Meurtre au couteau à la gare de Martigny : "Je m'en voudrai toute ma vie"

Gare de Martigny, mars 2018 ©keystone-ATS
Justice
Thomas Schurch
Journaliste RP

Un homme est jugé pour meurtre au Tribunal cantonal. Accusé d'avoir en 2018, poignardé à mort un jeune de 22 ans à la gare de Martigny. Rhône FM a assisté aux débats.

Il est aux environs de 19 heures ce vendredi 16 mars 2018. Un début de week-end banal. Là, à la gare de Martigny, se trouve une bande de potes. Pour une broutille, une dispute éclate. Une histoire de "bout de shit".

Il s'enfuit à pied dans les rues de Martigny

Et puis, tout bascule : c'est à ce moment-là que l'accusé, il a 18 ans au moment des faits, aurait sorti un couteau. Il frappe son pote, lui assène un coup juste à côté de la clavicule, à la base du cou. Le sang gicle. La victime, un apprenti-vitrier de 22 ans, décède d'un choc hémorragique.

Ensuite, tout va très vite… L'accusé prend la fuite, à pied. Il se dirige vers la place centrale, puis disparait. Martigny s'en souvient encore : "Un meurtrier qui a tué est en cavale". Après une nuit entière où il parvient à se cacher, il se rend finalement à la police.

Jugé une première fois en octobre 2020 au Tribunal de Martigny, ce ressortissant Portugais est condamné à douze ans de prison pour ce crime (plus 10 mois supplémentaires en lien avec une autre affaire de lésions corporelles). Une peine suivie d'une expulsion du pays pour dix ans. La défense qui parle d’un "verdict dicté par l’émotion", fait en appel.

"Ce meurtre, c'est quelque chose d'abominable. Un geste abject, odieux" Sophie Haenni, avocate de la partie civile

Le procès en appel s'est ouvert ce jeudi sur le coup de 9 heures au Palais de justice de Sion. L'accusé s'est présenté les fers aux pieds, en jeans et baskets. De longs cheveux coiffés en dreadlocks attachés en queue de cheval. Derrière lui sur la droite, la famille de la victime. La mère, en pleurs, écoute attentivement les débats et acquiesce de la tête les propos tenus par leur avocate. Et ils font mouche. "Ce meurtre, c'est quelque chose d'abominable. Un geste abject, odieux", répète Me Sophie Haenni. "Il a sorti son couteau de sang-froid. Il était capable de discernement. Il a asséné un coup mortel, froid, direct. Il n'a laissé aucune chance à sa victime."

En prison, il fait entrer une machine à tatouer artisanale

L'avocate rappelle le passif de l'accusé, "un homme avec de nombreuses condamnations pénales, un casier bien chargé. En prison, il a eu des bagarres avec des détenus, il a fait entrer une machine à tatouer artisanale. Il a même prétexter une blessure pour obtenir des béquilles et s'évader. tout cela ne plaide pas en une vraie prise de conscience." Ci-dessous, interview

"Il s'est excusé lors de toutes les audiences, il est sincère !" Basile Couchepin, avocat de l'accusé

De son côté, la défense conteste formellement un soi-disant manque de compassion de la part de l'accusé. "Il a écrit aux parents de la victime, il s'est excusé lors de toutes les audiences. Il est sincère !" Me Basile Couchepin qui revient sur le climat lors des débats. "C'est difficile, mais il faut sortir de l'émotionnel lorsque l'on juge une personne. Il faut rappeler le contexte de cette affaire. Nous ne voulons pas faire le procès de la victime. Nous n'avons jamais voulu le faire. Mais il faut remettre les choses en perspectives ! Il y a des éléments concrets qui n'ont pas été tenus compte par les premiers juges. Ce soir-là, mon client a pu se sentir en danger à un moment donné vis-vis de la victime. La victime voulait en découdre, violente, prête à fondre sur mon client.. Cette peine est excessive." Basile Couchepin ici :

Sur le coup des 11 heures 45 ce jeudi, au moment de clore les débats, la parole est revenue une dernière à la défense. L'accusé s'est levé. voici ces dernières paroles :

"J'y pense tous les jours. Je m'en voudrai toute ma vie. Je n'aurai jamais assez de mots pour m'excuser auprès de la famille. Je m'engage à mettre tout en oeuvre pour que jamais une telle chose n'arrive à nouveau" L'accusé devant la Tribunal cantonal

Le Minsitère public a requis la même peine que celle infligée en première instance, 12 ans et 10 mois. Le jugement sera rendu ultérieurement.

TS
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