Moscou maintient ses objectifs malgré l'aide occidentale à Kiev

La télévision d'État russe a tenté de rendre l'utilisation des armes nucléaires plus acceptable pour le public (archives). ©KEYSTONE/EPA/RUSSIAN DEFENCE MINISTRY PRESS SERVICE / HANDOUT
Ukraine
Keystone-ATS
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La Russie a affirmé jeudi qu'elle atteindrait ses "objectifs" en Ukraine même si l'aide occidentale retardait ses plans. Ses forces semblaient engagées dans des combats à l'intérieur même de l'aciérie Azovstal, dernière poche de résistance du port de Marioupol.

"Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Otan dans son ensemble partagent en permanence des données du renseignement avec les forces armées ukrainiennes. Conjuguées aux approvisionnements en armes (...), ces actions ne permettent pas d'achever rapidement" l'offensive russe en Ukraine, a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

Ces actions "ne sont toutefois pas en mesure d'empêcher" que les objectifs de l'intervention militaire russe en Ukraine soient remplis, a-t-il ajouté, après 10 semaines d'une invasion russe qui a fait des milliers de morts et provoqué l'exode de plus de cinq millions d'Ukrainiens. Jusqu'ici, les forces russes n'ont pu revendiquer le contrôle total que d'une ville ukrainienne d'importance, Kherson, dans le sud.

En terminer à Marioupol

Mais elles semblent désormais décidées, après deux mois de siège et de bombardements, à en finir avec les derniers combattants ukrainiens qui, depuis les souterrains de l'immense aciérie Azovstal, résistent encore à Marioupol, dans le sud du Donbass.

Le commandant-adjoint du régiment Azov qui défend l'aciérie, Sviatoslav Palamar, a affirmé dans une vidéo jeudi que des "combats sanglants" se déroulaient à l'intérieur même de cet immense site industriel et que les Russes "ne respectaient pas leur promesse" de cessez-le-feu annoncé la veille.

Ces déclarations contredisent celles du Kremlin: M. Peskov a assuré jeudi que des couloirs humanitaires "fonctionnaient" pour évacuer les civils restants dans cette usine de Marioupol - qui seraient encore 200, selon le maire de la ville Vadim Boïtchenko. Il a aussi démenti tout assaut et affirmé que l'armée russe respectait le cessez-le-feu autour de l'aciérie qu'elle a annoncé mercredi pour trois jours.

La prise totale de Marioupol, port industriel dévasté par deux mois de siège et de bombardements russes, serait une victoire symbolique pour Moscou à l'approche du 9 mai, jour où la Russie célèbre avec un grand défilé militaire sur la Place Rouge sa victoire sur l'Allemagne nazie en 1945.

Appel de fonds mondial

Dans ce contexte, le président Zelensky, qui ne cesse de réclamer plus de sanctions contre la Russie et plus de livraisons d'armes, a lancé jeudi une campagne mondiale de levée de fonds pour l'Ukraine, via une plateforme créée pour l'occasion. La page d'accueil de la plateforme propose de choisir entre un don pour financer la défense, l'aide médicale ou la reconstruction de l'Ukraine.

Plus de six milliards d'euros "pour aider l'Ukraine et tous ceux qui (la) soutiennent" ont parallèlement été réunis lors d'une conférence internationale des donateurs à Varsovie, a indiqué jeudi le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki.

Simulation de tirs nucléaires

Les forces russes poursuivent par ailleurs leur offensive dans le reste de l'Ukraine, notamment dans l'est. Selon le gouverneur de la région de Donetsk, 25 civils ont été blessés dans une frappe ayant touché dans la nuit un quartier résidentiel à Kramatorsk. Moscou a indiqué y avoir visé un poste de commandement ukrainien et deux entrepôts militaires sur l'aérodrome de la ville.

La Russie a également dit avoir tiré des missiles "de haute précision" dans le sud, notamment sur un aéroport militaire près de Kirovograd, ainsi qu'un dépôt de munitions et un dépôt de carburants dans la région de Mykolaïv.

Et Moscou a annoncé mercredi soir que son armée avait simulé des tirs de missiles à capacité nucléaire dans l'enclave russe de Kaliningrad, entre la Pologne et la Lituanie, deux pays membres de l'UE.

Nouvelles sanctions

Le président du Conseil européen Charles Michel s'est par ailleurs prononcé jeudi pour une confiscation des avoirs russes gelés dans l'UE dans le cadre des sanctions, afin de les utiliser pour reconstruire l'Ukraine. Mercredi, la Commission européenne a proposé, dans le cadre d'un sixième paquet de sanctions de l'UE, un embargo progressif sur le pétrole importé de Russie.

Outre un embargo sur le pétrole, l'Union européenne a aussi proposé mercredi d'exclure trois banques russes supplémentaires dont Sberbank, le plus gros établissement russe, du système financier international Swift. Une réunion du Conseil de sécurité sur l'Ukraine était par ailleurs prévue jeudi soir à New York.

ATS
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