Nouvelle œnologue cantonale: «Je suis fière de relever ce défi après avoir été mère au foyer.»

Nadine Pfenninger-Bridy, nouvelle oenologue cantonale ©DR/Rhône
Oenologie
Diana-Alice Ramsauer
Journaliste RP

Elle est la deuxième femme à devenir œnologue cantonale valaisanne. Nadine Pfenninger-Bridy a pris ses fonctions au début du mois. Avec un message : à cinquante ans, après avoir élevé deux enfants, il est possible de se faire une belle place dans le monde professionnel.

La radio branchée sur de la musique classique, la nouvelle œnologue cantonale prend ses marques dans son laboratoire d’analyses. Le 1er octobre dernier, Nadine Pfenninger-Bridy a succédé à Corinne Clavien, en poste depuis 2008.

Cette maman de deux filles maintenant adultes a toujours baigné dans le vin et la vigne, nous dit-elle. Elle est originaire de Leytron et Saillon, son père était vigneron et son ex-mari œnologue.

Après une maturité hybride en latin-sciences et quelques années en chimie à l’université, ses débuts dans la profession, elle les vit sur le canton de Vaud, auprès de l’œnologue cantonal de l’époque. C’était dans les années 2000. «C'est là que j'ai dû tout apprendre. Ça n'était pas évident, j'ai dû faire ma place. Tout d'abord en tant que Valaisanne sur le canton de Vaud. Mais aussi en tant que femme: à l'époque ça n'était pas encore forcément acquis, d'avoir accès à la profession en tant que personne de sexe féminin. On me faisait confiance pour l'analyse en laboratoire, mais pour la dégustation, je devais vraiment m'imposer. Mais avec le temps, j'ai su gagner la confiance des encaveurs vaudois.»
 

«En tant que femme, on me faisait confiance pour l'analyse en laboratoire, mais pour la dégustation, je devais vraiment m'imposer.»Nadine Pfenninger-Bridy, oenologue cantonale

Après un détour du côté du centre de recherche agroscope à Wädenswil pour accompagner le papa de ses deux filles, elle décide d'ouvrir un laboratoire indépendant. Pendant ces treize dernières années, elle a donc couplé son activité familiale à son travail d'œnologue indépendante.

Maintenant que ses deux filles sont adultes, elle se réjouit de pouvoir relever un nouveau défi professionnel. «Pour moi, c'est une fierté d'avoir été maman au foyer. Je trouve que ce n'est pas du tout un titre dénigrant pour une femme. C'est un message aussi que j'aimerais faire passer: il n'y a pas forcément nécessité de tout sacrifier pour une vie professionnelle. On peut accorder un temps à la famille, puis ensuite, accorder un deuxième temps à un métier passionnant.»

8'000 vins dégustés chaque année

En matière d'objectifs, la Valaisanne dit ne pas avoir beaucoup d'ambition personnelle. «Je pense surtout avoir un rôle de lien et de soutien à cette branche qui vit des périodes difficiles, explique-t-elle. J'aimerais être à l'écoute de la base et faire remonter les soucis, les besoins, les attentes, auprès de l'administration ou de la recherche.» Le gel et les maladies des vignes impactent d'ailleurs évidemment son activité. « Plus la quantité d’une vendange est petite, plus le prix d’une cuvée ratée est grand », analyse-t-elle.

Car si en cette période de récolte, Nadine Pfenninger-Bridy a le temps de souffler et de se mettre en route tranquillement, le gros du travail viendra avec le début de la vinification. Elle devra, entre autres, déguster quelque 8'000 vins: des vignerons-encaveurs qui louent ses services pour repérer les défauts des vins et espèrent des conseils. «J'analyse les échantillons dans ce laboratoire. C'est un support pour suivre le vin, vérifier qu'il ne dévie pas, qu'il évolue régulièrement. Et à la fin, effectivement, on déguste tous les vins pour éviter les grosses erreurs et mener les clients vers de la qualité.»

Nadine Pfenninger-Bridy est également conseillère communale, responsable des dicastères construction, territoire, agriculture et patrimoine. « Je ne me vois pourtant pas comme une politicienne. Plutôt comme une "gestionnaire communale". »

dar
Thèmes liés à l'article
Oenologue cantonaleAgricultureVin
Catégories