le développement du cyclisme dans le pays. «Nous n’avons pas d’équipe suisse dans l’élite mondiale. Il y avait un manque pour le développement des coureurs helvétiques», détaille le Valaisan de 31 ans. «Swiss Cycling a donc fait une demande auprès de l’UCI pour obtenir une autorisation exceptionnelle afin de permettre à des jeunes coureurs de se mesurer au gratin mondial sur le Tour de Romandie et sur le Tour de Suisse.» C’est le cas depuis maintenant trois saisons. «Il y a actuellement des négociations pour savoir si cette belle expérience se poursuivra l’an prochain, malgré la création de l’équipe suisse Tudor (ndlr : dirigée par Fabian Cancellara) qui militera en deuxième division continentale.»

«Ça fait quatre à cinq ans qu’une magnifique génération donne un nouveau souffle au cyclisme suisse.» Raphaël Crettol

Cette équipe nationale offre davantage de visibilité au cyclisme dans le pays. Sans compter qu’actuellement, les performances des professionnels suisses le mettent très régulièrement à la Une. «Ça fait quatre à cinq ans qu’une magnifique génération donne un nouveau souffle au cyclisme suisse. On parle-là des Marc Hirschi, des Gino Mäder ou des Stefan Bissegger, qui ont montré que le cycliste suisse pouvait sortir de son rôle de pur coéquipier pour aller chercher de gros résultats.» 

Une évolution dont Raphaël Crettol a pu prendre la mesure dans son travail quotidien au sein de la fédération. «Sur des championnats, on se rend compte que lorsqu’on a un Marc Hirschi et un Stefan Küng, on se retrouve avec des journalistes du monde entier qui viennent assister à nos conférences de presse.»

«On a envie d’ériger le cyclisme comme le modèle d’un sport durable.» Raphaël Crettol 

Outre son mandat de communication, Raphaël Crettol occupera très prochainement le poste nouvellement créé de responsable durabilité au sein de la fédération. «On a envie d’ériger le cyclisme comme le modèle d’un sport durable. Le vélo est devenu le modèle d’un mode de développement durable. On a envie que notre structure renvoie également cette image et que Swiss Cycling puisse faire la promotion d’un cyclisme responsable et respectueux de l’environnement.»

Pour atteindre ce but, la fédération se positionne comme modèle ou comme partenaire des différents acteurs du cyclisme. «On peut jouer sur plusieurs échelons», détaille Raphaël Crettol. «Tout d’abord au sein de la fédération en elle-même, en ce qui concerne ses déplacements. Ensuite en étant un réel soutien aux organisateurs d’évènements, qui souvent veulent bien faire mais n’ont pas les clés en main pour mettre sur pied une manifestation durable. Et enfin, on imagine Swiss Cycling en chef de fil pour influencer Monsieur et Madame tout le monde dans leur pratique quotidienne.»

Prendre le problème «à la base» 

La marge de progression en ce qui concerne la durabilité semble importante dans un sport où le prochain Tour de France part de Copenhague et où le dernier Tour d’Italie a été lancé à Budapest. «On comprend complètement cette remarque. L’idée est de prendre le problème à la base, de comprendre les mécanismes du calendrier du cyclisme et ensuite de pouvoir faire remonter les valeurs de durabilité de notre fédération suisse vers les échelons supérieurs du cyclisme mondiale. Plus on arrivera à englober nos partenaires dans cette pratique, plus on aura de poids.»

JG
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