Portrait du mois: Florian Vieux, l’ultra-marathonien qui cherche encore la limite

Hugo Da Custodia
Journaliste RP

Beaucoup d’entre vous pratiquent certainement la course à pied, en compétition ou comme simple hobby, sur piste ou sur les sentiers. Dans notre rubrique sportive « portrait du mois », on fait connaissance avec un athlète qui pousse la démarche à son extrême limite : Florian Vieux.

Les qualificatifs manquent pour décrire précisément la pratique de Florian Vieux. Le Chablaisien a commencé lutteur, le voilà traileur, ultra-marathonien, entre autres. Et pas sur n’importe quelles épreuves. L’athlète de 35 ans a fait des longues distances sa spécialité.

Un mental d’acier

Selon Florian Vieux, même si elle a toujours fait partie de son programme, sa passion pour la course à pied remonte à ses 18 ans. « Avant j’avais déjà fait beaucoup de lutte, de quoi avoir la tête assez dure. » Savoir accepter la souffrance physique et mentale, voire la dépasser, voilà un élément indispensable quand on s’attaque à des distances largement supérieures au marathon classique.

« Je cherche mes limites quand je suis sur des courses de 250km, seul avec moi-même. » Florian Vieux

« Assez rapidement je me suis lancé de gros défis, raconte-t-il. Sierre-Zinal, 100km de Bienne, je me suis rendu compte que plus c’était long plus j’étais à l’aise. » En rallongeant les distances, le sportif a trouvé son équilibre. « Dans le jargon, on dit souvent qu’on cherche la limite, la ligne. Je la trouve sur des courses de 250km quand je suis au bout du bout, seul avec moi-même. »

L’état de fantôme

Entre plaisir et souffrance, Florian Vieux trouve sa plus grande satisfaction dans la déconnexion. La quête d’adrénaline va souvent de pair avec une pratique sportive extrême. Et dans ce cas spécifique, la sensation recherchée est à la fois plus intense et plus abstraite. « Il y a toujours des moments où je ne réfléchis plus à ce que je fais », explique-t-il.

« J’atteins des périodes de zénitude. Je ressens chaque muscle, chaque partie de mon corps. » Florian Vieux

Dans ces instants d’absence, conscients ou non, le sentiment est quasiment indescriptible. « Je dirais que j’atteins des périodes de zénitude, dit-il. Mais je me méfie car souvent, juste après, j’ai un gros coup de barre. Ces sensations font néanmoins partie de ce que je recherche sur les longues distances. Je ressens chaque muscle, chaque partie de mon corps. »

Rien ne remplace l’expérience

Adepte à la fois de courses sur route et de trails hors norme, le Chablaisien a vu son corps évoluer au fil des années. Ce sportif amateur s’entraine dès qu’il peut : sorties en nature ou sur piste, travail en salle de force l’hiver. Tous les moyens sont bons pour progresser même si pour atteindre son niveau d’endurance, seuls les efforts consentis lors des épreuves font foi. « Tout se joue à l’expérience, relate-t-il. Parfois c’est bien, parfois moins. Des fois on se freine parce qu’on sait ce qui nous attend. »

« Lors des départs de course, je ne fais plus forcément partie des 5 premiers qui partent comme des fous. » Florian Vieux

Conscient de l’état de fatigue, des difficultés qui peuvent surgir, l’athlète appréhende de mieux en mieux chaque compétition. « Lors des départs de course, par exemple, je ne fais plus forcément partie des 5 premiers qui partent comme des fous. Je reste un peu derrière car c’est plus fiable ». Stratégie au long cours et forme du jour, ces ingrédients devraient lui servir pour ces prochains rendez-vous. À son programme figurent notamment une épreuve d’une semaine en Géorgie et les championnats du monde de 100km à Berlin.

Le défi ultime attendra
Nombreuses sont les épreuves qui font rêver Florian Vieux. Il a déjà participé à certaines d’entre-elles, comme la Namib Race ou le Swiss Peaks Trail. D’autres, encore plus difficiles, viendront peut-être un jour.
HDC
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