Paolo Tramezzani: «On doit encore définir ce que l’on peut attendre de cette équipe»

Christophe Moreillon
Journaliste sportif RP

L’heure de la reprise a sonné pour le FC Sion. Le club valaisan lance ce dimanche sa 17ème saison consécutive en Super League du côté du Cornaredo où il a rendez-vous avec le FC Lugano. Avant ce déplacement au Tessin, rencontre avec l’entraîneur sédunois Paolo Tramezzani.

Cinquante-six jours plus tard, les choses sérieuses reprennent déjà pour le FC Sion. Le 22 mai dernier, le club valaisan sauvait sa place dans l’élite au terme de l’ultime journée de l’exercice face à Servette. Ce dimanche, il débute la nouvelle saison de Super League face à Lugano au Cornaredo. Entre ces deux dates, beaucoup de joueurs sont partis et quelques-uns sont arrivés. Les mouvements ne sont d'ailleurs pas terminés à en croire le directeur sportif Barthélémy Constantin. Quant à l'entraîneur, il est lui toujours le même en la personne de Paolo Tramezzani. Interview.

Paolo Tramezzani, comment ça va à quelques jours de cette reprise du championnat?
Bien. Je suis impatient que ça recommence. On a fait une bonne préparation. On a bien bossé à l’entraînement et on a joué plusieurs matches amicaux. Tout a été fait pour que l’on soit prêts dimanche.

«Personne ne peut affirmer être prêt à 100% aujourd’hui!»Paolo Tramezzani

Justement, l’équipe est-elle prête à 100% à se lancer dans cette nouvelle saison?
Non…mais personne ne peut affirmer être prêt à 100% aujourd’hui! Beaucoup d’équipes ont changé ces dernières semaines, à commencer par la nôtre. Chacune a fait un gros travail sur le plan physique depuis un mois et il va faire très chaud partout en Suisse ce week-end. Difficile donc d’être à 100% dans ces conditions. Les premiers matches de la saison, ce n’est facile pour personne. Mais qu’importe, on sait ce qu’on doit faire. Comment on doit jouer. On connaît aussi notre adversaire. Lugano sort de plusieurs bonnes saisons. À commencer par la dernière avec la victoire en Coupe. Ils ont de quoi aborder ce nouveau championnat avec confiance.

La dynamique est bien différente du côté du Valais…
Vous savez, pour moi chaque saison, qu’elle soit bonne ou compliquée, te donne des indications et te fait réfléchir sur ce qu’il faut changer ou non. L’an dernier, on a quand même atteint l’objectif que l’on s’était fixé en obtenant le maintien. Maintenant, pour vivre un meilleur championnat, il nous faut faire preuve de plus de continuité et être bien plus performants à la maison. Les équipes doivent savoir que venir à Tourbillon ne sera pas une partie de plaisir. Avant de penser au classement et de dire que l’on mérite d’être à telle ou telle place, ça doit être ça nos objectifs. Le groupe que j’ai à ma disposition va encore changer d’ici à la fin du mercato. On refera le point à ce moment-là.

Votre groupe a déjà beaucoup changé justement avec de nombreux départs, notamment en défense. Est-ce que ça vous préoccupe?
Non. Pas pour l’instant en tout cas car je sais qu’on a encore le temps d’intervenir. De faire les retouches nécessaires.

Mais quand même, plus que le nombre de départs, c’est l’identité de certains d’entre eux qui interpelle. Avec Bamert, Ndoye ou Benito, vous perdez plusieurs des leaders de votre défense. Comment faire pour les remplacer?
Bah, en ce moment, on ne les a pas remplacés. Mais c’est aussi un moyen d’envoyer un message à ceux qui sont toujours là. Ceux qui doivent aujourd’hui prendre plus de place, plus de responsabilités. C’est l’occasion de les aider à grandir, de les pousser encore plus dans leur progression. Derrière par exemple, des gars comme Joël (ndlr: Schmied), Nathanaël (ndlr: Saintini) ou Dimitri (ndlr: Cavaré) doivent démontrer qu’ils peuvent devenir des joueurs importants, plus encore qu’à l’heure actuelle. Et puis, je veux que mon équipe se reconnaisse au travers de plusieurs leaders. Pas seulement un ou deux.

«Si je repense au moment où je suis arrivé l’automne dernier, trente-cinq étaient susceptibles de jouer avec la première équipe. Trop c’est trop.»Paolo Tramezzani

Réduire l’effectif, c’était fondamental ?
Oui. Si je repense au moment où je suis arrivé l’automne dernier, trente-cinq étaient susceptibles de jouer avec la première équipe. Trop c’est trop. Cette année au contraire, j’ai eu dès le début l’occasion de travailler avec un groupe réduit. C’est un gros plus aussi bien pour moi en tant qu’entraîneur que pour les joueurs.

Au rayon des arrivées, cinq ont été enregistrées jusqu’à présent. Qu’est-ce que vous pouvez nous en dire?
Je pense que Lindner et Lavanchy sont les profils que vous connaissez le plus, non? D’un point de vue des performances sur la durée, Heinz est le meilleur gardien de la saison dernière. J’espère qu’il saura le confirmer chez nous. Numa, c’est un joueur extraordinaire, l’un des plus performants du championnat aussi bien sur le plan physique que tactique. Il est en pleine maturité, il est intelligent, il a du caractère et de la personnalité. Chouaref, c’est une belle découverte. Un joueur qui peut évoluer aussi bien en tant qu’ailier que comme 2ème attaquant. Il a de la qualité mais il doit continuer à travailler. Poha s’est tout de suite intégré à l’équipe, il a montré du caractère pour rapidement s’imposer dans le vestaire. Et enfin Zagré, c’est encore un tout jeune, il est de 2004 et il a manqué une bonne partie de la préparation pour des raisons de visa. Il est donc clairement en retard. Au vu de son âge et du fait aussi qu’il provienne d’un football complètement différent, on va surtout utiliser les prochains mois pour qu’il s’adapte à son nouvel environnement.

Lors de votre retour il y a moins d’un an, vous nous disiez que Kevin Fickentscher était un joueur mais surtout une personne importante pour vous et pour l’équipe. Aujourd’hui, il se retrouve poussé sur le banc par Lindner…
Mais ça ne change rien à ce que je pense de Kevin. Je lui ai parlé clairement, comme je l’ai toujours fait. J’ai fait des choix ces dernières années mais je l’ai toujours mis en avant car pour moi, il le méritait. Aujourd’hui, qu’il soit titulaire, remplaçant ou 3ème gardien, il garde la même importance à mes yeux. C’est quelqu’un qui a la bonne mentalité, qui est sérieux dans tout ce qu’il fait. J’en ai encore eu la preuve ces dernières semaines. C’est toujours le premier à arriver et le dernier à partir. Il est là pour aider ses coéquipiers. Peu de joueurs sont autant amoureux du club que lui donc même s’il joue moins, je sais qu’il sera un élément important pour nous cette saison.

Aujourd’hui, vous vous attendez encore à ce que le club s’active sur le marché des transferts?
Oui car encore une fois, il nous manque un peu de monde derrière. Il faudra aussi que l’on prenne une décision concernant les jeunes qui ont participé à la préparation. Ont-ils le niveau de la Super League ou doivent-ils aller s’aguerrir ailleurs? On a de quoi opérer sur plusieurs plans.

«Ce printemps, on a obtenu le meilleur classement des quatre dernières années alors qu’à dix minutes de la fin de la saison, on n’était même pas sûrs de nous sauver…ça fait réfléchir.»Paolo Tramezzani

À l’heure de débuter ce nouveau championnat, quelles doivent être les ambitions du FC Sion?
Je ne sais pas. Ce serait beau qu’après cinq années compliquées, on puisse enfin vivre une saison différente, une saison positive. Ce printemps, on a obtenu le meilleur classement des quatre dernières années alors qu’à dix minutes de la fin de la saison, on n’était même pas sûrs de nous sauver…ça fait réfléchir. À l’heure actuelle, on doit encore définir ce que l’on peut attendre de cette équipe. Des premiers éléments de réponse tomberont dimanche et on pourra encore profiter du mercato pour améliorer certaines choses. Que l'on soit de vrais protagonistes de ce championnat, voilà mon souhait.

Doit-on s’attendre à voir un FC Sion à l’identité aussi défensive que l’an dernier?
Vous savez, je viens d’une culture footballistique italienne. Une culture qui donne beaucoup d’importance à la tactique. Contrairement à ce que beaucoup pensent, être une équipe défensive n’est pas une mauvaise chose.  Pour moi, il faut défendre son but comme si c’était un membre de la famille. Ne pas encaisser de buts, ça veut dire ne pas perdre. Après, dans le passé, il m’est arrivé de proposer un football plus offensif lorsque j’avais les bons joueurs à disposition.  Tout ce que je veux, c’est le meilleur pour mon équipe. Et le meilleur, c’est de la mettre dans les meilleures conditions possibles sur le terrain. Quand je suis arrivé l’an dernier, elle avait pris six buts à Zurich, six buts à Bâle et quatre buts contre le Stade Lausanne Ouchy. Recadrer le secteur défensif était alors une priorité.

Le passage de la Super League à douze l’an prochain entraîne la suppression de la relégation directe cette saison. De quoi ressentir moins de pression?
Non, je ne crois pas. La pression, on la ressentira de toute manière. Positive ou négative? Cela dépendra de ce que l’on produit sur le terrain.

Dernière question, vous savez depuis quand le FC Sion attend de commencer la saison par une victoire?
(Il réfléchit) Alors là…

Depuis 2017 et une victoire à Thoune, déjà sous vos ordres…
C’est vrai! Espérons que cette attente prenne fin dimanche. Ce serait quand même cool de débuter sur une bonne note (rires).

CM
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