L'ONU parle d'actes équivalant à des crimes de guerre

L'ONU parle d'au moins une fosse commune à Marioupol (archives). ©KEYSTONE/AP/Evgeniy Maloletka
Ukraine
Keystone-ATS
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L'ONU parle d'actes équivalant à des crimes de guerre en Ukraine, notamment certains bombardements russes indiscriminés contre les civils. Elle mentionne des images satellites d'une fosse commune où seraient enterrées 200 personnes à Marioupol.

Les possibles crimes de guerre "doivent stopper", a dit vendredi à la presse à Genève la cheffe de la mission de surveillance du Haut-Commissariat aux droits de l'homme en Ukraine, Matilda Bogner. Les principes de proportionnalité et de préservation des civils "ont été violés", a-t-elle expliqué.

Elle a notamment mentionné des bombardements indiscriminés qui ont tué début mars 47 personnes dans des écoles et des personnes dans le nord du pays. Ou encore la destruction le 9 mars de l'hôpital de Marioupol et des raids par l'armée ukrainienne contre les républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk.

Plus largement, plusieurs incidents laissent penser à des violations du droit international humanitaire (DIH) mais l'ONU reste plus prudente pour établir s'ils constituent de possibles crimes de guerre. De même, si des accusations de déplacements forcés vers la Russie se vérifiaient, ceux-ci constitueraient aussi des crimes de guerre.

Dizaines de responsables locaux détenus

Selon ses données, le décès de près de 1100 civils a pu être vérifié depuis le début de l'offensive russe. Mais le chiffre est probablement bien plus élevé. L'ONU ne peut authentifier le nombre de décès de civils à Marioupol. Des accusations de fosses communes ont été reçues et au moins une a pu être identifiée par des images satellites et, selon les estimations, environ 200 personnes seraient enterrées.

L'ONU a pu vérifier l'utilisation de bombes à sous-munition par la Russie et mène des investigations sur un recours similaire à cet armement par les forces ukrainiennes. Des accusations sur des bombes au phosphore ont également été reçues.

Plus de 20 disparitions forcées ou détentions arbitraires de responsables locaux ont été identifiées. De même que 15 journalistes et activistes des droits humains, dont la moitié ont été libérés. Plusieurs journalistes ont été tués.

Effets sur "des années ou des décennies"

Au total, 13 millions de personnes sont bloquées dans des villes ukrainiennes. Le Programme alimentaire mondial (PAM) veut pouvoir atteindre 1,2 million de civils d'ici deux semaines et près de 2,5 millions d'ici un mois. Au total, environ 20% de la population doit déjà trouver des approches alternatives pour manger.

"Des centaines de milliers de personnes, voire des millions" auront des problèmes pour savoir où dormir à moyen ou à long terme, a affirmé la cheffe du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) en Ukraine, Karolina Lindholm Schilling. Les effets vont se faire sentir pendant "des années, voire des décennies".

Des assauts pourraient aussi priver les citoyens d'eau pendant de longues périodes. De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi un nouveau centre dans le centre-est du pays pour se rapprocher des huit régions les plus affectées par le conflit.

ATS
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