MIG-29 pour l'Ukraine: Washington rejette l'offre de Varsovie

Les combats se poursuivent en Ukraine, notamment à Khakiv. ©KEYSTONE/AP/Marienko Andrew
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Keystone-ATS
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Les Etats-Unis ont jugé mardi irréalisable de récupérer des avions MIG-29 polonais au bénéfice de l'Ukraine. Ils vont cependant poursuivre leurs discussions avec Varsovie. Sur le terrain, des nouvelles trêves permettant l'évacuation de civils sont attendues mercredi.

Les Etats-Unis, tout en poursuivant leurs discussions avec la Pologne, ont estimé que la proposition de Varsovie de livrer à l'armée américaine ses avions MIG-29 pour ensuite les remettre à l'Ukraine n'est pas "viable", a déclaré le porte-parole du Pentagone.

La Pologne s'est dit mardi prête à "déplacer sans délai et gratuitement tous ses avions MIG-29 sur la base de Ramstein [en Allemagne, ndlr] et de les mettre à la disposition du gouvernement des Etats-Unis". Cette décision a d'abord "surpris" les Etats-Unis, avant qu'ils ne l'enterrent, au moins provisoirement.

5000 personnes évacuées

Sur le terrain, l'armée russe a annoncé une nouvelle trêve pour l'évacuation des civils en Ukraine mercredi, après la mise en oeuvre mardi de couloirs humanitaires. Plus de 5000 personnes ont ainsi été évacuées à ce jour de Soumy, de plus de 250'000 habitants, a indiqué mercredi l'adjoint au chef de l'administration présidentielle ukrainienne, Kyrylo Timochenko, cité par des médias ukrainiens.

Une soixantaine de bus, en deux convois, sont parvenus à mettre en sécurité ces civils, femmes, enfants et personnes âgées pour la plupart. "Mais ce n'est qu'un pourcent de ce que nous devons faire, de ce qui est attendu par mon peuple, par les Ukrainiens qui sont coincés" dans les zones de combats, a indiqué le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans un message vidéo mardi soir. Au moins 21 personnes ont été tuées la veille dans des frappes aériennes russes à Soumy.

Mercredi, une nouvelle trêve doit entrer en vigueur pour permettre l'évacuation d'autres civils, a assuré l'armée russe. Ce qui ne l'a pas empêché, selon les services ukrainiens de secours d'urgence, de bombarder mardi soir la petite ville de Malyn, dans la région de Zhytomyr, à l'ouest de Kiev, où cinq personnes sont mortes après la destruction de sept maisons.

Encerclement de Kiev

Les évacuations se poursuivaient aussi dans la région de Kiev, malgré des tirs sur des couloirs humanitaires, d'après le chef de l'administration locale Oleksiï Kouleba. Kiev et ses trois millions d'habitants sont coupés du reste du pays sur trois flancs: les combats font rage dans ses faubourgs du nord et de l'ouest et les routes vers l'est sont bloquées par des chars russes et des champs de mines.

Dans le sud-est, à Marioupol, un grand port stratégique sur la mer d'Azov, quelque 300'000 civils restaient coincés, a affirmé le gouvernement ukrainien.

Dans le sud, à Mykolaïv, près d'Odessa, des files de voitures remplies de civils fuyant les combats s'étiraient sur des kilomètres, tandis que résonnaient les tirs depuis la ligne de front, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le conflit déclenché le 24 février a en outre poussé plus de deux millions de personnes à quitter le territoire ukrainien pour se réfugier à l'étranger, essentiellement en Pologne, selon l'ONU. L'Europe s'attend à recevoir cinq millions d'exilés.

Alerte à Tchernobyl

Après presque deux semaines d'offensive, les forces russes ont continué à se déployer autour des métropoles ou intensifié leurs bombardements, ont assuré des responsables ukrainiens. Le Pentagone a fait état d'une nouvelle colonne russe avançant vers Kiev par le nord-est, tandis que la principale, en provenance du nord, se trouve à l'arrêt depuis plusieurs jours.

Selon le Pentagone, "2000 à 4000" soldats russes ont été tués en Ukraine depuis le début de l'offensive. Le 2 mars, la Russie avait fait état de 497 morts dans ses rangs, mais elle n'a donné aucun nouveau bilan de ses pertes.

L'AEIA, agence de l'ONU pour la sécurité nucléaire, a dit de son côté avoir perdu contact avec les systèmes contrôlant à distance les matériaux nucléaires de la centrale de Tchernobyl.

ATS