Pas d'impact à long terme du coronavirus sur les finances publiques

Les milliards de francs dépensés pour maîtriser la crise du coronavirus ne devraient avoir qu'une influence relativement faible sur l'évolution des dépenses publiques. ©KEYSTONE/ALESSANDRO CRINARI
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Keystone-ATS
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Le vieillissement de la population, les coûts de la santé qui lui sont liés et le changement climatique sont les trois défis auxquels les finances publiques devront faire face à long terme. La crise du coronavirus, en revanche, n'en fait pas partie.

C'est la conclusion d'un rapport sur les "perspectives à long terme des finances publiques en Suisse" publié mardi par l'Administration fédérale des finances (AFF). En se basant sur diverses hypothèses, ce document montre de quelle manière l'ensemble des budgets publics de Suisse se développeront d'ici 2050 si aucune mesure n'est prise par le monde politique. Il ne s'agit pas d'une prévision.

Le rapport montre que les milliards de francs requis pour faire face à la crise du coronavirus n'auront qu'une influence relativement faible sur l'évolution des dépenses publiques. A condition que la dette soit réduite et que les exigences du frein à l'endettement continuent d'être respectées.

Le Parlement et le peuple devront en fin de compte se prononcer sur le respect de ces deux principes, mais ceux-ci ne devraient pas être contestés sur le fond.

Réduction des dettes

Selon les projections de l'AFF, la quote-part de l'Etat devrait retrouver dès l'année prochaine son niveau d'avant la crise. Elle est passée de 31,6% à 34,8% du produit intérieur brut (PIB) de 2019 à 2021.

Le Conseil fédéral prévoit que les dettes liées au coronavirus soient réduites d'ici la fin des années 2020. Même si la crise du coronavirus devait à long terme exercer des effets négatifs sur la performance économique et les recettes de l'Etat, la quote-part de l'Etat sur 30 ans passerait à 35% du PIB, au lieu de 34,5%.

Défis démographiques

Le vieillissement de la population devrait en revanche peser plus longtemps, selon le rapport. En raison du départ à la retraite de la génération des baby-boomers, les répercussions financières de ce vieillissement seront particulièrement manifestes jusqu'en 2035.

Les chiffres publiés mardi montrent aussi des conséquences à plus long terme: alors qu'en 1995 la Suisse comptait trois actifs pour un retraité, cette proportion passera à 1,8 actif en 2050. Pour l'AFF, cela signifie qu'il faut prendre des mesures correctives, au-delà de la réforme de l'AVS actuellement en discussion.

Mais, d'une manière ou d'une autre, les défis démographiques devraient conduire à une hausse des dépenses publiques et de l'endettement de l'Etat. La Confédération s'attend en outre à une situation économique moins favorable durant les années 2030. Cela est lié par exemple à la fin de la phase de faiblesse des taux d'intérêt ou à une migration nette plus faible.

Impact du réchauffement difficile à chiffrer

Outre le poids de la démographie et des coûts de la santé, le changement climatique constitue probablement le principal défi à long terme pour la Suisse. Les recettes devraient ainsi diminuer, notamment en provenance de l'impôt sur les huiles minérales.

Dans le même temps, des dépenses supplémentaires seront nécessaires, par exemple pour réparer les dégâts liés au changement climatique. L'impact budgétaire du changement climatique est toutefois difficile à quantifier, en raison du manque de bases scientifiques dans ce domaine. Des données chiffrées pourraient être données dans les prochaines perspectives à long terme, prévues dans quatre ans.

En l'état actuel des connaissances, l'AFF estime que l'adaptation à l'augmentation graduelle des températures est possible en Suisse d'ici 2050. Des taxes d'incitation constituent à ses yeux l'instrument politique adéquat pour faire face aux conséquences du changement climatique.

ATS