Pôle santé de Sion : un à deux ans de retard et des coûts qui s'envolent

Didier Morard
Journaliste

Le Pôle santé, à proximité de l’hôpital de Sion, accuse un retard d’un à deux ans. En cause : un problème de nappe phréatique dans le terrain mis à disposition par la Ville de Sion et l’autre plus saugrenu, un risque aérien.

Le Pôle santé, à côté de l’hôpital de Champsec, a pris du retard. Un à deux ans, selon Christophe Darbellay, le chef du Département de l’économie et de la formation. Initialement prévu pour 2024, le campus – qui accueillera la Haute école de santé, la Haute école de travail social, l’antenne valaisanne de l'EPFL et la fondation "The Ark" – sera achevé au plus tôt en septembre 2025, pour la rentrée académique. Plusieurs causes expliquent ce retard. La volonté de la Ville de Sion et de "The Ark" d’implanter un incubateur d'entreprises dans les domaines du sport, de la médecine et du mouvement.

«Tout est en train d’augmenter dans la construction, parfois de manière complètement exagérée»

Christophe Darbellay, chef du Département de l’économie et de la formation

Deux autres problèmes, techniques, sont venus repousser le début des travaux : le manque d’eau dans la nappe phréatique du terrain mis à disposition gratuitement par la Ville de Sion et un risque aérien. Skyguide – la société suisse de navigation aérienne – a informé tardivement le canton que le Pôle santé pouvait gêner le signal d’approche vers l’aéroport de Sion. Des solutions ont été trouvées pour ne pas perturber la ligne d’atterrissage des avions. «Des tests ont été effectués pour contrôler le niveau du signal. Pour cela, il a fallu scier le sommet de quelques peupliers. On peut s’en satisfaire pour la sécurité aérienne», sourit Christophe Darbellay.

Début imminent

Aujourd’hui, le dossier peut enfin aller de l’avant. Les travaux débuteront en février 2023. Mais déjà, les coûts de construction inquiètent. En 2020, le montant prévu pour le Pôle santé s’élevait à 86 millions de francs, dont 72 à charge du canton. «Les premières soumissions qu’on a rentrées pour le nouveau campus sont 30% au-dessus des estimations prudentes initiales», regrette amèrement Christophe Darbellay. «On a un problème général avec toutes les constructions de l’Etat. Tout est en train d’augmenter dans la construction, parfois de manière complètement exagérée, parfois de manière indue.»

Un projet capital

Le nouveau Pôle santé, aux abords de l’hôpital de Sion, permettra de former les jeunes dans les domaines du social et de la santé. Le bâtiment viendra remplacer le vétuste centre "Agasse" à Gravelone. «La volonté, c’est de construire une structure moderne avec à côté, l’Hôpital du Valais et la Clinique romande réadaptation. La fondation "The Ark" va apporter tout son tissu innovant. On est dans une dynamique positive», se réjouit Christophe Darbellay. «Il faut attirer les jeunes dans ce métier. Je n’ai pas envie qu’ils aillent se former dans des institutions concurrentes à Lausanne ou à Zurich.» De manière plus générale, le ministre du Centre s’inquiète pour cette profession. «On a de la peine à recruter du personnel. 60% des infirmières sont en provenance de l’étranger. Cette source est en train de se tarir.»

DM
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