Loris Benito: «Le FC Sion s’est peut-être vu trop beau cette saison»

Loris Benito (au centre) attend une révolte du FC Sion lors des deux dernières journées ©Keystone-ATS
Football
Christophe Moreillon
Journaliste sportif

Le sprint final est lancé en Super League. Dans la lutte pour éviter les barrages, le FC Sion est au coude à coude avec GC et Lucerne à deux journées de la fin. Son maintien direct en Super League passe par un résultat positif ce jeudi face à Lausanne à la Tuilière. Loris Benito parle de finale.

Le FC Sion aborde la dernière ligne droite de la saison. Devant lui, deux derbys. Le premier ce soir face au Lausanne-Sport à la Tuilière (20h30), le second dimanche contre Servette à Tourbillon. Enjeu de ces deux rencontres: valider son maintien en Super League. Actuellement 8ème, le club valaisan possède le même nombre de points mais une moins bonne différence de buts que GC, 7ème. Surtout, il reste plus que jamais sous la menace du barragiste Lucerne qui ne pointe plus qu’à un petit point après sa victoire de la semaine dernière en Valais (3-1). Les Sédunois ont donc toujours leur destin entre les mains (ou les pieds) mais leur situation est critique. Le défenseur Loris Benito en est bien conscient.

Loris Benito, au début du printemps, le FC Sion comptait 14 points d’avance sur Lucerne. Il n’en a plus qu’un aujourd’hui. Comment l’expliquer?
Je pense déjà que Lucerne n’était pas à sa place à Noël. Cette équipe a beaucoup de qualités et on le voit ce printemps. Il faut donc leur laisser du mérite. Après, en ce qui nous concerne, nous n’avons pas été assez constants. Nous n’avons pas été assez bons dans la gestion de cet avantage et nous en payons les frais maintenant.

Le FC Sion s’est-il vu trop beau à un certain moment?
Oui, c’est possible. Être dans la situation dans laquelle tu ne regardes ni vers l’avant, ni vers l’arrière n’est pas facile. Cela enlève la tension qu’il faut avoir pour aborder les matches. On s’est retrouvés dans ce cas de figure et cela ne nous a pas été favorable. Mais ce n’est pas pour autant une excuse pour expliquer la situation dans laquelle on est.

«Nous devons aborder ces deux dernières journées comme deux finales.»Loris Benito

Aujourd’hui, comment le FC Sion doit-il aborder ces deux dernières journées?
Comme deux finales, c’est clair! Cela aurait d’ailleurs déjà dû être le cas contre Lucerne. Je l’avais dit à l’équipe. Malheureusement, celle-ci on l’a perdue. Maintenant, ce qui est important, c’est qu’on est toujours maîtres de notre destin. À nous de le régler.

On pensait que vous en seriez capables en début de match face à Lucerne. Comment expliquer que cela n’a finalement pas été le cas?
J’aimerais bien avoir la réponse car c’est le genre de questions qui reviennent tout au long d’une carrière de joueur. Si je pouvais atteindre le meilleur niveau et le maintenir jusqu’à ma retraite, ce serait évidemment magnifique. Mais ce qui fait qu’un joueur devient le meilleur du monde, qu’une équipe gagne des titres, c’est la constance. Un élément qui nous fait malheureusement défaut cette saison sans que l’on puisse vraiment comprendre pourquoi.

Le vécu des dernières années avec ces innombrables luttes contre la relégation, est-ce que c’est un élément qui peut engendrer de la pression sur vos coéquipiers qui les ont vécues?
Bien sûr. D’ailleurs quand j’en parle avec eux, ils me disent qu’ils n’ont pas envie de revivre tout ça. Mais ce dont il faut aussi être conscient, c’est qu’il y a un an, l’avenir du FC Sion dépendait des autres équipes. Aujourd’hui, il ne dépend que de nous. À nous de gagner ces deux matches pour mettre fin à la discussion.

«Si tu n’es pas capable d’être un guerrier de la 1ère à la 20ème journée, tu ne vas pas être capable de l’être juste au moment où tu en as le plus besoin.»Loris Benito

Avant le match contre Lucerne, les supporters sont venus à votre rencontre pour vous demander de vous comporter en guerriers sur le terrain. Ce groupe en est-il vraiment capable?
Je vais être honnête avec vous: si tu n’es pas capable d’être un guerrier de la 1ère à la 20ème journée, tu ne vas pas être capable de l’être juste au moment où tu en as le plus besoin. Il faut toujours avoir cette volonté de mouiller le maillot pour lequel on joue. Mais, je reste confiant. Je suis persuadé qu’on a assez de joueurs pour sonner la révolte.

Au vu de votre expérience, vous en faites forcément partie. À quel point votre rôle est-il important?
Écoutez, même si je me considère comme un cadre du vestiaire, vouloir tout faire moi-même ne sert à rien. Ma priorité, c’est d’apporter de la sérénité à ceux qui m’entoure sur le terrain. Leur montrer qu’ils peuvent compter sur moi. En revanche, ça ne sert à rien de s’exciter et de crier dans le vestiaire. Ce n’est pas en fin de saison que l’on peut tout changer. Notre bonheur, on le trouvera dans le calme et la sérénité.

À votre arrivée en Valais cet hiver votre discours était clair: vous vouliez vous relancer en vue de la Coupe du Monde. Au vu du printemps vécu par le FC Sion, êtes-vous toujours convaincu de votre choix?
Je n’ai pas envie de parler de ça aujourd’hui car ça ne servirait à rien pour les deux matches qui nous attendent. Tout ce qui m’importe, c’est de les jouer comme des finales, de tout donner pour le FC Sion et une fois que la saison sera finie, je ferai ma propre analyse de la situation.

Votre contrat court jusqu’en juin 2023. L’avenir de Loris Benito, il s’écrira toujours au FC Sion ces prochains mois?
C’est une question à laquelle je ne vais absolument pas répondre.

CM
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