Patrick Fischer: «On va à Pékin pour ramener une médaille»

Patrick Fischer ©Rhône FM
Hockey
Christophe Moreillon
Journaliste sportif stagiaire

L’équipe de Suisse de hockey sur glace dispute le NaturEnergie Challenge entre jeudi et vendredi du côté de Viège. Deux matches sous forme de dernier galop d’essai pour la Nati et son sélectionneur Patrick Fischer avant les Jeux Olympiques de Pékin prévus dans moins de deux mois.

L’équipe de Suisse de hockey sur glace a pris ses quartiers à Viège cette semaine. Elle affronte la Lettonie ce jeudi et la Slovaquie vendredi (19h45 à chaque fois) dans le cadre du NaturEnergie Challenge. L’occasion pour le sélectionneur Patrick Fischer d’effectuer ses derniers tests et de définir quels joueurs il souhaite embarquer avec lui lors des Jeux Olympiques de Pékin en février prochain. Nous sommes allés à sa rencontre du côté de la Lonza Arena.

Patrick Fischer, qu’est-ce que ces deux matches et ces quelques jours dans le Haut-Valais doivent apporter à l’équipe de Suisse?
Ils doivent nous permettre de perfectionner notre style de jeu. Le mois dernier à la Deutschland Cup, nous n’avons pas été très bons. On était trop lents sur la glace et cela ne correspond pas à notre vision. La volonté, c’est vraiment de mettre de la vitesse, d’être rapides dans le jeu de transition. La tactique est donc au cœur de notre travail cette semaine. Mais évidemment, l’autre priorité, c’est d’avancer dans le processus de sélection pour les Jeux de Pékin.

«Ce dernier test avant les Jeux engendre de la pression positive. C’est une sorte de challenge.»Patrick Fischer

Justement, ce tournoi viégeois est votre ultime test avant les JO. De quoi ressentir une petite pression supplémentaire?
Oui, c’est clair. Mais c’est une pression positive. Une sorte de challenge. En tout cas, j’ai un bon pressentiment concernant ces Jeux. On verra déjà ce que donnent ces deux matches et on aura ensuite un peu de temps pour les analyser avant de partir pour la Chine. La pression est aussi là pour les joueurs qui veulent tous montrer de quoi ils sont capables. Mais encore une fois, c’est une bonne pression, avec laquelle chacun de nous sait comment vivre.

Vous n’aurez eu que la Deutschland Cup et ce tournoi à Viège pour préparer les Jeux. Avec, à chaque fois, un cadre totalement différent. C’est vraiment suffisant pour savoir qui vous souhaitez emmener en Chine?
Oui. Vous savez, c’est déjà ma sixième année dans ce rôle de sélectionneur. Je connais donc très bien chacun de mes joueurs. Ce qui fera la différence au moment du choix final, ce sera la forme du moment. En Allemagne, j’avais un groupe peut-être plus «joueur» et ici à Viège, j’ai un effectif plus «costaud». En tout cas, les entraînements se sont bien déroulés cette semaine et je suis certain qu’on y verra déjà plus clair vendredi soir, après ces deux matches.

À Pékin, vous pourrez compter sur les joueurs de NHL. Les places à leurs côtés risquent donc d’être chères pour les autres…
Effectivement. Ce ne sera en tout cas pas facile de tous les départager. On a tellement de joueurs de grande qualité, tous aussi motivés les uns que les autres. En quelque sorte, c’est un vrai problème de riche qui se pose à nous.

«On sait qu’on fera face à de très bons adversaires mais nous ne devons craindre personne. Nous aussi, nous sommes une grosse équipe.»Patrick Fischer

Un problème mais aussi de quoi être armés pour réaliser de belles choses à Pékin…
Bien sûr. La déception d’il y a quatre ans à Pyeongchang (ndlr: élimination dès les 1/8èmes de finale contre l’Allemagne) est encore bien présente dans notre esprit. Tout le monde veut faire mieux cette fois. On sait évidemment qu’on devra faire face à de très bons adversaires mais nous ne devons craindre personne. Nous aussi, nous sommes une grosse équipe.

Vous le dites, vous voulez faire mieux qu’en 2018. Mais concrètement, quel sera l’objectif de l’équipe de Suisse lors de ces Jeux?
Écoutez, on en a parlé tous ensemble et tout le monde est d’accord: notre première mission est de passer les quarts de finale. Cela nous permettrait de vivre le dernier week-end de compétition, celui des médailles (ndlr: demi-finales le vendredi 18, petite finale le samedi 19, grande finale le dimanche 20). Avant de penser à ça, c’est clair qu’il faudra bien négocier le début du tournoi avec, direct, un bon test contre la Russie. Mais notre but est clair: on va à Pékin pour ramener une médaille.

«L’attente d’une médaille olympique a assez duré.»Patrick Fischer

La dernière fois que l’équipe suisse masculine de hockey y est parvenue, c’était en 1948 à Saint-Moritz…
Ouf…Si je suis bon en mathématiques, ça fait 74 ans, c’est juste? L’attente a assez duré…

Un gros résultat vous permettrait non seulement d’effacer la déception des derniers Jeux mais également, celle des Mondiaux du printemps dernier en Lettonie…
Tout à fait. Je tiens quand même à relever qu’à Riga, j’ai vu une très bonne équipe de Suisse durant plusieurs matches. Notre élimination en quarts (ndlr : contre l’Allemagne là-aussi) nous a ensuite fait beaucoup de mal mais aujourd’hui, elle doit nous servir. À nous de la transformer en motivation supplémentaire.

À deux mois de ces JO de Pékin, les incertitudes restent nombreuses en raison de la situation sanitaire. Comment est-ce que vous appréhendez tout cela?
Je ne vous le cache pas: comme pour tout le monde, cette situation est loin de me faire plaisir. Mais malgré tout, je crois qu’il est important de rester calme. D’être positif. Il faut prendre les choses comme elles viennent et c’est tout. Aujourd’hui, je mets tout mon focus sur Pékin et l’aspect sportif de cet événement. J’essaie vraiment de mettre de côté le reste.

«Une fois que l’on aura atterri à Pékin, on ne pensera plus du tout au virus. La fierté d’être au rendez-vous prendra le dessus.»Patrick Fischer

Mais quand même, ce seront vos 4èmes Jeux (ndlr: il en avait déjà vécu deux en tant que joueur en 1998 et 2006). L’esprit olympique, il sera aussi présent que lors des précédents?
Oui, j’en suis convaincu. Vivre un tel événement, c’est toujours spécial et ça le sera peut-être encore plus cette fois. Une fois que l’on aura atterri à Pékin, on ne pensera plus du tout à ce virus. La fierté d’être au rendez-vous prendra le dessus. Et chacun de nous sera motivé à aller le plus loin possible et à représenter dignement notre pays. Comme tous les autres grands événements, ces Jeux de Pékin seront une belle expérience à vivre.

CM
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