Malgré 3 années de lutte, le feu bactérien persiste en Valais

Feu bactérien
Agriculture
Oriane Binggeli
Journaliste RP

Malgré trois ans de lutte, le feu bactérien n’a pas été éradiqué des cultures valaisannes. Le canton n’est officiellement plus une zone protégée. Mais le canton n’entend pas relâcher ses efforts pour autant.

Le Valais n'arrive pas à éradiquer le feu bactérien dont des nouveaux foyers ont été découverts il y a trois ans sur son territoire. La dernière région du pays qui était classée zone protégée passe désormais en zone à faible prévalence. Conséquences: il n'y aura plus d'arrachages obligatoires, ni d'indemnisations.

"Malgré les mesures à caractère obligatoire prises depuis 2019, le feu bactérien n’a pas pu être totalement éradiqué des vergers du Valais central", indique mardi le canton dans un communiqué. En trois ans, le nombre de parcelles arboricoles affectées par cette maladie qui attaque les arbres fruitiers a toutefois pu être divisé par trois, passant de 90 à 30. Le nombre de communes concernées a également diminué, précise-t-on de même source.

Parcelles entières décimées

Pour réduire cette zone, les arboriculteurs ont dû procéder à beaucoup d'arrachages. "En 2019, ce sont des parcelles entières qui ont dû être arrachées, les années suivantes tous les arbres touchés et leurs voisins directs qu'ils soient affectés ou non", explique mardi à Keystone-ATS Céline Gilli, cheffe du secteur phytosanitaire, Office d’arboriculture et cultures maraîchères. En contrepartie, les propriétaires touchaient une indemnisation à hauteur de 50% par la Confédération et le solde à parts égales par le canton et la commune concernée.

Après trois ans de lutte, l'office fédéral de l'agriculture estime que le pathogène ne peut plus être éradiqué en Valais. Il faudra donc vivre avec lui. L'arrachage des arbres malades ou de toute plante à proximité ne sera plus indemnisé. Autres adaptations découlant du changement de statut du Valais: la fin du passeport phytosanitaire de zone protégée et la levée de l’interdiction de déplacer les ruches.

Prudence reste de mise

"L’objectif poursuivi demeure le maintien d’une présence aussi faible que possible de cette maladie grave, voir son éradication", précise le canton. Les propriétaires de plantes hôtes du feu bactérien dans le canton continueront à être soumis à des obligations de surveillance, de signalement et de lutte. Ces contrôles devront être effectués au moins une fois par année.

Tout symptôme suspect doit être annoncé sans délai à l’Office d’arboriculture et cultures maraîchères. Après un test rapide en laboratoire, celui-ci ordonnera les mesures de luttes adéquates. "Le canton recommande vivement d’éliminer les arbres atteints. Ce qui rend cette surveillance d'autant plus importante", insiste Céline Gilli. Par ailleurs, la production de plants d’arbres fruitiers sera, elle aussi, particulièrement contrôlée par les organismes compétents, ajoute-t-elle.

Repérer la maladie

Les symptômes du feu bactérien s’observent par un dessèchement des pousses, dont l'axe se replie en forme de crosse. Ils peuvent toutefois être confondus avec d'autres maladies moins graves. Parmi les arbres fruitiers, ce sont surtout les fruits à pépins, comme le cognassier, le poirier et le pommier qui sont attaqués par le feu bactérien.

La maladie peut se transmettre par les insectes butineurs, les travaux d’entretien comme la taille ou par simple contact des mains ou des vêtements, ou encore par des gouttelettes de bactéries emportées par des éléments extérieurs. Elle profite des conditions climatiques favorables pour se développer, soit la chaleur et l’humidité.

ATS
Thèmes liés à l'article
ArboricultureMaladie
Catégories
Les articles les plus lus
album_image
En ce moment
Love AgainDUA LIPA