Nathan Vouardoux: «Je n’aurais jamais pensé être là aujourd’hui»

Christophe Moreillon
Journaliste sportif RP

Il y a un an, Nathan Vouardoux ne comptait qu’une seule petite apparition en National League. Même pas trois minutes sur la glace. Aujourd’hui, il est nominé au titre de meilleur espoir de la ligue et passe la semaine avec l’équipe nationale. Le Sierrois évoque cette progression éclair.

Il y a une semaine, Nathan Vouardoux profitait de courtes vacances en Italie. Jeudi, il fêtait son 21ème anniversaire et depuis lundi, il a posé ses valises à Cham dans le Canton de Zoug. À l’OYM Center plus précisément où l’équipe de Suisse lance sa saison 2022-2023 par un camp qui s’achèvera ce jeudi. Un camp destiné à de jeunes éléments venus découvrir la philosophie du cadre A de la Nati et de son sélectionneur Patrick Fischer.

Aux côtés de Nico Hischier

«C’est un honneur et une fierté d’être ici», affirme à l’autre bout du fil celui qui est l’un des sept néophytes retenus pour ce stage. «Même si l’on n’a pas de matches prévus contre d’autres équipes, c’est spécial de savoir que l’on est là pour représenter notre pays.» Durant ces quatre jours, le Sierrois côtoie donc essentiellement des éléments qui, comme lui, sont en quête d’expérience…mais pas seulement. Tous deux établis en NHL, Nico Hischier et Philipp Kurashev sont également de la partie. «Ils n’hésitent pas à nous donner des conseils, à nous partager leur vision du jeu et leur vécu. Les avoir avec nous, c’est du bonus.»

«Le sélectionneur est une personne entière avec qui il est facile d’avoir des feedbacks.»Nathan Vouardoux

Au rythme d’un ou deux entraînements par jour et d’oppositions à l’interne, Nathan Vouardoux se familiarise aux exigences de Patrick Fischer. «Je l’avais déjà rencontré lors des Mondiaux U20 à la fin 2020. C’est quelqu’un qui sait où il va. Une personne entière avec qui il est facile d’avoir des feedbacks.» Cet appel du sélectionneur – qui l’avait déjà retenu pour disputer deux matches amicaux auxquels il a dû renoncer en raison d’une blessure ce printemps – le Valaisan était loin de l’imaginer voici douze mois. «C’était un objectif à terme mais je n’aurais pas pensé être là aujourd’hui déjà, c’est vrai.»

Rapperswil: la bonne opportunité au bon moment

Rembobinons. Nous sommes à l’été 2021. Nathan Vouardoux ne compte alors qu’une seule petite apparition en National League. Moins de trois minutes sur la glace lors d’un derby perdu par le Lausanne HC – qu’il avait rejoint à 15 ans seulement en provenance de Sierre – face à Fribourg-Gottéron. En quête de temps de jeu, le Valaisan fait le choix de quitter la capitale olympique pour Rapperswil. «La philosophie du club, qui n’hésite pas à faire confiance aux jeunes, m’a convaincu. Bien sûr, j’aurais aimé avoir ma chance à Lausanne même si je ne parlerais pas pour autant d’une déception. J’ai eu cette opportunité à Rappi et je crois l’avoir saisie au bon moment.»

«La seule différence entre Rapperswil et Sierre, c’est le lac qui est plus grand que Géronde!»Nathan Vouardoux

Difficile de donner tort à un élément qui s’est rapidement imposé comme l’un des défenseurs les plus utilisés par son club. Dans le détail: 51 matches disputés, 16 points inscrits. «Je le dois au coach qui m’a tout de suite fait confiance. Mais aussi à mes coéquipiers. Dans le vestiaire, tout le monde tire à la même corde. Tout le monde s’entraide. Je leur dois vraiment beaucoup.» Très bien intégré dans l’équipe, le défenseur s’est aussi rapidement adapté à son nouvel environnement. «Rapperswil, c’est une ville plus petite que Lausanne. Cela me fait un peu penser à Sierre. La seule différence, c’est le lac qui est plus grand que celui de Géronde (rires)!»

L’apprentissage d’une cruelle élimination en playoffs

Si la saison écoulée s’est bien déroulée sur le plan personnel pour Nathan Vouardoux, elle s’est également plutôt bien passée d’un point de vue collectif. En tout cas dans un premier temps. Les Saint-Gallois ont terminé la saison régulière au 4ème rang du classement. Ils ont ensuite vécu la cruelle désillusion d’être éliminés en quarts de finale des playoffs par Davos après avoir mené 3-0 dans la série. «Ce n’était pas facile à vivre», concède le Valaisan. «C’était là aussi une première expérience pour moi avec des playoffs en National League. Ce n’était évidemment pas notre objectif mais je pense que dans la globalité de la saison, on a beaucoup de positif à retirer. On est en tout cas sur une bonne voie. Sur une pente montante.»

«Ma nomination au prix de meilleur espoir? C’est difficile de mettre des mots dessus.»Nathan Vouardoux

Le défenseur pourrait lui en tout cas gravir un nouveau pallier de sa pente ascendante vendredi à l’occasion de la cérémonie des Swiss Ice Hockey Awards. Il figure parmi les trois nominés au titre de meilleur espoir de l’année aux côtés du Zougois Dario Allenspach et du Bernois Joshua Fahrni. «C’est difficile de trouver les mots pour expliquer ce que cette nomination représente. C’est en tout cas une autre récompense pour mes performances. Encore une fois, je n’aurais jamais pensé être là aujourd’hui. Cela ne peut qu’être quelque chose de positif à ajouter à mon CV. Et c’est une motivation pour la suite. Cela m’encourage à poursuivre sur la même voie, que cela soit aussi bien personnellement que collectivement.»

Quel avenir en fin de saison?

À Rapperswil, Nathan Vouardoux dispose d’un contrat jusqu’au terme du prochain exercice. S’il assure que son avenir ne le préoccupe pas pour le moment, le Sierrois affirme aussi qu’il ne veut fermer aucune porte. «Tout ce que je sais, c’est que je me sens bien dans l’équipe et dans la ville. Mon unique objectif aujourd’hui, c’est de continuer à grapiller de l’expérience. Avoir toujours plus de temps de glace et m’imposer dans les situations spéciales. Je veux simplement développer mon jeu.»

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