OMS: Omicron progresse plus rapidement que tous les autres variants

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus estime qu'Omicron est probablement présent dans la plupart des pays (archives). ©KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI
Coronavirus
Keystone-ATS
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Omicron progresse plus rapidement que "n'importe quel autre variant" de coronavirus jusqu'à présent, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il est présent désormais dans 77 pays.

"Omicron est probablement dans la plupart des pays", a affirmé mardi à la presse à Genève le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus. Dans certains Etats européens où il se propage déjà localement, le variant pourrait être le plus présent dès cette semaine, selon un responsable de l'organisation.

M. Tedros s'est dit inquiet d'une sous-estimation d'Omicron parce qu'il semble moins dangereux que Delta. D'autant plus que si certaines parties plus âgées de la population sont infectées, elles pourraient être plus durement affectées, selon un autre responsable de l'organisation qui appelle à être prudent sur les indications reçues d'Afrique du Sud et de Grande-Bretagne.

Autre indication, le chef du programme d'urgence au sein de l'OMS Michael Ryan ne pense pas qu'Omicron pourra mettre un terme à la pandémie en rendant le coronavirus endémique parce qu'il est moins dangereux, comme le pensent certains scientifiques. "Le prochain variant pourrait avoir des composantes différentes", a-t-il insisté.

Dans tous les cas, l'augmentation des contaminations avec Omicron "pourrait à nouveau surcharger des systèmes de santé qui ne sont pas préparés", a affirmé M. Tedros. Et l'organisation d'appeler à nouveau les gouvernements à être prêts face à la combinaison de Delta et de ce nouveau variant.

Appel aux fabricants

Le directeur général a répété aussi la préoccupation de l'organisation d'une nouvelle menace d'une accumulation de doses de vaccin dans les pays riches pour des troisièmes doses au détriment de Covax. Alors même que ce dispositif international a distribué davantage de doses ces dernières semaines qu'entre février et novembre.

Pour autant, aucune indication pour le moment ne laisse penser à de tels effets sur l'approvisionnement, fait toutefois remarquer l'organisation. Elle demande aux fabricants d'honorer leurs engagements avec Covax.

M. Tedros a à nouveau appelé à une immunisation équitable pour mettre un terme à la pandémie. Mais "les vaccins seuls ne suffiront pas" et il faut maintenir la distanciation sociale et les dispositifs d'hygiène, a-t-il encore affirmé.

"Quelques semaines" avant un pic

L'OMS répète qu'il faut d'abord immuniser largement la population partout avant de donner des troisièmes doses. Elle recommande celles-ci seulement pour les personnes auxquelles Sinovac ou Sinopharm ont été injectés.

L'OMS avait établi comme objectif de vacciner au moins 40% des habitants de tous les pays d'ici la fin de l'année et 70% d'ici fin juin prochain. Plus de 50 Etats ne devraient pas réussir à atteindre le premier d'entre eux en raison des problèmes d'approvisionnement, selon l'organisation.

"Nous avons encore quelques semaines avant d'atteindre le pic de cette vague" liée au variant Delta, a également insisté M. Ryan. Selon lui, il est possible pour les Etats riches de continuer à vacciner leur population tout en contribuant à faire avancer l'immunisation dans les pays en développement.

ATS