Manifestations pour que le climat pèse dans la présidentielle en France

Les manifestants entendaient dénoncer l'absence des enjeux climatiques dans la campagne. ©KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON
France
Keystone-ATS
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Des dizaines de milliers de personnes, selon les organisateurs, ont manifesté samedi à travers la France, à un mois du premier tour de la présidentielle. Cela pour que l'urgence climatique soit mieux prise en compte par les prétendants à l'Elysée.

Brandissant notamment dans le défilé parisien des centaines de pancartes "On en parle quand?", les manifestants entendaient dénoncer l'absence des enjeux climatiques dans la campagne, notamment médiatique, où ces sujets n'ont occupé, selon un "baromètre" mis en place par des ONG, que "1,5% du temps de parole" sur la dernière semaine étudiée (28 février au 6 mars).

Plus de 550 ONG, associations ou collectifs appelaient à ces marches, baptisées "Look up" (Levez les yeux) en référence au film "Don't look up", métaphore de la crise climatique qui a cartonné sur Netflix.

Des syndicats et partis avaient également appelé à participer, comme la France insoumise (gauche radicale), EELV (écologistes) ou le Parti socialiste, dont les candidats respectifs Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Anne Hidalgo sont venus à la manifestation parisienne.

Au total, 135 marches ont eu lieu à travers le pays, rassemblant 80'000 personnes selon les organisateurs, dont 32'000 pour le défilé parisien.

Menace "passée sous silence"

"L'heure est plus que grave, j'ai 34 ans et j'ai vu la nature prendre un coup de pelle dans la figure. Les politiques ne sont pas à la hauteur des enjeux", dit Lydie Lampin Bernand, qui tient la banderole de tête "Ensemble pour le climat" dans la manif à Lille (nord).

Une critique récurrente chez les manifestants, comme dans "l'appel unitaire" des organisateurs, qui dénonce le fait qu'"en France en 2022, la plus grande menace que l'humanité ait jamais connue est passée sous silence en pleine période électorale, alors que notre avenir est en jeu".

Organisateurs comme manifestants reconnaissent d'ailleurs que l'invasion de l'Ukraine par la Russie a évidemment monopolisé l'attention, mais pointent que la question climatique était même avant cette actualité dramatique largement absente des débats électoraux.

"Paix, climat, même combat!"

Et de souligner l'importance des questions énergétiques dans la géopolitique, via le slogan "Paix, climat, même combat!", affichant leur solidarité avec l'Ukraine.

"Le régime criminel de Vladimir Poutine se finance aussi par cette dépendance aux énergies fossiles. Sortir des énergies fossiles est nécessaire pour le climat et pour un monde plus stable", explique ainsi Lorette Philippot, des Amis de la Terre France.

De son côté, un "collectif écologiste" baptisé "La Braise", a revendiqué une action filmée en vidéo, taguant notamment "Assassin" à l'entrée de bureaux parisiens du géant russe gazier Gazprom.

ATS