Neuchâtel: bénéfice de 3,5 millions en 2021

Pour Laurent Kurth, conseiller d'Etat neuchâtelois, la crise ukrainienne pourrait provoquer des millions à absorber au niveau des surcoûts liés à la hausse des prix de l'énergie. ©KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT
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Keystone-ATS
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Le canton de Neuchâtel a dégagé un bénéfice de 3,5 millions de francs en 2021, sans solliciter la réserve de politique conjoncturelle en lien avec le Covid. Ce résultat est moins élevé que le budget (8 millions), mais meilleur que celui de 2020 (0,8 million).

"Les comptes 2021, qui enregistrent pour la 5e année consécutive une amélioration, sont satisfaisants vu la situation particulière liée à la crise sanitaire. On peut même dire que c'est inespéré", a déclaré mercredi Laurent Kurth, conseiller d'Etat. Ils présentent des chiffres noirs sans solliciter de prélèvement dans la réserve de politique conjoncturelle alors que le budget 2021 prévoyait une ponction de 31 millions.

Les finances neuchâteloises ont été marquées par les incidences financières liées à la pandémie, dont l’impact net sur le compte de résultats est estimé à 47,3 millions de francs. En 2020, les conséquences du Covid s'étaient élevées à 97,6 millions.

Investissements retardés

Malgré notamment les coûts liés au Covid qui ont péjoré le résultat, le canton a pu obtenir un bénéfice grâce à une amélioration des recettes fiscales (+57,5 millions) par rapport au budget et une hausse du versement de la BNS (+26,4 millions à 82,4 millions). Si les revenus fiscaux (1,041 milliard) sont plus élevés que ceux budgétés, ils sont en recul par rapport à 2020 (1,056 milliard).

"Les revenus des personnes physiques ont baissé en raison de la réforme fiscale. Mais en parallèle, cette dernière a permis de générer de nouvelles recettes avec le contrat-formation et l'impôt foncier", a expliqué le conseiller d'Etat en charge des finances.

Les charges de personnel augmentent de 7,6 millions de francs à 463,8 millions par rapport à 2020. Cette hausse s'explique par des engagements de personnes pour affronter la crise ou pour mener de nouveaux projets d'investissement, a ajouté Laurent Kurth.

Les investissements nets se sont élevés l'an dernier à 63,1 millions de francs, soit 21,7 millions de moins que ceux budgétés, mais 11,3 millions de plus que l’exercice 2020. Les écarts par rapport au budget s’expliquent notamment par le report ou le retard dans plusieurs projets.

Surcoût énergétique: des millions

La crise sanitaire "a joué un rôle significatif, puisqu’elle explique de nombreux retards pris sur divers chantiers et qu’elle a mobilisé une partie des ressources internes de l’administration pour gérer ses incidences aux dépens de certains projets qu’il était prévu de mener", a précisé Laurent Kurth. Le niveau des investissements est insuffisant et n’atteint pas le minimum légal prévu par le mécanisme de frein à l’endettement.

Le niveau de la dette (1,8 milliard à fin 2021) et son évolution future continue de mobiliser l’attention du Conseil d'Etat. Pour le président du gouvernement Laurent Favre, le contexte sanitaire reste fragile et la situation géopolitique actuelle entre l’Ukraine et la Russie est également une source d'incertitudes.

"La crise ukrainienne aura par exemple un grand coût au niveau de la hausse des prix de l'énergie. Ce sont plusieurs millions qu'il faudra absorber", a noté Laurent Kurth. Vu les projections négatives qui caractérisent actuellement les exercices 2023–2025, des efforts doivent être poursuivis pour maintenir des finances publiques solides et renforcer les investissements, a conclu Laurent Favre.

ATS
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