Ouverture du Festival international du film de Fribourg (FIFF)

Thierry Jobin, directeur artistique du Festival international du film de Fribourg, à gauche, et Mathieu Fleury, président de l'Association du FIFF, se réjouissent de voir leur manifestation revenir à la normale (archives). ©KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Cinéma
Keystone-ATS
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La 36e édition du Festival international du film de Fribourg (FIFF) s'est ouverte vendredi soir, marquant un retour à la normale. Le ministre de la culture Alain Berset a rappelé le rôle essentiel du FIFF comme "autant de fenêtres grandes ouvertes sur le monde".

La cérémonie d'ouverture s'est déroulée dans une salle à nouveau comble, comme avant la crise sanitaire. Les organisateurs, le directeur artistique Thierry Jobin en tête, ont vanté une édition 2022 "ambitieuse", après deux années chamboulées par le Covid-19. Le festival se tient jusqu'au dimanche 27 mars.

Presque tous sous-titrés en français et en allemand, les 127 films retenus, provenant de 58 pays de tous les continents, offrent au public une cartographie de l'état du monde. Le programme est déployé dans douze salles, au lieu de six, pour le confort du public, en collaboration avec cinq lieux de restauration, au lieu d’un seul.

Le FIFF, dont la dernière édition remonte à juillet seulement, a démarré sur les chapeaux de roues avec la première suisse du film d’action politique haletant Escape from Mogadishu, candidat aux Oscars pour la Corée du Sud. Le film sera ensuite projeté toute la semaine en 4DX, ont rappelé les organisateurs.

Grand Blond absent

"Le FIFF est un instrument de lutte contre l’abrutissement général, ses écrans sont autant de fenêtres grandes ouvertes sur le monde, qui aèrent nos têtes et libèrent nos esprits", a insisté dans son intervention le conseiller fédéral Alain Berset, venu comme à son habitude en voisin.

Le festival déplore par ailleurs une mauvaise nouvelle tombée jeudi soir: l'acteur français Pierre Richard, testé positif au Covid-19, ne pourra malheureusement pas se déplacer à Fribourg pour rencontrer le public du FIFF. Celui qui est notamment connu pour son rôle dans le Grand Blond à l'écran devait présenter sa carte blanche.

Les deux années de pandémie n’ont pas seulement bouleversé les habitudes du FIFF, mais ont aussi polarisé le débat et exacerbé les tensions, au détriment de la richesse des échanges. Ayant pour vocation première de rassembler et d’inviter à la discussion, le FIFF rallume donc les projecteurs et convie aux retrouvailles.

Consensus délicat

Ainsi, Thierry Jobin a rebondi sur les propos d'Alain Berset. "Les faits les plus établis et les preuves scientifiques les mieux documentées semblent ne plus parvenir à générer un consensus et des objectifs communs", a relevé le Jurassien d'origine et Fribourgeois d'adoption.

"Même celles et ceux qui mènent des combats identiques, notamment contre les discriminations ou l’avenir de la planète, ont des difficultés à se parler sans s’invectiver. Il faut que nous retrouvions le plaisir de la discussion et du débat", a ajouté le directeur artistique.

"Rassembler, c’est l’une des missions du FIFF, notamment lorsqu’il s’agit d’inclure le public le plus large possible, avec des collaborations renforcées ou encore en ouvrant grand les bras au bilinguisme", a décrit Mathieu Fleury, président de l'Association du FIFF. "C’est l’un des objectifs de cette 36e édition."

Ukraine présente

"Malgré des ressources financières qui restent sous pression, le FIFF a trouvé des relais de croissance pour se développer en ville de Fribourg, pour parfaire son bilinguisme ou encore pour s’étendre dans le canton, en particulier à Bulle", a dit l'autre Jurassien habitant à Fribourg.

La conseillère d’Etat Sylvie Bonvin-Sansonnens, en charge de la formation et de la culture, s’est réjouie pour sa part du nombre de jeunes que le FIFF convie dans les salles de cinéma grâce au programme scolaire Planète Cinéma. Près de 11'000 participants, de 4 à 25 ans, sont annoncés cette année.

La cérémonie d’ouverture a été ponctuée d’un moment musical émouvant avec la musicienne ukrainienne Zoryana Mazko, qui vit en Suisse. Accompagnée de sa bandoura, un instrument de musique traditionnel, elle a permis un temps de recueillement en hommage aux victimes de la guerre en Ukraine, causée par l'invasion de l'armée russe.

ATS
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